Archives de juillet, 2008

The Chaser - de Na Hong-Jin (2008) Ecrit par Pierre le 05.07.08

Petite entorse au cycle de cinéma japonais avec ce film coréen qui mérite vraiment le détour. J’en avais un peu parlé pendant le festival de Cannes où il avait été remarqué, j’ai enfin pu voir “The Chaser”.

The Chaser

Un ancien policier devenu proxénète s’étonne de la disparition de “ses filles”. Il remarque alors qu’avant de disparaitre, elles avaient toutes été chez le même client, un client auquel il vient d’envoyer une nouvelle fille…

“The Chaser” est un film qui fait du bien. Alors que ces trois dernières années, le cinéma coréen semblait un peu se reposer sur ses lauriers : on a certes eu droit à un grand nombre de films “sympathiques” et agréables à regarder (mais faciles à oublier), ainsi qu’à de bons films de réalisateurs déjà instaurés. Mais ce qu’apporte de “The Chaser” dès ses premières images, c’est une ambiance nouvelle, quelque chose d’inattendu de la part d’un réalisateur débutant, qui intrigue et prend aux tripes.

Le début du film est vraiment très réussi, nous laissant sans trop en dire sombrer dans l’horreur sourde et glaciale du tueur. S’ensuit une course contre la montre impitoyable pendant laquelle le héros va se heurter à l’incompétence chronique de la police son pays (rappelant un peu “Memories of Murder” par moments), à ses propres démons et à la fille de celle qu’il a envoyé se jeter dans la gueule du loup.

L’ambiance est très travaillée : image, lumière, musique, tout respire la sueur et la peur. Le tout est mené par un grand duo de comédiens : si Ha Jeong-Wu est un habitué (très en vue en ce moment, il a tout un tas de projets), Kim Yun-Seok est une vraie bonne surprise, ses seconds rôles habituels n’ayant jusqu’alors pas laissé entrevoir un tel talent.

Le scénario pêche un peu sur la fin du film, là où il aurait pu nous achever totalement. Mais malgré tout, “The Chaser” nous laisse épuisés et béats du voyage. Na Hong-Jin rejoint Jang Jun-Hwan (”Save the green planet”) ou encore Park Kwang-Hyeon (”Welcome to Dongmakgol”) au rang des premières bonnes surprises, reste maintenant à transformer l’essai !

The Chaser

Zatoichi - de Takeshi Kitano (2003) Ecrit par Pierre le 01.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Pour débuter ce cycle, quoi de meilleur que de revoir un excellent Kitano ? Je ne suis pas un expert du cinéma japonais, surtout ancien (j’ai été biberonné aux Kurosawa et Baby Cart, mais ça s’arrête là) et n’ai jamais vu un des Zatoichi originaux, mais ce film constitue pour moi une synthèse parfaite entre les “vieux classiques” et le cinéma contemporain, avec un de ses plus glorieux étendards aux commandes. Je conseille donc vivement à tous les néophytes de voir ce film qui devrait attiser leur envie de découverte.

Zatoichi

“Zatoichi” nous fait suivre un bout de chemin du fameux masseur aveugle qui cache en réalité un redoutable samouraï. Alors qu’il fait escale dans une ville, Zatoichi fait la connaissance d’un couple de geishas qui va l’amener à affronter les membres de la pègre locale et le terrible ronin que ceux-ci ont engagé.

Ce film nous replonge avec délice dans l’ambiance des Baby Cart, avec ses méchants hirsutes et mal élevés, ses membres tranchés et ses jets d’hémoglobine. Hormis bien sûr les combats superbement réalisés, Kitano a apporté une délicieuse note d’humour omniprésente tout au long du film. Que ce soit la galerie de personnages pittoresques, les situations absurdes ou encore les géniales trouvailles de mise en scènes (voir les séquences avec les ouvriers et la musique !), ce film regorge de petits plaisirs et se laisse regarder avec jubilation.
Avec un film plutôt éloigné de ce qu’il a l’habitude de faire, Kitano s’en sort parfaitement tout en gardant sa patte personnelle qui le rend si attachant de film en film, une vraie réussite donc.

Zatoichi

(et en plus, Hyewon a aimé, oui oui un film japonais !)