Archives de janvier, 2008

No Country For Old Men - des frères Coen (2007) Ecrit par Pierre le 31.01.08

Je suis un grand amateur des frères Coen depuis un paquet d’années (mon premier site web leur était consacré… aux débuts d’internet il y a une éternité). “The big Lebowski” est ma comédie culte et j’apprécie chacun de leur opus, même si les deux derniers m’avaient laissé sur ma faim.
Présent en compétition au dernier festival de Cannes, leur dernier film “No Country For Old Men” est reparti bredouille. Il est pourtant salué de manière unanime par la critique.

No Country For Old Men

Alors qu’il chasse dans le désert texan, Llewelyn Moss tombe sur les cadavres de trafiquants mexicains. A leur côté, une mallette contenant deux millions de dollars. Il décide de s’en emparer discrètement, mettant un pied dans une spirale infernale et sanglante. Chigurgh, un tueur démoniaque, se lance à sa poursuite.

Quel choc ! Ce film m’a rassuré plus que mesure sur la capacité des Coen à produire de grands films à nouveau. “No Country For Old Men” est une descente aux enfers magistrale, un de ces films qui vous happent, vous hypnotisent, vous embarquent avec eux (ici dans le désert mexico-texan) pour ne vous relâcher qu’après deux heures intenses et jubilatoires.

No Country For Old Men

J’ai notamment été subjugué par l’expression de la violence, à travers l’image et le son : images atroces (la découverte des cadavres), grands espaces pesants, tension extrême portées par un silence de plomb, et à l’inverse bruits déchirants prenant à rebrousse-poil lorsque la violence est hors-champ. Parfois, les deux sont réunis pour une explosion de violence foudroyante à l’image de la folie de Chigurgh. La violence est toujours là, palpable, pouvant venir de n’importe où (une simple discussion, une partie de pile ou face).

Comme souvent avec les Coen, la violence est toujours accompagnée d’une pointe d’humour noir, d’un goût délicieux pour l’absurde qui rend presque chacune des scènes cultissimes. Coiffures ou dégaines improbables, autochtones hébétés, situations cocasses même pour les plus durs des tueurs…
Les acteurs sont épatants : Josh Brolin trainant son corps meurtri et son regard placide, Tommy Lee Jones en spectateur fatigué et impuissant du massacre, mais que dire de Javier Bardem ! Hitchcock disait que plus le méchant était réussi, meilleur serait le film : je n’ai pas souvenir d’avoir vu un méchant aussi terrifiant, aussi halluciné que ce Chigurgh. Semblant venu de nulle part, il dévore ses ennemis d’un regard ou d’une parole. Il s’agit vraiment d’un personnage unique d’une force inouïe, presque improbable, qui restera dans les mémoires pour longtemps.

No Country For Old Men

Amateurs des frères Coen ou non, allez le voir de toute urgence, c’est quand même autre chose qu’Astérix !

A la rencontre des auteurs de manhwas (suite) Ecrit par Pierre le 29.01.08

J’ai eu la grande joie d’assister hier soir à la rencontre avec les auteurs de manhwas dont je vous parlais la semaine dernière. Chaque auteur a eu l’occasion de se présenter et de répondre à quelques questions portant sur un aspect de leur travail. Ce fut très intéressant de par l’extraordinaire diversité des auteurs présents, chacun abordant des thèmes complètement différents, de la culture hip-hop aux relations entre Japon et Corée, en passant par le thème tabou de l’inceste… on aurait bien aimer passer deux heures avec chaque auteur !

Rencontre avec des auteurs de manhwa

Pour ma part, j’étais très heureux d’entendre le créateur de Castby, Kang Doha, parler de son travail. Il a notamment expliqué l’atmosphère particulière de son livre par la double-présence dans les textes des paroles que l’on dit, mais aussi des paroles que l’on pense, souvent opposées. Il a d’ailleurs comparé cet aspect de son oeuvre avec le cinéma de Hong Sang-Soo, qui nous montre une réalité parfois honteuse et dérangeante mais plus proche reflet de la réalité. Assez lucide sur l’engouement médiatique tout récent pour le manhwa autrefois considéré comme art “mineur” (Catsby est décliné en drama et même en comédie musicale !), il nous a vivement conseillé de lire les ouvrages des plus anciens présents autour de la table !

