Crush and Blush – de Lee Kyeong-Mi (2008) Ecrit par Pierre le 23.03.09

Pour me remettre du périple deauvillois et de son avalanche de drames existentiels, je me suis décidé à découvrir un des films-surprise de l’année 2008 en Corée, la comédie décalée “Crush and Blush”, premier film de la réalisatrice Lee Kyeong-Mi.

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Yang Mi-Suk est une jeune prof de russe un peu timbrée, forcée d’enseigner l’anglais faute d’engouement pour sa matière. Secrètement amoureuse d’un de ses collègues (marié), elle met en oeuvre un plan machiavélique pour repousser sa rivale et attirer celui-ci, devenant amie avec sa fille.

Les bonnes comédies “pures” sont plutôt rares en Corée, la grande majorité de la production volant au ras des pâquerettes (même si cela doit tout de même plaire à certains, en témoigne la sortie DVD en France d’un film comme “La légende de la libido” ?!). Les comédies les plus intéressantes sont souvent à chercher du côté de films hybrides mêlant romance (“My Sassy Girl”), contexte politique (“Welcome to Dongmakgol”) ou encore science-fiction (“Save the green planet”). C’est pour ça que ce “Crush and Blush” m’a particulièrement plu, car il remplit à merveille sa fonction principale et unique : faire rire.

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La principale source d’humour vient du personnage principal, brillamment interprété par Gong Hyo-Jin. Il n’y a qu’à la voir vanter l’apprentissage du russe à des élèves en brandissant l’échéance des “Jeux Olympiques de Sochi en 2014″ pour saisir le personnage, totalement en décalage avec son environnement. On se prend vite de sympathie pour cette sociopathe dont tous les plans finissent par foirer, et qui parvient par moments à atteindre la grâce dans son ridicule (la scène du spectacle d’école est particulièrement réussie, les deux héroïnes y accomplissant une prestation totalement pitoyable en y prenant un plaisir fou, et nous aussi). Le seul personnage masculin du film est un gros mou sans saveur, autour duquel s’agitent hystériquement les quatre personnages féminins (mention également à la bombe nunuche qui est particulièrement réussie en son genre). Ceci se termine lors d’une confrontation finale grandiloquente, sorte de procès d’assises improvisé dans une salle informatique, totalement absurde et savoureux.

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Preuve de sa qualité, le film réussit même à tirer parti d’un gros poncif du genre, les interminables conversations MSN entre les personnages, qui sont généralement aussi énervantes que les inserts de SMS à l’écran. La réalisatrice évite soigneusement de rajouter des effets visuels soi-disant comiques et se concentre sur ce qui fait la vraie force du film, des personnages absurdes dans des situations qui le sont encore plus. Ici, ces scènes sont tournées comme des duels psychologiques à distance entre les personnages, chacun y mettant une part de bluff et de manipulation, à tel point que tout finit par dériver en séances de kamasutra verbal ! Vous l’aurez compris, c’est cette fraîcheur et cette dose d’inattendu qui plaisent dans ce film qui, même s’il est fouillis et parfois inégal, reste définitivement une bonne comédie sans prétentions.

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2 commentaires pour “Crush and Blush – de Lee Kyeong-Mi (2008)”

  1. Gilles |

    Très bon film. J’ai été content de découvrir ça à Pusan, c’est en effet l’un des rares films coréens vraiment frais de 2008.

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  2. Happy |

    Premier film d’une jeuen réalisatrice, produit par Park Chan-wok, qui se fend d’un petti caméo au corus du film, de même que Bong Joon-ho. ; p

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