Le Scaphandre et le Papillon - de Julian Schnabel (2007) Ecrit par Pierre le 15.06.08

Une fois n’est pas coutume, c’est un film français qui constitue notre dernier coup de coeur : j’ai nommé “Le Scaphandre et le Papillon”, vu avec un an de retard (mais mieux vaut tard que jamais).

Le Scaphandre et le Papillon

Il s’agit de l’histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine “Elle” et victime en 1995 du “locked-in syndrom”, cas extrêmement rare qui le laisse emmuré dans son corps, uniquement capable de bouger ses paupières. Grâce à son orthophoniste, il trouve un moyen de communiquer en dictant lettre par lettre à l’aide des battements de ses yeux, et entreprend d’écrire un livre.

Le Scaphandre et le Papillon

La grande force du film est de ne pas tomber dans le larmoyant en s’apitoyant sur le sort de Bauby, mais plutôt de laisser la part belle à ses deux seuls moyens d’évasion : l’imagination et la mémoire. Ainsi, le film est plein de poésie, parfois teintée d’amertume mais très belle, rendant hommage au texte magnifique de Bauby. La mise en scène et l’excellente musique contribuent à faire de ce film un voyage fascinant.

Mathieu Amalric est omniprésent, même s’il est invisible pendant une bonne partie du film puisque celui-ci se déroule depuis son angle de vue, proposant une vision assez effrayante et réaliste du syndrome qui le frappe. Mention également aux nombreux seconds rôles, qui sont vraiment tous excellents (je pense notamment à Marie-Josée Croze, Emmanuelle Seigner, Anne Consigny ou encore le trop rare Isaach de Bankolé), qui habitent le film en quelques plans et apportent à Bauby le courage de vivre.

Gros, gros coup de coeur que je vous conseille donc vivement !

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2 commentaires pour “Le Scaphandre et le Papillon - de Julian Schnabel (2007)”

  1. Epikt |

    Ce film m’a fait une drôle d’impression.
    Je l’ai vu sur le tard, me méfiant de la rumeur favorable (et puis bon, les films d’handicapés avec Mathieu Amalric, très peu pour moi), et pendant les 20/25 première minutes j’ai pas pu caché mon enthousiasme, on tenait quelque chose d’absolument énorme : ENFIN un film (français qui plus est) avec un parti-pris radical dans son point de vue (d’autant plus qu’il sert ici particulièrement bien le propos !), une vraie oeuvre de montage, véritablement sensorielle et captivante. J’étais aux anges.
    Alors tu penses bien quand au bout d’une petite demi heure le réalisateur abandonne cette forme pour faire un “film normal” j’ai eu envie de lui arracher les yeux. Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Peur d’être trop radical ? De perdre son public en route ? Aaaaaarrrrgggg !!!!! Grand bien lui en a pris, puisque pour lui attribuer le prix du meilleur montage le jury des Césars n’a manifestement regardé que les 25 première minutes - ou, pire, ne s’est pas interrogé sur l’abandon, le reniement même, d’un parti-pris esthétique fort en cours de film.
    Faire un mauvais film est une chose que je pardonne volontiers, mais saboter la potentialité d’un excellent film me reste en travers de la gorge.

  2. Pierre |

    @Epikt: C’est vrai qu’il ne va pas au bout de l’idée initiale, de peur surement d’effrayer le “grand public” (après 30 minutes Hyewon me demandait l’air inquiet si ça allait être comme ça jusqu’au bout, alors qu’au final elle a beaucoup aime ^^;). Je comprends donc entièrement ta déception mais n’ai pas trouvé non plus que la suite “reniait” totalement le début…

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