Archives de décembre, 2007

Je suis un cyborg - sortie française… limitée Ecrit par Pierre le 12.12.07

Je me faisais une joie de vous annoncer la sortie aujourd’hui du nouveau délire visuel de Park Chan-Wook, de retour après sa magistrale trilogie de la vengeance. J’avais vu le film en décembre dernier lors de sortie en Corée, mais sans sous-titres ce fut plus que difficile d’y comprendre quelque chose, alors que même la plupart des coréens n’y ont rien compris. J’avais pourtant pris une bonne décharge dans les yeux, et j’attendais la sortie française avec impatience depuis.

Je suis un cyborg

Mais je suis assez désarçonné à la vue du nombre de salles dans lequel le film est diffusé… huit. Huit misérables salles dont la moitié sur Paris, pour nous permettre de voir le film. Alors je veux bien que ce film soit assez spécial et déjanté, pas forcément grand public et tout, mais là on touche quand même le fond, comparé aux 644 salles du Renard et l’enfant et aux 605 salles de Bee Movie. Quid de la diversité ? Est-il vraiment nécessaire de passer ces films dans TOUS les cinémas, voire même dans plusieurs salles d’un même cinéma ? Des éditeurs comme Wild Side font l’effort de distribuer des films peu connus, originaux, pas forcément des chef d’œuvres mais possédant toujours un intérêt, mais non, ça fait trop mal de réserver quelques séances à ces films. Une chose est sûre, le septième art n’en sort pas gagnant…

Sur ce, je vous laisse en découvrir plus, notamment l’excellente critique de mujo, sur la fiche Taste of Asia, et bonne chance pour trouver une salle.

My Blueberry Nights - de Wong Kar-wai (2007) Ecrit par Pierre le 10.12.07

Je suis allé voir hier soir le dernier film de Wong Kar-Wai, “My Blueberry Nights”, films tourné aux Etats-Unis avec un casting prestigieux et de qualité : Norah Jones, Jude Law, Natalie Portman et Rachel Weisz…

Elizabeth est une jeune femme déboussolée, tente d’oublier sa récente rupture dans le bar de Jeremy. Elle décide alors de partir à l’inconnu, traverser l’Amérique pour se chercher elle-même. Elle croise alors différents destins, auxquels elle finit par s’attacher.

My Blueberry Nights

On pouvait craindre que, comme beaucoup de ses confrères avant lui, Wong Kar Wai perdrait son âme en traversant le Pacifique, mais je trouve au contraire qu’il s’agit non pas d’un film américain par Wong Kar-Wai, mais bel et bien d’un film de Wong Kar-Wai en Amérique, et la nuance en dit long. Je m’avancerai même à dire qu’il s’agit d’un des tout meilleurs road-movie que j’ai pu voir.

Tout m’a semblé réussi dans ce film : du style assez tranchant (Wong Kar-Wai aime toujours autant filmer les trains et la nourriture), coupé de flous vaporeux à l’image de l’état de confusion d’Elizabeth, à la musique sublime interprétée entre autres par Cat Power et Norah Jones herself. Mais aussi et surtout les personnages, qui sont extrêmement bien travaillés. Il y a finalement peu de seconds rôles, mais chacun porte en lui une histoire, des regrets et des espoirs. Chaque rencontre se révèle à la fois riche, surprenante, voire amusante, mais aussi très touchante.

My Blueberry Nights

L’interprétation est géniale, il n’y qu’à voir le très long et très beau plan-séquence dans lequel Rachel Weisz se confie à Norah Jones pour être conquis. Jude Law parvient à être touchant, Natalie Portman délicieusement canaille, David Strathairn sombre et dramatique. Quant à Norah Jones, j’apprécierai que toutes les débutantes aient son niveau, mêlant candeur et assurance à la perfection.

Magistral, sublime, je n’ai pas assez de superlatifs pour décrire mon émotion à propos de ce film, quelque peu étonné par les critiques assez mitigées, comme si ces esprits blasés avaient de la peine à s’émerveiller encore un peu. Mais vous, n’hésitez pas, et courez voir “My Blueberry Nights”. ;)

Geotagging amélioré des photos sous Flickr Ecrit par Pierre le 08.12.07

Pour les non-initiés, le titre de l’article peut paraître assez barbare, je vais donc m’expliquer :D

Flickr est un service bien connu, détenu par Yahoo, permettant d’héberger et de gérer ses photos en ligne, de les tagger, de les partager avec ses amis/sa famille/le monde entier, et même depuis récemment de les retoucher grâce à Picnik. Fréquemment amélioré, on peut dire qu’il s’agit vraiment du meilleur gestionnaire de photos en ligne.

