Crazy Lee – de Ryu Seung-Wan (2008) Ecrit par Pierre le 05.10.09
Sorti dans les salles coréennes quelques semaines après “Le Bon, la Brute et le Cinglé”, “Dachimawa Lee” (renommé “Crazy Lee” pour la sortie française du DVD) aborde un univers relativement proche. Un agent secret très spécial aux allures de James Bond coréen part à la recherche d’une statuette de Bouddha renfermant un précieux secret. Il va être amené à combattre de vils officiers japonais et autres brigands mandchous.

Si le cadre est similaire, le ton n’a pas grand chose à voir avec le premier film cité, puisqu’ici nous sommes devant une grosse parodie évoquant Austin Powers ou encore les films de Stephen Chow. Le film fait parait-t-il de multiples références à des films d’espionnage coréens des années 60-70, le problème est que ceux-ci sont totalement inconnus du public occidental, voire même du grand public coréen, si bien qu’il n’est pas évident d’en saisir les subtilités. De manière générale, l’humour du film est assez difficile à capter pour les non-coréens, et une partie est impossible à transposer via les sous-titres. Je n’ose même pas imaginer la VF puisque toute une partie de l’humour est basée sur la diction des acteurs.
C’est d’ailleurs l’un des points qui m’a le plus amusé dans ce film : les acteurs y parlent comme des acteurs des années 60. Dachimawa Lee possède ainsi une authentique voix grave et solennelle digne d’un présentateur de JT nord-coréen, ses acolytes féminines de délicieuses petites voix criardes. Je pensais que cet aspect, s’il est amusant au début, allait vite me lasser, mais au contraire il m’a fait rire jusqu’au bout et cette scène finale mettant en valeur les minauderies old-school irrésistibles de Kong Hyo-Jin. La diction des personnages étrangers est toute aussi spéciale : ceux-ci s’appliquent à parler japonais, chinois ou anglais dans un accent tellement caricatural qu’on s’aperçoit à peine que le texte qu’ils prononcent est en partie… coréen.

Mis à part ce délicieux humour linguistique, le comique du film réside essentiellement dans ses éléments absurdes (les gadgets de l’agent secret valent leur pesant de cacahuètes ; un combat se règle comme au temps des meilleurs Dragon Ball) et ses exagérations parfois poussées jusqu’à l’extrême (la scène où Lee éclate en sanglots se transforme en déluge de bave et de morve). C’est parfois drôle, parfois moins. Il faut quand même être client de ce genre de films au risque de passer un très mauvais moment. A côté du rire, les scènes d’action m’ont paru assez en dessous de ce que Ryu Seung-Wan est capable de faire. Malgré sa part d’originalité dans l’univers de la comédie coréenne, le film ne dépasse pas le statut de divertissement agréable.
Petit mot pour terminer sur le DVD sorti en France par Wild Side, DVD dont la principale caractéristique est la présence de l’actrice porno Katsuni (d’origine asiatique, c’est important pour la cohérence) pour présenter les bonus (voire même être l’objet des bonus et proposer un strip-tease intégral). Il faut le voir pour le croire : http://crazylee.fr/. Je reste très dubitatif devant cette tentative marketing d’attirer un public différent, et je doute que les gens qui achèteront le DVD à cause de Katsuni (s’il y en a) apprécieront le film. Quant aux autres, ils auraient préféré voir la première version de 35 minutes de Dachimawa Lee, tournée par Ryu Seung-Wan en 2000 avec le même acteur principal Lim Won-Hee et un budget dérisoire, ou bien un éventuel documentaire sur les films introuvables auxquels le film fait référence.

Je ne comprends pas non plus cette politique de Wild Side qui avec la présence de cette actrice porno veut attirer quel genre de clientèle, l’adolescent boutonneux ? Le film m’intéressait, mais la présence sur la jaquette (verso) de cette actrice de X d’origine vietnamienne me bloque un peu !
J’ai aussi entendu dire que cette version longue est moins bonne que le court d’origine. J’avais déjà vu la version courte il y a quelques années, que je trouvais hilarante, mais je suis moins tenté par ce nouveau film, justement à cause de toutes les critiques dont j’ai eu écho. Enfin, je finirai bien par le voir, juste par curiosité.
Messieurs, m’dames, le problème des bonus n’est pas là. Le vrai problème est pourquoi KatsuMi s’appelle maintenant KatsuNi? Je suis tout perdu.
@Xavier : Wikipedia est ton ami