Dédicace Catsby

J’ai profité des quelques minutes suivant la conférence pour lui toucher quelques mots (en coréen ;) )et obtenir une dédicace sympathique :

Dédicace Catsby

Je salue vraiment cette superbe initiative proposée par le festival d’Angoulême. Il ne me reste plus qu’à continuer à lire et découvrir ces auteurs passionnants ;)

Le Marais Ecrit par Hyewon le 28.01.08

Cette fois-ci, je voudrais parler de la France, plus précisément d’un quartier de Paris. En fait, pour un de mes cours du français, j’ai dû faire un exposé sur un quartier parisien avec 2 étudiantes d’une autre culture que moi : une était japonaise et l’autre était polonaise-allemande. Nous avons bien fait l’exposé et j’ai eu 16/20. Chapeau !! lol

pains

Nous, on a observé le Marais, surtout dans la rue des Rosiers, avec le problématique, “Le Marais est-il toujours un quartier juif ?”. Nous avons posé des questions aux gens. On a pris des photos du Marais et on a fait goûter du pain qu’on a acheté à la boulangerie du Marais à notre public, notre professeur et nos camarades. C’était sympa comme travail.
Après avoir vu “Paris, je t’aime”, je croyais que le Marais était un vrai quartier gay mais je n’ai trouvé aucune trace gay. Peut-être que cette culture est nocturne ? Mais bon, j’ai pu voir de la culture yiddish et appris pas mal de choses.

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Hong Sang-Soo à Berlin Ecrit par Pierre le 27.01.08

Si vous suivez régulièrement ce blog, vous vous souvenez peut-être que nous avions fait de la figuration pour le dernier film d’Hong Sang-Soo, intitulé “Nuit et Jour” et tourné à Paris l’été dernier (voir ici et ). Et bien ce film où nous apparaissons (peut-être) 10 secondes sera en compétition lors du prochain festival de Berlin (quelle gloire !) :P

Festival de Berlin

Une compétition où l’on retrouvera notamment de très attendu “There Will Be Blood” de Paul Thomas Anderson (que je vénère pour “Magnolia”, même si j’avais été très déçu par “Punch-Drunk Love”), ou encore les derniers Johnnie To, Isabel Coixet ou Mike Leigh. A noter également la présence en tant que film de clôture du nouveau film du génie Michel Gondry, “Be Kind Rewind” (qui donne en français “Soyez sympas, rembobinez”, hum).

Barking Dogs Never Bite - de Bong Joon-Ho (2000) Ecrit par Pierre le 25.01.08

“Barking Dogs Never Bite” est le premier film du réalisateur coréen Bong Joon-Ho, depuis bien connu pour ses deux films suivants : “Memories of murder” et “The Host”, gros succès auprès du public coréen comme de la critique.

Barking Dogs Never Bite

Un jeune diplômé au chômage (Lee Seong-Jae) est excédé par les aboiements interminables d’un chien habitant dans son immeuble. Il décide alors de s’en débarrasser, mais une jeune fille (Bae Doo-Na) enquête sur la disparition des chiens du quartier.

Ce film est très difficile à classer tant il ne ressemble à aucun autre. Comédie douce-amère sur fond de difficultés sociales, “Barking Dogs Never Bite” met en scène des personnages un peu en marge avec une infinie douceur. Avec un regard particulièrement acéré sur la société coréenne actuelle touchée par le chômage ou encore la corruption des fonctionnaire, Bong Joon-Ho parvient à créer des séquences épiques (la course-poursuite), pleines d’humour (la légende de Chauffage Kim…) et de sincérité. Ainsi le couple se chamaillant à propos de la distance les séparant de la supérette finit par régler son problème en la mesurant avec un rouleau de papier toilette !

