Souffle - de Kim Ki-Duk (2007) Ecrit par Pierre le 02.12.07

J’ai (enfin) pu voir le dernier film de Kim Ki-Duk, “Souffle”, dont je parlais récemment ici. Et bien malgré quelques avis mitigés que j’ai pu entendre par-ci par-là, je dois dire que je n’ai pas été déçu du voyage.

Souffle

Jang Jin (aucun rapport avec le cinéaste), un prisonnier condamné à mort, tente une nouvelle fois de se suicider. De son côté, Yeon, une femme déboussolée et délaissée par son mari, décide subitement de lui rendre visite. En redécorant les murs de leur cellule de rencontre, elle va faire naître une relation forte avec le prisonnier.

Dans ce film on retrouve d’abord des thèmes bien chers au réalisateur : l’amour et la jalousie (thème central depuis “L’Arc”, voire même “Locataires”), les cycles temporels (les 4 saisons, ou même la structure de “Time”) ou le pardon. Mais aussi des aspects plus inattendus : un certain humour burlesque et décalé, et même des soupçons de comédie musicale (!).

Souffle

Ce qui me frappe le plus avec Kim Ki-Duk, c’est la virtuosité avec laquelle il compose ses cadres, comme il les explore, comme il joue avec pour mieux nous surprendre. Ainsi, le co-prisonnier de Jang Jin vampirise le cadre comme il vampirise son partenaire, apparaissant sans cesse dans le champ. De la même manière, le directeur de la prison (interprété par Kim Ki-Duk lui-même !), tel le metteur en scène d’une tragédie, décide à quel moment interrompre les rencontres entre le prisonnier et sa visiteuse.
Le plan visuel est très travaillé, alternant entre la réalité extérieur aux tons gris, la blancheur de la prison, et les explosions de couleur provoquées lors de visites de Yeon. Cet aspect m’a d’ailleurs fait penser à un excellent film (qui n’a rien à voir), “Soleil vert”, dans lequel les hommes souhaitant mourir pouvaient subir une sorte d’euthanasie en regardant un film aux couleurs éclatantes provoquant un effet impressionnant en contraste avec les couleurs jaunies et estompées de la réalité.

Souffle

L’histoire laisse la part belle à la dualité, avec à chaque fois un arbitre : les disputes de Yeon et son mari devant leur fille, les relations entre Yeon et Jang Jin sous l’oeil du directeur de la prison ou du garde ébahi. L’utilisation de la parole est aussi notoire, le personnage central est muet comme souvent chez Kim Ki-Duk, que ce soit Jang Jin, privé de ses cordes vocales, ou Yeon devant son mari. Le co-prisonnier, lui, ne s’exprimer que pour crier.
Après une lente exposition, le film monte peu à peu en puissance (et en souffle) au fur et à mesure des rencontres entre Jang Jin et Yeon, pour atteindre un pic dramatique très réussi, un épilogue destiné à rétablir la paix entre les personnages.

Moins grand public que son dernier film, Time, ou même Locataires, Souffle est une nouvelle variation sur le thème de l’amour, de la mort, qui séduira les aficionados du réalisateur.

ce film sur Taste of Asia

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3 commentaires pour “Souffle - de Kim Ki-Duk (2007)”

  1. Ben / 종경 |

    Je n’ai pas encore pu voir le film, il n’est resté qu’une toute petite semaine en salle.. :s

    Merci pour ta critique qui me donne envie encore plus d’aller le voir.

  2. Carcharoth |

    Ouep, je suis d’accord encore une fois. Notre critique devrait déja être publié si du travail n’avait paxs empeché Nostalgic d’écrire pendant toute une semaine !
    Comme tu le dis peut etre un peu moins accessible et un peu moins bon que Time, il n’en demeure pas moins excellent, et on sait comme il est rare de voir deux films aussi proches être d’une telle qualité…
    Vivement le prochain !!!

  3. Diana |

    je suis tout a fait daccord avec toi. Les critiques très mitigées ne mont pas dissuadées, un kim ki duk vaut toujours le coup d’oeil. c’ést un jolie film avec de belles variations, une mise en scène originale et touchante, des instants simples qui par la force du réalisateur deviennent magiques…

    Made In Asie

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