Flickr

Une des fonctionnalités proposées est le “géotagging”. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’indiquer pour chaque photo l’endroit précis où elle a été prise, par sa latitude et sa longitude. Bien sûr, pas besoin de trouver ça “à la main”, vous utilisez Yahoo Maps pour localiser l’endroit. Il existe même des appareils pouvant géotagger les photos au moment où elles sont prises, via GPS.
A quoi ça sert ? Plusieurs raisons : d’abord grâce à la formidable base de photos géotaggées existantes, de pouvoir visualiser des photos de n’importe quel coin du monde. Rien de tel pour découvrir de nouveaux endroits. Puis sur un plan plus personnel, après un voyage notamment, de pouvoir créer un aperçu visuel unique de tout son périple en images.

Flickr

Petit problème tout de même, Yahoo Maps est tout de même loin d’égaler Google Maps en termes de précision et de territoire couvert. Ainsi, la Corée n’est pratiquement pas couverte par Yahoo Maps ! Et moi qui voulait ajouter toutes mes photos d’une année de périple… Vient alors une solution : le “Localize Bookmarklet” proposé par Sumaato Labs. C’est un simple lien à bookmarker qui va permettre, si l’on clique dessus en étant sur la page d’une de ses photos sur Flickr, de la géotagger en utilisant Google Maps et toutes ses qualités. J’ai testé et j’ai pu retrouvé des coins perdus comme l’arboretum “The Garden of Morning Calm” perdu dans la montagne coréenne : testé et adopté !

Pour avoir un petit aperçu, regardez cette photo, puis cliquez sur “See where this picture was taken”.
Je vais maintenant pouvoir m’atteler à l’immense tâche d’uploader et géotagger toutes mes photos de Corée, ce qui devrait donner une très jolie carte à la fin !

Perhaps Love - de Peter Chan (2005) Ecrit par Pierre le 05.12.07

Petite critique du film Perhaps Love à l’occasion de sa sortie DVD aujourd’hui même chez Wild Side (miaaaoww). Un film chinois assez original puisqu’il s’agit d’une comédie musicale, un genre qu’on n’a pas l’habitude de voir en provenance de cette région.

Pékin, il y a longtemps… Lin Jian Dong souhaite faire carrière dans le cinéma quand il tombe amoureux de la jolie Sun Na, danseuse dans un bar. C’est la rencontre de deux cœurs solitaires mais aussi celle de deux ambitions différentes. Peu après, Sun Na, qui a connu la misère et aspire à la reconnaissance, au succès et à la richesse, abandonne Lin Jian Dong pour un homme susceptible de la rendre célèbre. Dix ans plus tard, devenue une star, elle est la compagne d’un des plus grands cinéastes chinois, Ni Wen, dont on annonce le nouveau film : une histoire d’amour, sur fond de comédie musicale.

Perhaps Love

Je dois le dire, j’ai un avis assez partagé sur ce film. D’un point vue visuel et sonore, il faut avouer que le résultat est au rendez-vous : les chorégraphies bien réglées, la musique plaisante, les décors magnifiques… cela fait un peu penser à Moulin-Rouge en moins tape-à-l’oeil tout de même. Toutes les scènes musicales apportent un aspect rafraîchissant fort agréable.
Mais là où le bas blesse, c’est plutôt dans le traitement de l’intrigue, qui souffre d’un rythme assez décousu qui empêche de se plonger totalement dans le film, au moins durant la première partie. En effet, les informations sur le mystérieux passé des personnages sont tellement distillées au compte-goutte que l’on doit attendre presque la moitié du film pour y comprendre quelque chose, sans pouvoir s’impliquer davantage. C’est d’autant plus dommage que dans la deuxième partie, lorsqu’on a enfin compris, les scènes musicales revêtent une intensité dramatique beaucoup plus forte et l’on peut enfin se laisser porter par l’émotion. Pourtant l’intrigue est intéressante, avec une sorte de double mise en abîme -le film dans le film- propice aux jeux des sentiments, et mieux exploités dans la deuxième partie.

