Archives de septembre, 2007

Portrait #16 : Lee Na-Young, rare et précieuse Ecrit par Pierre le 29.09.07

Lee Na-Young est une actrice qui éclaire chacun de ses films, mais qui malheureusement se fait extrêmement rare par rapport à ses qualités.

Lee Na-Young

Après un premier film qui s’est révélé être une vraie daube, “Dream of a Warrior” (mais bon, il faut bien commencer), on peut la voir à l’affiche d’une comédie romantique plutôt sympathique intitulée “Who are you” (2002). Mais ce sont ses trois films suivants (elle n’en a pas tourné d’autre à ce jour) qui vont la mettre au premier plan, scellant sa réputation d’excellente actrice. Ils faut que dire que ces trois rôles sont complètement différents, chacun encore meilleur que le précédent.

Le premier est dans la comédie hilarante “Please Teach Me English”, vision amusante des difficultés des coréens avec l’anglais, tournée sous une forme ludico-kitsch pleines de fioritures hilarantes et inutiles (dont la plus amusante est le test d’anglais version Mortal Kombat). Lee Na-Young y joue une fille censée être repoussante et coincée, affublée d’énormes lunettes. Vraiment pas facile, mais pourtant son charisme permet au film de ne pas sombrer dans la comédie affligeante, lui donner un vrai intérêt.

Lee Na-Young

C’est surtout dans la comédie suivante, plus romantique et décalée que la précédente, qu’elle va exploser au grand jour : “Someone Special” en 2004. Ce qui frappe avant tout, c’est son naturel. Elle n’a pas l’air de jouer mais dégage un enthousiasme et un charme inné, à l’opposé du superficiel. C’est d’ailleurs le film culte d’un de mes amis coréens.

Enfin, après deux ans d’absence sur grand écran, elle revient en 2006 dans “Maundy Thursday”, film bouleversant suivant les derniers jours d’un condamné à mort. Discutant avec lui d’abord par contrainte, elle finit par découvrir un homme seul et blessé au plus profond, comme elle l’est également. Une fois de plus, Lee Na-Young possède ce naturel qui nous retransmet ses émotions à fleur de peau. Le film a très bien marché, attirant plus de trois millions de spectateurs dans les salles.

Je ne pourrai conclure ce portrait sans parler de sa prestation qui m’a le plus touché : non pas dans un film mais dans un drama, en l’occurrence “Ruler of your own world“, où elle est tout bonnement époustouflante. Sincère, naturelle, c’est comme ça qu’on l’aime.

Lee Na-Young

Si vous trouvez aussi qu’il s’agit d’une des toutes meilleures actrices coréennes, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.
D’ailleurs, vous pouvez aussi participer au concours futile et amusant des Cinémasie Awards et de Miss Cinémasie, où elle se trouve en bonne position. :)

Ambiance culturelle du moment Ecrit par Pierre le 27.09.07

Les premiers salaires arrivant pour moi, la rentrée pour Hyewon, c’est l’occasion de se faire plaisir et de renouveler un peu notre table de chevet. Voici un petit aperçu des dernières commandes, dont certaines feront l’objet de revues ici-même :

Livres :
Kyoko — Ryu Murakami
Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil — Haruki Murakami
Histoire de la littérature coréenne — Patrick Maurus
Le mot et l’idée en français — Jacques Fournier

Livres

CD :
Thunder lightning strike — The Go! Team
Proof of youth — The Go! Team
A écouter de toute urgence, c’est vraiment génial (j’en parle ici).

The Go! Team

DVD :
Coffret Bong Joon-Ho : “The Host” + “Barking Dogs Never Bite”
Un premier film atypique et décalé, un troisième très ambitieux et réussi.

Bong Joon-Ho

Et en bonus :
Un iPod Touch qui devrait arriver dans quelques jours :D

iPod Touch

On est pas prêts de s’ennuyer ! Et vous, vous conseillez quoi en ce moment ?

Portrait #15 : Choi Min-Sik, le monstre sacré Ecrit par Pierre le 24.09.07

Choi Min-Sik est certainement un des acteurs coréens les plus réputés et récompensés. On a pu voir pas moins de 6 films avec son nom en haut de l’affiche sur les écrans français entre 2001 et 2005, ce qui est énorme quand on connait le peu de films coréens franchissant les frontières.

Choi Min-Sik

A l’origine grand acteur de théâtre, il explose réellement au cinéma dans la fin des années 90, en participant notamment au drame social “Happy End”, puis au carton national “Shiri”, pour lequel il obtient ses premières récompenses. Ce grand succès au box-office coréen marque le début d’une série impressionnante de succès dans lesquels il est toujours irréprochable.

