Haeundae – de Yun Je-Gyun (2009) Ecrit par Pierre le 19.10.09

Busan. Son port, son marché aux poissons, son festival du film et… sa plage surchargée. Haeundae est un lieu assez hallucinant où viennent se masser chaque été des dizaines de milliers de touristes, parqués sur une bande de terre d’un kilomètre et demi entourée de monstres de béton (j’ai malgré tout trouvé cette ville très chouette !). Haeundae est aussi le titre du méga-blockbuster coréen de l’été dernier, film catastrophe qui nous proposait ni plus ni moins que de noyer tout ce beau monde sous un mega-tsunami.
Bon, je n’attendais pas grand chose de ce film, mais son franc succès sur les écrans coréens me laissait tout de même envisager un honnête divertissement. Même pas, tant le film s’avère être un naufrage total.

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Par où commencer pour essayer de décrire ce film même pas digne d’un Roland Emmerich ou d’un Wolfgang Petersen ? Le film réussit à être horripilant dès ses premières secondes avec une scène de sauvetage en mer quasi-inregardable, dont aucun plan ne doit durer plus de 2 secondes et rythmée par des beuglements humains. On accueille la fin de cette introduction avec joie dans l’espoir d’un peu de répit. Il faudra en effet attendre plus d’une heure pour voir ce fameux tsunami débarquer, une heure pendant laquelle le réalisateur nous fait suivre la vie d’un petit groupe de personnages (en gros trois couples de trois génération différentes) tout en gardant ses tics insupportables : caméra toujours en mouvement (le calme avant la tempête, il connait pas ?), montage archi-découpé appuyant le moindre geste, la moindre réplique. Le pire, c’est que les comédiens sont tout aussi horripilants : Seol Gyeong-Gu, qui est pourtant capable d’autre chose, passe son temps à geindre et à surjouer, et Ha Ji-Won est tout sauf crédible en Cosette miséreuse, avec un accent dont on sent à chaque syllabe combien il est forcé (je ne parle pourtant pas le dialecte de Busan). Mais le prix de l’hystérie revient au plus jeune couple censé incarner le côté comédie du film, et notamment à la fille, sorte de sosie de Kim Tae-Hee en mode Sassy Girl dont chaque apparition est plus insoutenable que la précédente (je rêve de la voir dans un slasher). Seul le dernier couple formé par Park Joong-Hoon et Eom Jeong-Hwa s’en sort correctement, non pas qu’ils soient exceptionnels, mais ils ont au moins le mérite de rester sobres.

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Lorsqu’enfin le tsunami se profile à l’horizon, on se dit avec une douce euphorie qu’enfin les choses vont décoller, qu’on va en prendre plein les yeux ou au moins que ces affreux personnages vont mourir noyés dans d’atroces souffrances. Même pas : les images spectaculaires sont très courtes (d’ailleurs, on peut se poser la question de la cohérence de faire un film-catastrophe sur un tsunami qui par définition est quelque chose d’extrêmement bref) et pas très réalistes, incapables de déclencher le moindre frisson.
Le pire reste encore le traitement réservé aux personnages, puisque l’on assiste à un schéma quasi-identique pour les trois couples de protagonistes, à grands renforts de twists improbables, et surtout de pleurs et de cris (parfois même au ralenti, qu’on comprenne bien leur souffrance quoi). Le plus ridicule restera ce sauvetage interminable en hélicoptère de deux occupants d’un bateau au large (pendant que des millions sont en train de mourir noyés sur terre). Même la fin n’est pas à la hauteur puisque le réalisateur s’en tire par une ellipse paresseuse. C’est tout de même décevant de voir à quel point le film n’exploite pas son cadre pourtant intéressant, et délaisse les mouvements de foule, l’angoisse voire la terreur collective que peut inspirer un tel évènement pour rester scotché à ses personnages et à leurs histoires sentimentales. Non, vraiment il n’y a rien à sauver dans ce Haeundae, vrai film catastrophe.

(à part ça, contrairement à d’autres j’ai beaucoup aimé Thirst)

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3 commentaires pour “Haeundae – de Yun Je-Gyun (2009)”

  1. Hyewon |

    Oui, ce film est tout simplement honteux !!

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  2. Gilles |

    ?????

    Daube misérable que ce film en effet :)

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  3. math |

    je l’ai pas encor vu mais il a laire bien

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