Présentation du film "Beautiful" et interview du réalisateur Jeon Jae-Hong Ecrit par Pierre le 16.02.08

(Ce billet est la traduction d’un article publié dans le Korean Film Observatory N°25 (magazine trimestriel en anglais sur le cinéma coréen), rédigé et publié avec l’aimable accord de la KOFIC (Korean Film Council). Bonne lecture ;) )

Il est probable que la vision de “Beautiful” vous rappelle un nom immédiatement : Kim Ki-Duk. Et oui, votre intuition est bonne. Le film est un fleur épineuse de plus dans le jardin de KKD. Une telle comparaison n’est pas seulement due au fait que le film est basé sur un travail original écrit par KKD. Mais aussi par le fait que le réalisateur débutant Jeon Jae-Hong, qui avait jusqu’alors réalisé un unique court-métrage, “Fish”, a travaillé à la réalisation de “Time” et “Breath” avec Kim Ki-Duk. Il est vrai que Jeon Jae-Hong est un des soi-disant “enfants” de KKD. Tous les deux sont d’ailleurs en train de préparer la production d’un nouveau script de KKD, même si rien de concret n’est encore réalisé. “Beautiful” dresse le portrait d’une série de tragédies entre une femme souffrant de sa beauté naturelle et un homme qui ferait n’importe quoi - jusqu’à commettre un meurtre - pour obtenir ses faveurs.

 Beautiful

Eun-Young (Cha Su-Yeon) est une belle femme. Elle est si belle, que même lorsqu’elle s’assoit simplement à la terrasse d’un café, des hommes viennent lui parler ou lui demander de prendre une photo avec elle. Même le copain de son amie la regarde secrètement. Un jour, un homme appelé Sung-Min s’introduit chez Eun-Young pour la violer, proclamant être amoureux d’elle. C’est alors qu’elle commence à maudire sa propre beauté. Elle en vient à la conclusion que pour survivre, elle doit détruire cette partie d’elle-même. (…)

Cela va sans dire, le monde de Kim Ki-Duk n’a rien d’épique ni de réaliste. Tous les personnages apparaissent soudainement de nulle part et agissent sans réserve, comme si leurs actions étaient socialement acceptables. Ce n’est ni le hasard ni la réalité, mais un concept choisi par le film, et une volonté persistante d’explorer ce concept qui sont importants dans le cinéma de Kim Ki-Duk. Et il semble que Jeon Jae-Hong ait respecté cette volonté du réalisateur. Sung-Min, qui prétend aimer sincèrement Eun-Young, n’a pas d’autre alternative que de la violer pour exprimer son amour. (…)

Beautiful

Il parait que vous êtes le fils d’une fille de Kim Heung-Soo, un fameux peintre coréen. Dans le film, il y a aussi une toile d’une photo de Cha Soo-Yeon, peinte par Kim.
Vous avez raison. Pour être franc, c’est même lui qui m’a aidé à contacter Kim Ki-Duk pour la première fois.

Pendant le tournage de “Time” et “Breath”, vous apparteniez à l’équipe réalisation de Kim Ki-Duk.
A l’origine, j’étais absorbé par la musique vocale. J’ai ensuite étudié le management. A New York, j’ai participé à des court-métrages, en produisant 13 en deux ans. J’ai assisté aux cours de la New York Film Academy, mais n’y ai appris que très peu de choses. Cependant, j’ai eu l’occasion de visionner “Locataires”, de KKD, et suis devenu un de ses admirateurs les plus enthousiastes. Dans l’espoir de le rencontrer, je suis allé à Cannes, où “L’arc” était présent. Il était la seule personne de qui je voulais apprendre. Quand je lui ai montré mon court-métrage, il m’a dit “Votre travail est unique”, ce qui m’a donné un courage énorme. Après avoir beaucoup appris dans son équipe, j’ai décidé de quitter New York et suis revenu en Corée pour commencer une nouvelle carrière. Quand je lui rend visite, je touche en cachette tous les trophées qu’il a reçu dans des festivals internationaux, dans l’espoir de devenir un réalisateur aussi important que lui ! (rires)

“Beautiful” est un film basé sur une histoire de Kim Ki-Duk.
Le script original avait la forme d’un synopsis composé de cinq chapitres environ. Après l’avoir lu, j’ai du passer une semaine à penser à ce qu’est la beauté, et à comment elle commence. Les contes de fée de notre enfance semblent illustrer une sorte de beauté sombre, effrayante et grotesque. J’ai réfléchi à ce qu’est réellement la beauté, quelle influence elle peut avoir, ou comment une belle femme peut agir comme si elle avait perdu le pouvoir de se protéger elle-même. J’ai voulu donner au violeur, Sung-Min, la femme blessée, Eun-Young, et le policier, Eun-Cheol, des images respectivement de pureté, de beauté et de mort. J’ai ajouté le rôle d’Eun-Cheol, et légèrement modifié la fin du script.

Pourquoi avez-vous débuté sur un scénario original de Kim Ki-Duk, plutôt que sur votre propre création ?
Vous savez, chaque nouveau réalisateur essaye de faire entendre sa voix. Je ne voulais pas faire cela. Le réalisateur n’est pas un scénariste. En réalité, je lui ai demandé de m’apprendre quelque chose. Il m’a dit : “si tu projettes d’étudier quelque chose, je vais te donner quelque chose qui s’en éloigne le plus possible.” C’était ça.

Vous devez avoir beaucoup appris en travaillant avec lui.
Si je n’avais pas eu l’opportunité de travailler dans les équipes de réalisation de “Time” et “Souffle’, je n’aurais jamais appris comment réaliser un film. La seule différence entre moi et Kim, c’est que j’ai tendance à répéter beaucoup plus avec les acteurs.

Jung Han-Seok, Cine 21

 Beautiful

Voici la première de mes traductions dont je parlais dans un précédent article. Le format vous plait ? Je continue ?
En cadeau bonus, le trailer du film :

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3 commentaires pour “Présentation du film "Beautiful" et interview du réalisateur Jeon Jae-Hong”

  1. Loky5 |

    Félicitations. Bonne traduction de l’article je trouve qui est tres intressant.
    Bonne continuation pour tes prochains ;)

  2. » Tour d’horizon du 17/02/2008 » Wildgrounds |

    [...] Présentation du film “Beautiful” + interview Jeon Jae-Hong (Dooliblog, [...]

  3. Marine |

    Bien sûr que le format nous plaît ;)

    PS : GBW sort apparemment le 10 Juillet…

    http://video.google.com/videoplay?docid=-2172413392543330679&hl=en

    (Y’en a pas beaucoup plus que depuis la dernière preview mais bon…)

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