Il émeut d’abord le public dans “Failan”, où il incarne un looser ayant contracté un mariage blanc pour un peu d’argent. Un an plus tard, il revient sur les traces de sa femme décédée, découvrant peu à peu son existence. Puis vient le magnifique “Ivre de femmes et de peinture”, du vétéran Im Kwon-Taek, premier couronnement du cinéma coréen à Cannes. Choi Min-Sik habite littéralement son personnage, ressentant pulsions et émotions comme s’il les vivait.

Choi Min-Sik

Son film suivant est nettement mon préféré, et sa performance y est pour beaucoup. Je veux bien sûr parler d’”Old Boy”, récompensé du Grand Prix du Jury par Tarantino au festival de Cannes 2004. Il aurait d’ailleurs bien mérité la Palme du meilleur acteur à mon goût, mais on ne va pas faire la fine bouche. Sa performance est ahurissante, il habite chaque plan de sa présence animale, irréelle comme sorti d’un manga. Il est indestructible, sans limites, capable de tout : manger un poulpe vivant, affronter trente hommes armé d’un marteau, se couper la langue… sa fureur porte le film. J’ai rarement vu un acteur exécuter de telles actions avec une telle maîtrise, un tel naturel, et cela sans être hystérique.

On le retrouve dans deux rôles marquants en 2005, dans le rôle du salaud dans “Lady Vengeance”, où il va cette fois être l’objet spectateur de la terrible vengeance de Geum-Ja. Et il reprend dans “Crying Fist” ce rôle de looser au grand coeur qu’il incarne si naturellement, en joueur de boxe fauché et sur la retraite, désirant retrouver sa dignité dans un dernier combat.

Choi Min-Sik

Porte-étendard de la révolte contre la suppression des quotas de films coréens diffusés dans les cinémas locaux, il va même jusqu’à accompagner Bong Joon-Ho à Cannes pour manifester, alors qu’il n’y présente aucun film. Cependant, il va ensuite être assez décrié pour ses actions, étant accusé de penser à son argent avant tout. Il n’a d’ailleurs pas retourné depuis 2005, se consacrant désormais au théâtre. Espérons tout de même que ce talent de génie nous revienne de l’autre côté de la pellicule !
Si vous trouvez aussi qu’il s’agit d’une des tout meilleurs acteurs coréens, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.

La rentrée !! Ecrit par Hyewon le 23.09.07

Ca faisait longtemps que je n’avais pas écrit d’article. J’étais occupée car mes cours ont commencé le 17 Septembre. Je ne sais pas si vous savez, j’étudie à l’INALCO. Je suis en 3ème année de licence du coréen mention FLE (Français Langue Etrangère) et comme je suis étudiante étrangère, je prends des cours (de français bien sûr) pour les étudiants internationaux. Je prends 5 cours du coréen, 5 cours de FLE et 4 cours e français.
Les cours de FLE sont vraiment difficiles. Je n’arrive pas bien prendre les notes de cours et je ne comprends pas tout. :( Mais bon, je m’en sortirai…
Les cours pour les étudiants internationaux qui viennent de différents pays, de la Corée, du Japon, des pays européens (Erasmus), etc. sont intéressants. Et parmi ces cours, il y en a un super qui s’appelle l’apprentissage en tandem. Les étudiants étrangers et les étudiants français travaillent ensemble en échangeant leurs connaissances des langues, de la culture, etc. Ma partenaire est super sympa et on va bien apprendre et enseigner pas mal de choses.
Comme je suis occupée, je ne pourrai pas écrire des articles souvent. Mais je vais essayer de vous donner de mes nouvelles de temps en temps. ;)

Michel Gondry + Bong Joon-Ho + Leos Carax Ecrit par Pierre le 21.09.07

Voilà une petit news qui j’avais vu passer il y a un moment déjà, mais qui s’avère être l’un des projets les plus intéressants de l’année. Qu’est-ce donc ? Tout simplement un film composé de trois segments, réalisés respectivement par Michel Gondry, Bong Joon-Ho et Leos Carax, qui se déroulera à Tokyo. Titres pressentis : “TOKYO!” ou bien “Shaking Tokyo”. Vous pouvez vous imaginer ma joie de voir s’associer de des réalisateurs que j’apprécie le plus au monde (manque plus que Kim Ki-Duk…), voir se rejoindre “Eternal Sunshine” et “Memories of murder”, “La science des rêves” et “The Host” :D

Le segment de Bong Joon-Ho contera l’histoire d’un homme reclus chez lui pendant 10 ans, souffrant du syndrome d’Hikikomori (voir wikipedia). Incapable de sortir de chez lui et de s’adapter à la société, il finit finalement par sortir lorsqu’il tombe amoureux d’une livreuse de pizza. Cette comédie piquante et décalée promet un drôle de regard sur cet étrange phénomène de société unique au Japon.