Perhaps Love

Du côté des acteurs, là aussi impression mitigée. Le rôle-titre masculin est interprété par Takeshi Kaneshiro, dont le jeu semble total monocorde, incapable de dégager la moindre impression (il fait la même tête du début à la fin). A l’opposé, Zhou Xun est éblouissante : enfant solitaire, starlette ou femme blessée, son naturel est bouleversant et participe à la richesse de son personnage (elle était déjà géniale dans Suzhou River, et c’est là que Peter Chan l’a remarquée). A côté, j’ai bien aimé également la performance de Jacky Cheung (le réalisateur) dans les scènes musicales, son personnage est touchant mais surtout il chante extrêmement bien. Pour terminer, le coréen Ji Jin-Hee était aussi de la partie, dans un rôle amusant de narrateur aux allures de magicien.

Perhaps Love

Bref, un splendide voyage visuel et musical qui aurait mérité un scénario mieux rythmé et un acteur principal moins fade, heureusement sauvé par la grâce de Zhou Xun.
A noter (j’aimerais que ce soit toujours le cas !) que l’excellente BO est livrée avec le DVD :D Vous pouvez même l’écouter en intégralité sur le site officiel.

ce film sur Taste of Asia

Série de portraits : les résultats Ecrit par Pierre le 03.12.07

Voici les résultats du sondage associée à la série de portraits consacrés aux acteurs et actrices les plus importants du cinéma coréen d’aujourd’hui. Ce sondage a enregistré une somme de 194 votes : un peu plus pour les acteurs que pour les actrices.
And the winner is…

Meilleurs acteurs coréens

Choi Min-Sik arrive donc en tête, les votants ayant en tête ses performances géniales dans “Old Boy” et “Ivre de femmes et de peinture” notamment. C’est tout de même une petite surprise de le voir en tête puisqu’il n’a aucune actualité depuis 2 ans, alors que son dauphin Song Kang-Ho continue d’enchaîner les très bons films avec une régularité folle. J’étais plus indécis pour la troisième place, et c’est finalement Lee Byeong-Heon qui se place devant les autres, boosté par le succès d’”A Bittersweet Life”. Une petite déception personnelle : Shin Ha-Gyun n’arrive qu’en sixième place, alors qu’il s’agit de mon favori.
Voici un petit aperçu de la répartition, où l’on voit que les 3 acteurs gagnants trustent plus de la moitié des votes :

Résultats du sondage

Et chez les actrices… non pas une gagnante mais deux ex-aequo :

Meilleurs actrices coréennes

Les votes ont été beaucoup plus serrés pour les actrices que les acteurs, les votants étant très partagés. C’est finalement Lee Young-Ae, vue dans “Lady Vengeance” mais surtout le drama “Dae Jang Geum” très populaire à travers le monde. A égalité, mon actrice favorite, la très spéciale Bae Doo-Na, à qui j’espère que plus de rôles intéressants seront proposés dans les années à venir. Troisième à un vote près, l’actrice Lim Su-Jeong révélée en France par “Deux Soeurs” et présente en salles très bientôt dans “Je suis un cyborg”. Une fois encore, je pense que sa présence dans le drama très populaire “I’m Sorry, I love you” y est pour quelque chose.
Dernier point, la mauvaise place étonnante de Jeon Do-Yeon, excellente actrice visiblement encore trop méconnue dans nos contrées, qui méritait à mon sens beaucoup mieux.
Petit aperçu des votes :

Résultats du sondage

Les résultats détaillés ainsi que la liste des portraits sont disponibles sur cette page.

Et maintenant ? Finis les portraits (quoique j’en ferai occasionnellement), mais j’ai un projet en route d’une longue analyse du cinéma de Kim Ki-Duk, il va déjà falloir que je revoie toute sa filmographie, ce qui s’annonce passionnant. Stay tuned ;)

Souffle - de Kim Ki-Duk (2007) Ecrit par Pierre le 02.12.07

J’ai (enfin) pu voir le dernier film de Kim Ki-Duk, “Souffle”, dont je parlais récemment ici. Et bien malgré quelques avis mitigés que j’ai pu entendre par-ci par-là, je dois dire que je n’ai pas été déçu du voyage.

