En direct de Cannes : Souffle de Kim Ki-Duk Ecrit par Pierre le 22.05.07
Souffle (Breath en anglais, Soom en coréen), le dernier film de Kim Ki-Duk a été présenté au festival de Cannes ce samedi. Les réactions ? Mitigées, comme pour chacun de ses films, évidemment. Certains n’y ont vu qu’un objet froid, insondable et vain, d’autres un film poignant, plein de poésie. Les amateurs dont je fais partie devraient donc apprécier, les autres ne changeront donc pas d’avis. La performance des acteurs a tout de même été saluée, notamment l’actrice Park Ji-Ah, familière du cinéaste (notamment dans The Coast Guard). L’acteur taïwanais Chang Chen est également impressionnant dans son rôle quasi-muet (il ne parle d’ailleurs pas coréen). A ce sujet, il a déclaré « Soom est mon premier film coréen. C’était un rôle particulier pour moi car il n’y avait pas de dialogues. J’ai appréhendé cela comme un véritable défi. J’ai beaucoup travaillé sur le côté psychologique de mon personnage. J’ai dû utiliser mon corps afin de transmettre des sentiments. »
A propos de son film, Kim Ki-Duk décrit les composantes majeures de son cinéma : « Avec ce film, je me suis concentré sur les individus. Ce qui m’intéressait était de faire ressentir l’incommunicabilité entre les êtres humains. J’évoque par ailleurs indirectement ma difficile relation avec la société coréenne, et comme souvent dans mes films, j’essaie d’exprimer l’inexprimable, quelque chose d’à priori impossible. (…) La première chose qui me vient à l’esprit quand je fais un film, ce n’est pas une idée. C’est plutôt une vision de la société. C’est généralement le reflet de ce que je ressens au sujet de la société qui m’entoure. » Composantes majeures donc : une vision de la société qu’il s’évertue à montrer de films en films de manière plus ou moins explicites, et la notion de ressenti, qui s’exprime par le caractère viscéral et poignant de son oeuvre. Et ceci avec une alchimie si particulière, très peu de dialogues et beaucoup de poésie. Film après film, il est pour moi l’un des auteurs actuels les plus importants et les plus fascinants d’aujourd’hui.
La conférence de presse a été l’occasion pour Kim Ki-Duk de parler de sa vision du cinéma coréen : « Dans le cinéma coréen, je pense que ce ne sont pas le style, la forme, qui priment. Le plus important est que dans ce cinéma, il y a une vérité, quelque chose de plus profond. Et c’est cela, je pense, qui émeut et excite les spectateurs étrangers. »
Le film sortira le 21 novembre en France.
Tags: cannes, cinéma, corée, kim ki duk

Bravo pour cet article !
Et vive Kim Ki-Duk ! Espèrons que Cannes le récompensera on est en droit d’y croire et au moins de l’espérer !
les films de kim ki-duk sont si touchant…si fort…tout cela est principalement exprimé par les ambiances, décors, expressions des visages et des corp des acteurs. mais la signification de ses films ne se dévoile pas a chacun; il faut, a mon sens, une certaine sensibilité, un état d’esprit pour les comprendre.
sinon : j’ai hate, j’ai hate , j’ai hate!!!!!! ah mince je serais plus en france d’ici novembre…bon va falloir trouver une solution la!!!!
Merci pierre de nous mettre l’eau a la bouche!!!
Oui eh bien moi aussi je lui souhaite d’avoir une récompense à Cannes. Bisous à vous 2.
Film absolument génial, à voir absolument…
Il y a une telle poésie dans les actes de la femme qui redécore les murs de la prison et qui chante…
Argh, comme je t’envie :)) Encore 3 mois à attendre en France…