Je ne sais pas qui est à l’origine de cette initiative, mais je lui tire mon chapeau. Ca va être enôôôôrme :D

Alone in love (drama) Ecrit par Pierre le 18.09.07

Guillaume, un des lecteurs de ce blog, m’a récemment suggéré de proposer plus de critiques de dramas coréens sur ce blog. Il est vrai que je parle beaucoup de films et peu de dramas. La raison est simple : une grande majorité de la production est peu digne d’intérêt. Acteurs de seconde zones, intrigues à tiroirs… pas grand chose à envier à notre production locale. Cependant, il y a en quelques-uns qui valent vraiment le détour, le plus souvent avec de “vrais” acteurs de cinéma (”Ruler of your own world” en est un bon exemple).

Alone in love

“Alone in love” fait partie de ces dramas haut de gamme parfaitement joués, qui vous tiennent en haleine d’un bout à l’autre des 16 épisodes. Il met en scène un couple fraîchement divorcé à la suite du décès de leur enfant lors de l’accouchement. Malgré cela, ils continuent à se voir, entretenant une relation ambiguë. En effet, chacun éprouve encore des sentiments pour l’autre, mais refuse de se l’avouer, quitte à tout gâcher et s’éloigner à jamais.

Alone in love

A lire ce scénario, on pourrait s’attendre au pire, pourtant c’est excellent. Et je reviens sur l’importance des acteurs, puisqu’ils sont réellement le poumon de ce drama. Les rôles principaux sont interprétés par Gam Woo-Seong (”The king and the clown”) et Son-Ye-Jin (”April Snow”). Tout deux sont extrêmement touchants, lui dans son humour pince-sans rire légèrement désabusé, incapable d’oublier son orgueil, elle encore traumatisée par la mort de son enfant, voyant ses certitudes s’écrouler le coeur saignant.
Les seconds rôles ne sont pas en reste : d’habitude cantonnés au rôle de faire-valoir, ils ont ici une importance capitale. Le meilleur ami du héros et la soeur de l’héroïne passent ainsi leur temps à philosopher sur cette relation, sur un ton comique décalé complètement délicieux, à un point qu’ils volent pratiquement la vedette à l’autre couple du drama !

Alone in love

Vous l’aurez compris, ce drama prend tous les clichés à contre-courant grâce à un ton doux-amer parfois hilarant, parfois touchant, porté avec grâce par le quatuor d’acteurs. Vous pouvez trouver l’intégralité de ce drama avec sous-titres sur la pate forme de vidéo Veoh, les adresses des épisodes sont répertoriés à cette adresse. Bonne vision ;)

Jeu de go Ecrit par Pierre le 16.09.07

La lecture de génial livre de Shan Sa, “La joueuse de go”, m’a donné une énorme envie de découvrir ce jeu. J’avais croisé pas mal de plateaux de jeu en Corée (une chaîne retransmet même des parties en continu), où on l’appelle “baduk”, mais sans jamais essayer.

Jeu de go

Ce jeu plusieurs fois millénaire a la réputation d’être assez complexe. D’ailleurs, la partie décrite dans le livre semble interminable, s’étendant sur plusieurs jours, avec parfois de longues heures entre deux coups. Cependant, la dimension stratégique paraissait tout à fait passionnante, assimilant les pions à des soldats, formant troupes, brèches ou autres embuscades.

Je me suis donc baladé sur le net pour trouver un tutoriel, je recommande notamment celui-là (jeudego.org), un peu old-fashion mais ludique et bien ficelé. Le site propose d’ailleurs bon nombre de ressources sur le jeu, y compris des logiciels pour s’entrainer. J’ai tenté l’expérience sur ce serveur international, mais j’ai vite déchanté après de cinglantes défaites :D

Jeu de go

Malgré tout, je trouve ce jeu très addictif. Passé la première période de compréhension des règles (pas si compliquées que ça en fait), on commence à voir les pions non individuellement mais par groupes, par formes sur l’échiquier. On en vient à s’émerveiller d’avoir su contrer une attaque ennemie, à avoir encerclé quelques troupes. On tente des coups de poker, des attaques vouées à l’échec, des diversions…

Bon, il ne me reste plus qu’à progresser pour être en mesure d’affronter mon beau-père, qui est un bon joueur… :D