Interview d’ED Distribution, éditeur/distributeur indépendant Ecrit par Pierre le 22.03.08
Pour faire plaisir à Epikt, qui se demandait pourquoi sortir “Le Dernier Repas” dans les commentaires, voici quelques propos que j’ai recueilli auprès d’ED Distribution, qui distribue le film en France.

Dooliblog : Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter votre société, ED Distribution ?
ED Distrib. : Créée en 1995, ED Distribution est une société de distribution de films arts et essais privilégiant une démarche de découvertes envers des cinéastes exigeants avec l’idée de montrer au public un cinéma différent.
Nous effectuons un travail qui prend surtout son sens sur le long terme. Ainsi nous nous occupons d’abord de la sortie des films en salles, puis de l’édition en DVD dans notre collection, mais également des ventes aux chaînes de télévision. Cette démarche nous a permis au cours des années de nouer films après films de solides collaborations avec nos réalisateurs.
À trois, nous effectuons aussi bien un travail d’attaché de presse, de programmation, de sous titrage que de promotion. Nous accompagnons un film du début jusqu’à la fin, c’est pour cette raison que nous ne sortons pas plus de quatre films par an afin de mener au mieux la sortie d’un film et son édition DVD.
Au fil du temps, nous avons su tisser un véritable lien de confiance non seulement avec la presse mais également au niveau des salles de cinéma et des festivals.
Nous avons su faire émerger des auteurs importants alors inconnus comme Alex van Warmerdam, Bill Plympton, Andrew Kötting, Guy Maddin et les frères Quay notamment.
Dooliblog : Comment avez-vous connu ce film ? Pourquoi l’avoir retenu ?
ED Distrib. : Nous avons découvert Le Dernier repas au Festival de Rotterdam en 2007. Ce film a retenu notre attention, visuellement et émotionnellement.
Dooliblog : Quel est votre regard sur le cinéma coréen (ou asiatique) ? Prévoyez-vous de distribuer d’autres films ?
ED Distrib. : Nous aimons beaucoup le cinéma asiatique, nous avons déjà sorti “Le Labyrinthe des rêves” de Sogo Ishii. Nous allons sortir un vieux film japonais des années 60 “Each day I cry” de Kiriro Urayama.
Dooliblog : Plus généralement, on peut constater que les “petits” films connaissent des sorties très confidentielles, dans un très petit nombre de salles. En tant qu’éditeur/distributeur indépendant, quelles difficultés rencontrez-vous pour distribuer ces films ? Frilosité des exploitants ? Autre raison ?
ED Distrib. : Pour Le Dernier repas nous sortons le film sur 3 copies. Nous sommes spécialisés dans les “petits” films, en tout cas des films indépendants. Nous préférons avoir peu de salles mais qui marchent plutôt que “s’éparpiller”. Le gros problème c’est de durer dans les cinémas car il y a beaucoup trop de sorties de films. Pour le Dernier repas il y avait 18 films en face. C’est vraiment difficile, heureusement avec le temps on s’est créé un petit réseau aussi bien chez les journalistes que chez les exploitants. On est soutenu.
On est là pour montrer aux gens des films qu’ils ne soupçonnent même pas. On est là pour faire (re)découvrir des films.
Merci à Marie Sécher d’avoir pris le temps de me répondre ![]()

Hey ! Bien vu l’interview
J’aime beaucoup les choix éditoriaux de ED Distribution, surtout qu’on trouve la plupart de leurs films en dvd sur leur site ( à part pour “Le Labyrinthe Des Rêves” qui n’est toujours disponible qu’en vhs … ). Je conseille d’ailleurs à tous les films du canadien Guy Maddin, notamment “The Saddest Music In The World”, une très agréable surprise.
Par contre je n’ai rien trouvé sur ce “Each Day I Cry” de Kiriro Urayama …
Roooh !!! Merci Pierre !!!
De mon coté j’ai beau faire mon bougon, je suis bien content qu’il se trouve encore des distributeurs suicidaires, et loin de moi l’idée de cracher sur ED - de toute façon même si je le voulais je pourrait pas cracher sur une boite qui a sorti en France des films de Sogo Ishii ou Harmony Korine, ou encore ce truc hallucinant qu’est Primer (y faut voir Primer), sans compter le travail de fonds qu’ils font sur Bill Plympton, les frères Quay ou Guy Maddin).
Reste que The Last Dining Table faut s’accrocher et c’est pas super sexy comme film - ce qui m’empêchera pas d’aller le revoir -, j’espère que le seuil de rentabilité du projet n’est pas trop élevé.
je ne connaissais pas du tout ED Distribution ; très sympa l’initiative de cette interview en tout cas Pierre ^_^. Merci