A Public Cemetery of Wolha – de Kwon Cheol-Hwi (1967) Ecrit par Pierre le 04.08.09

Retour au cinéma coréen avec une incursion dans le film d’horreur vintage et ce “A Public Cemetery of Wolha” datant de 1967 (visible gratuitement au Centre Culturel Coréen comme une quantité d’autres films dont certains sont d’ailleurs presque introuvables ailleurs).

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Le film commence plutôt bien avec ce plan dingue, cette tête de mort cheveux au vent sur fond rouge éclatant (ce qui permet de remarquer à l’occasion que le film est en couleur) et musique angoissante. La lumière devient bleue, plus à nouveau rouge, et le plan se prolonge comme cela assez bizarrement pendant quelques minutes, comme pour permettre à un générique de s’afficher alors qu’il n’en est rien. Pour mettre dans l’ambiance ? Difficile à croire au vu de la suite. Le film démarre pourtant bien sur le registre de l’horreur avec la présentation d’un narrateur zombie tout droit sorti des Contes de la Crypte, puis de l’apparition d’un fantôme qui effraie un malheureux chauffeur de taxi.

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Ensuite, et pour presque presque toute la durée du film, l’action se situe dans une grande maison bourgeoise. La maitresse de maison, aidée de sa propre mère, tente d’empoisonner le fils de son mari, né de sa précédente épouse. Mais le fantôme de cette dernière débarque pour les empêcher de commettre ce crime. Puis, c’est le drame.
Le drame puisque ce joyeux bordel est interrompu par un flashback retraçant le passé du fantôme, mais pas n’importe quel flashback puisque celui-ci durera près d’une heure, soit la majeure partie du film ! Et cette partie abandonne tout aspect horrifique pour ressembler à n’importe quel autre film coréen de cette époque, et pas particulièrement fin : occupation japonaise, femme fidèle attendant vaillamment que son mari sorte de prison, mari volage qui couche avec la bonne alors que sa femme est malade, jusqu’à ce que la pauvre finisse par se suicider.

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Le film nous réserve heureusement un final dans la lignée du n’importe quoi inaugural. Une fois le flashback terminé, on assiste à la vengeance du fantôme. Une vengeance qui consister à se présenter face aux personnages, affublée de dents de vampires dégoulinantes (!) et d’un éclairage bleu ou rouge assez réussi, pour murmurer un plaintif et fantômesque “wouuuuuuuuuhouhouhouhou”. Ajoutez à cela quelques phénomènes paranormaux comme des objets qui se transforment en crânes chevelus ou membres coupés (effet réussi grâce à un montage plutôt habile) ou des chats qui tombent du plafond, et tous les “méchants” vont finir par devenir fous de peur et s’entretuer (attaque cardiaque, couteau voire même acide chlorhydrique pour terminer). Et le mari (qui a quand même trahi son meilleur ami, trompé sa femme avant de se remarier sans ménagement avec la bonne) dans tout ça ? Il va bien, merci pour lui.

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Vous l’aurez compris, ce n’est pas le film du siècle, il est même un peu frustrant puisqu’il escamote une partie de ses promesses (un peu comme si on avait pris un film “normal” pour y ajouter un début et une fin de film d’horreur). Mais “A Public Cemetery of Wolha” s’avère jouissif et étonnant par instants, constituant une curiosité intéressante si à l’heure où la Corée produit un nombre impressionnant de films d’horreur (nouveau : le film d’horreur avec du yoga), vous voulez découvrir à quoi pouvait ressembler un film d’horreur de cette époque.

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Un commentaire pour “A Public Cemetery of Wolha – de Kwon Cheol-Hwi (1967)”

  1. Epikt |

    Le GROS problème du film c’est sa parenthèse (d’une heure quand même :/ ) mélo au milieu ; qu’est-ce que c’est lourd !
    Mais les parties horrifiques, au début et surtout à la fin, sont biens. Entendons nous, elles ne vous feront pas peur, mais elles sont d’autant plus enthousiasmantes qu’elles sont kitch et outrancières.
    (en passant j’ai trouvé l’image plutôt belle, en particulier la lumière)

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