Perhaps Love - de Peter Chan (2005) Ecrit par Pierre le 05.12.07
Petite critique du film Perhaps Love à l’occasion de sa sortie DVD aujourd’hui même chez Wild Side (miaaaoww). Un film chinois assez original puisqu’il s’agit d’une comédie musicale, un genre qu’on n’a pas l’habitude de voir en provenance de cette région.
Pékin, il y a longtemps… Lin Jian Dong souhaite faire carrière dans le cinéma quand il tombe amoureux de la jolie Sun Na, danseuse dans un bar. C’est la rencontre de deux cœurs solitaires mais aussi celle de deux ambitions différentes. Peu après, Sun Na, qui a connu la misère et aspire à la reconnaissance, au succès et à la richesse, abandonne Lin Jian Dong pour un homme susceptible de la rendre célèbre. Dix ans plus tard, devenue une star, elle est la compagne d’un des plus grands cinéastes chinois, Ni Wen, dont on annonce le nouveau film : une histoire d’amour, sur fond de comédie musicale.

Je dois le dire, j’ai un avis assez partagé sur ce film. D’un point vue visuel et sonore, il faut avouer que le résultat est au rendez-vous : les chorégraphies bien réglées, la musique plaisante, les décors magnifiques… cela fait un peu penser à Moulin-Rouge en moins tape-à-l’oeil tout de même. Toutes les scènes musicales apportent un aspect rafraîchissant fort agréable.
Mais là où le bas blesse, c’est plutôt dans le traitement de l’intrigue, qui souffre d’un rythme assez décousu qui empêche de se plonger totalement dans le film, au moins durant la première partie. En effet, les informations sur le mystérieux passé des personnages sont tellement distillées au compte-goutte que l’on doit attendre presque la moitié du film pour y comprendre quelque chose, sans pouvoir s’impliquer davantage. C’est d’autant plus dommage que dans la deuxième partie, lorsqu’on a enfin compris, les scènes musicales revêtent une intensité dramatique beaucoup plus forte et l’on peut enfin se laisser porter par l’émotion. Pourtant l’intrigue est intéressante, avec une sorte de double mise en abîme -le film dans le film- propice aux jeux des sentiments, et mieux exploités dans la deuxième partie.

Du côté des acteurs, là aussi impression mitigée. Le rôle-titre masculin est interprété par Takeshi Kaneshiro, dont le jeu semble total monocorde, incapable de dégager la moindre impression (il fait la même tête du début à la fin). A l’opposé, Zhou Xun est éblouissante : enfant solitaire, starlette ou femme blessée, son naturel est bouleversant et participe à la richesse de son personnage (elle était déjà géniale dans Suzhou River, et c’est là que Peter Chan l’a remarquée). A côté, j’ai bien aimé également la performance de Jacky Cheung (le réalisateur) dans les scènes musicales, son personnage est touchant mais surtout il chante extrêmement bien. Pour terminer, le coréen Ji Jin-Hee était aussi de la partie, dans un rôle amusant de narrateur aux allures de magicien.

Bref, un splendide voyage visuel et musical qui aurait mérité un scénario mieux rythmé et un acteur principal moins fade, heureusement sauvé par la grâce de Zhou Xun.
A noter (j’aimerais que ce soit toujours le cas !) que l’excellente BO est livrée avec le DVD
Vous pouvez même l’écouter en intégralité sur le site officiel.


Kaneshiro fade ? alala dommage, il a pourtant un bon potentiel si je me rappelle bien…