Barking Dogs Never Bite

Débutant d’abord sur les mésaventures à répétition du héros avec les chiens, sources de multiples ressorts comiques, le film se tourne peu à peu vers le portrait de ces personnages attachants, montrant que leurs vies n’a rien à envier à celles des autres. Trépidantes ou vides, tendre ou cruelles, mais humaines avant tout.
Les acteurs sont épatants : Lee Seong-Jae est méconnaissable, loin de ses rôles de personnages forts habituels, en mari hésitant dominé par sa femme. Bae Doo-Na est semblable à elle-même, donnant l’impression que ses rôles sont le reflet de sa personnalité, terriblement attachante. On retrouve quelques apparitions amusantes que les amateurs des films du trio infernal Bong Joon-Ho / Park Chan-Wook / Kim Jee-Woon apprécieront (le gardien mangeur de chiens !).

Barking Dogs Never Bite

Le film est dispo en zone 2, je vous conseille vraiment de découvrir cette fantaisie très originale :P

A la rencontre des auteurs de manhwas Ecrit par Pierre le 24.01.08

Je relaie une très bonne information donnée par Laurent d’apoklyps en commentaire, et qui devrait intéresser les amateurs de manhwas habitant sur Paris et environs.
Une rencontre est en effet organisée avec la crème des auteurs de manhwas le lundi 28 janvier prochain au Centre Pompidou en partenariat avec le festival international de la BD d’Angoulême.

Le Bandit Généreux

Seront donc présents :
- Kim Dong-hwa (La bicyclette rouge, Histoires de Kisaeng, Histoire couleur terre)
- Lee Doo-ho (Le bandit généreux)
- Lee Hee-jae (Vedette et Chagrin dans le ciel)
- Lee Hyun-se (Armagedon, Nambul)
- Oh Se-young (Feux)
- Kang Doha (Catsby, Romance Killer)
- Kim Soo-yong (Hip Hop)
- Lee Hyeon-sook (Plus beau que l’amour, Flower of Evil)

Plus d’infos sur cette page du site du festival.

Je vais tenter de me libérer assez tôt lundi pour pouvoir y aller, car je suis absolument fan du travail de Kang Doha, et avide de découverte par rapport aux autres auteurs que je connais de près ou de loin.

Sortie de la semaine : Le Roi et le Clown Ecrit par Pierre le 23.01.08

En marge des deux “énormes” sorties de ce mercredi, les nouveaux Tim Burton et Coen (que j’irai voir et vous recommande chaudement à l’avance), je souhaite mettre en lumière un film qui passera un peu inaperçu mais qui mérite pourtant l’attention.
“Le Roi et le Clown” (en coréen “L’homme du roi”) a connu un succès incroyable en Corée, se payant même le luxe de dépasser les 2 énormes films de guerre “Silmido” et “Taegukgi” au box-office (seulement battu par “The Host”). Encore plus étonnant puisqu’il ne s’agit pas d’un film d’action contrairement aux autres.

Le Roi et le Clown

Corée, 16ème siècle. Alors que la dynastie Chosun règne en maître sur le territoire, Jang-Seng et Gong-Gil sont deux comédiens qui travaillent ensemble sur les routes du pays. Jang-Seng persuade Gong-Gil de se produire à Séoul, dans l’espoir de devenir riche. Arrivés là-bas, ils se font arrêter au cours d’un spectacle pour avoir insulté le Roi. Jang-Seng propose alors un pari fou : s’ils arrivent à faire rire le Roi, ils seront libres. Gong-Gil, de nature très réservée livre alors un numéro impressionnant provoquant l’hilarité du Roi. Le pari est gagné, ils peuvent rester au Palais. Une relation nouvelle commence alors entre le Roi et Gong-Gil…

J’avais eu la chance de voir le film en Corée, il m’avait beaucoup plus pour plusieurs raisons. D’abord la reconstitution historique est très intéressante, surtout lorsqu’on a déjà eu l’occasion de se rendre sur les lieux ! Les scènes folkloriques (musiques, danses, jeux…) sont très prenantes, évitant l’aspect documentaire cheap grâce à une réalisation virtuose qui fait qu’on ne s’ennuie jamais. L’histoire est originale et laisse découvrir peu à peu les raisons et l’étendue de la folie du roi. Ma palme revient à l’acteur Gam Woo-Seong (”Alone in love“), qui ici campe un personnage très charismatique et plein de classe.

Le Roi et le Clown

Alors, s’il vous reste du temps ou que vous voulez vous faire plaisir en évitant la foule, vous savez ce qu’il vous reste à faire ;)