Compte-Rendu du FFCF 2008 – Jour 2 Ecrit par Pierre le 23.12.08

Suite du compte-rendu avec la journée de samedi, particulièrement bien remplie avec 5 films au programme. Du petit film indépendant (“Pruning the Grapevine”) au thriller carton de l’année (“The Chaser”), en passant par le documentaire (“63 Years On”) ou l’exercice de style délirant (“Magician(s)”), cette journée reflète à merveille la diversité du festival !

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Pruning The Grapevine (de Min Byeong-Hun, 2006)
“Pruning The Grapevine” suit le parcours hésitant d’un jeune apprenti-prêtre, tiraillé entre sa foi et l’amour qu’il éprouve encore pour son ex petite amie. Un tel sujet avait de quoi me faire peur, mais j’ai tout de même trouvé le film assez bon, même s’il souffre de quelques lenteurs. J’ai notamment bien aimé la première partie se déroulant au séminaire, qui fait naitre une ambiance trouble et pesante, où la tentation de transgresser les interdits est palpable à chaque instant. De même ensuite lorsque le héros se rend au monastère, lieu qui m’évoque immédiatement “Le Nom de la Rose” (même si les deux films sont difficilement comparables !), et titille l’imagination : le père est alcoolique, le jeune moine s’éprend d’une nonne, et même le gentil moine semble cacher un passé trouble. Je ne sais pas si c’était voulu ou si mon interprétation va trop loin, mais c’est cet aspect, renforcé par le visage sibyllin de l’acteur principal (très bien choisi), qui m’a le plus intéressé, beaucoup plus que les questions sur la foi !

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For Eternal Hearts (de Hwang Gyu-Deok, 2007)
Je ne vais pas parler de l’histoire puisque celle-ci est tellement tordue que je risquerais de me tromper ! Ce film propose en tout cas un traitement original du film de fantôme, qui ne cherche pas à faire peur mais plutôt à distiller une atmosphère étrange et mystérieuse. Malheureusement, le suspense ne prend pas vraiment au vu du tour si compliqué que prend peu à peu l’histoire. Un aspect très réussi se situe dans la narration, puisque c’est un professeur qui raconte sa jeunesse à ses élèves, ce qui donne lieu à des instants plutôt comiques (“Mais comment ça vous être mort ?!”). Le film souffre de l’interprétation un peu molle et faiblarde de l’acteur principal, alors qu’au contraire les deux rôles féminins sont bien tenus. Le tout reste tout de même assez sympathique.

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63 Years On (de Kim Dong-Won, 2008)
Ce documentaire poignant traite des “femmes de réconfort”, nom donné aux nombreuses femmes (entre 100,000 et 200,000 !) qui ont servi littéralement d’”esclaves sexuelles” aux soldats japonais durant la deuxième guerre mondiale. A travers le témoignage bouleversant de 5 femmes de milieux très différents (parmi lesquelles on trouve une coréenne, une chinoise et même une hollandaise) ayant été enlevées et victimes, le film s’attache tout d’abord à dévoiler la vérité de la manière la plus directe et la plus crue. Ensuite, il montre également à quel point les blessures sont loin d’être renfermées, comment ces femmes ont souffert (et souffrent encore) tout au long de leur vie, et pourquoi les excuses que les victimes réclament au Japon revêtent une importance capitale. Terrifiant.

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The Chaser (de Na Hong-Jin, 2008)
Revu avec un grand plaisir (et surement la meilleure audience du festival), je ne m’attarde pas sur le sujet et vous invite à revoir la critique rédigée lors de ma première vision. ;)

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Magician(s) (de Song Il-Gon, 2005)
Film que j’avais envie de voir depuis longtemps, Magician(s) est un véritable tour de force. Tout simplement par qu’il est composé d’un unique plan-séquence de 96 minutes, prouesse technique assez hallucinante puisque le film se déroule dans plusieurs décors différents, en intérieur comme en extérieur (avec entre autres un suicide, un vrai concert et un fantôme !), le tout sans que la caméra ne s’arrête de tourner (et mis à part l’ombre furtive du caméraman pendant une scène et quelques autofocus capricieux en extérieur, la réalisation est parfaite). Les acteurs sont vraiment excellents, et voir comment ils passent d’une scène où ils ont l’air totalement bourrés (ils ont l’air picoler pour de vrai en plus) à une scène sérieuse et dramatique, puis à revenir à l’état précédent sans la moindre coupure est vraiment bluffant. Mais je trouve qu’il serait réducteur de cantonner le film à un pur exercice de style ou à du théâtre filmé : plein d’humour et d’idées visuelles, il s’agit du portrait touchant de quelques amis désabusés à l’heure de faire le bilan de leur vie. Si l’effet peut surprendre au début, on en arrive à ne plus vouloir que la caméra s’arrête, et la scène finale où les deux personnages masculins sortent crier ce qu’ils ont sur le coeur est magnifique. Magique !

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2 commentaires pour “Compte-Rendu du FFCF 2008 – Jour 2”

  1. Gilles |

    Et ces sous-titres, ces sous-titres, quelle merveille :p

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  2. tellos |

    J’ai regardé The chaser… wow… c’est vraiment un bon film.. j’ai pas arreté d’y penser pendant 2 jours…

    Top 5 de 2008 :-)

    Il perd un peu de son rythme (un tout petit peu) vers le milieu…

    Le réalisme dans les bagares, c’est vraiment ce qu’il manque dans beaucoup de film de ce coté de la planete.

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