Souffle

Jang Jin (aucun rapport avec le cinéaste), un prisonnier condamné à mort, tente une nouvelle fois de se suicider. De son côté, Yeon, une femme déboussolée et délaissée par son mari, décide subitement de lui rendre visite. En redécorant les murs de leur cellule de rencontre, elle va faire naître une relation forte avec le prisonnier.

Dans ce film on retrouve d’abord des thèmes bien chers au réalisateur : l’amour et la jalousie (thème central depuis “L’Arc”, voire même “Locataires”), les cycles temporels (les 4 saisons, ou même la structure de “Time”) ou le pardon. Mais aussi des aspects plus inattendus : un certain humour burlesque et décalé, et même des soupçons de comédie musicale (!).

Souffle

Ce qui me frappe le plus avec Kim Ki-Duk, c’est la virtuosité avec laquelle il compose ses cadres, comme il les explore, comme il joue avec pour mieux nous surprendre. Ainsi, le co-prisonnier de Jang Jin vampirise le cadre comme il vampirise son partenaire, apparaissant sans cesse dans le champ. De la même manière, le directeur de la prison (interprété par Kim Ki-Duk lui-même !), tel le metteur en scène d’une tragédie, décide à quel moment interrompre les rencontres entre le prisonnier et sa visiteuse.
Le plan visuel est très travaillé, alternant entre la réalité extérieur aux tons gris, la blancheur de la prison, et les explosions de couleur provoquées lors de visites de Yeon. Cet aspect m’a d’ailleurs fait penser à un excellent film (qui n’a rien à voir), “Soleil vert”, dans lequel les hommes souhaitant mourir pouvaient subir une sorte d’euthanasie en regardant un film aux couleurs éclatantes provoquant un effet impressionnant en contraste avec les couleurs jaunies et estompées de la réalité.

Souffle

L’histoire laisse la part belle à la dualité, avec à chaque fois un arbitre : les disputes de Yeon et son mari devant leur fille, les relations entre Yeon et Jang Jin sous l’oeil du directeur de la prison ou du garde ébahi. L’utilisation de la parole est aussi notoire, le personnage central est muet comme souvent chez Kim Ki-Duk, que ce soit Jang Jin, privé de ses cordes vocales, ou Yeon devant son mari. Le co-prisonnier, lui, ne s’exprimer que pour crier.
Après une lente exposition, le film monte peu à peu en puissance (et en souffle) au fur et à mesure des rencontres entre Jang Jin et Yeon, pour atteindre un pic dramatique très réussi, un épilogue destiné à rétablir la paix entre les personnages.

Moins grand public que son dernier film, Time, ou même Locataires, Souffle est une nouvelle variation sur le thème de l’amour, de la mort, qui séduira les aficionados du réalisateur.

ce film sur Taste of Asia

iPod Touch/iPhone : de nouvelles applications intéressantes Ecrit par Pierre le 01.12.07

Ces derniers jours, trois nouvelles applications extrêmement intéressantes ont fait leur apparition dans le programme Installer de l’iPod Touch (bien sûr également disponible pour l’iPhone).

MobileRSS

La première n’est pas une nouveauté mais plutôt la version 2 de l’application Mobile RSS, un lecteur de flux RSS. Alors que la première version nécessitait d’être connecté en permanence, la nouvelle version permet de télécharger les articles en local pour pouvoir éventuellement les lire en étant hors-ligne par la suite. Voilà une fonction que j’attendais depuis longtemps ! Chargement des flux chez moi, lecture dans le train, c’est impeccable.

iSproggler

La deuxième est une première version expérimentale d’iSproggler, le logiciel permettant d’envoyer des statistiques sur les titres écoutés à la plate-forme Last.fm, qui vous proposera d’excellentes suggestions selon vos goûts. Un must qui était déjà dispo pour les iPod classiques depuis longtemps, enfin sur le Touch !

Fon

Enfin, je parlais de la bonne compatibilité entre l’iPod Touch et le réseau de partage wifi Fon, il existe désormais une application toute simple permettant d’accéder et de se connecter automatiquement à un point d’accès Fon disponible, sans devoir rentrer à chaque fois ses informations de compte. Pas indispensable mais toujours plus pratique.