cinéma

Semaine faste pour le cinéma coréen Ecrit par Pierre le 23.07.08

Et oui, cette semaine, non pas un mais DEUX films coréens sortent dans les salles quelques rares salles françaises.

Au programme, donc:

Souvenir

- le dernier film d’Im Kwon-Taek (le 100ème de sa carrière !) : “Souvenir”.

Pitch allocine : Un maître du chant traditionnel coréen enseigne son art à sa fille Song-hwa et le tambour à son beau-fils Dong-ho. Le père est un professeur sévère, toujours en quête de perfection pour ses jeunes élèves. Ne supportant plus ses exigences, Dong-ho s’enfuit et abandonne à la fois la musique et sa demi-soeur qu’il aime en secret…

- “Nuit et Jour”, de Hong Sang-Soo, dans lequel nous apparaissons (peut-être) furtivement ! Pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire, jetez un oeil sur ce post puis celui-là ;) . Si jamais vous allez le voir, il s’agit d’une scène où le héros marche dans une rue (qui descend) et nous devrions apparaitre en arrière-plan, marchant dans le même sens que lui une dizaine de mètres derrière (précis, hein ? :D ).

Pitch allocine : Sung-nam, un jeune peintre coréen, doit, pour échapper à une arrestation fuir son pays. Il s’envole pour Paris et trouve refuge dans une pension du 14e arrondissement appartenant à un coréen. D’abord un peu perdu dans ce pays qui lui est inconnu, et souffrant de l’absence de sa femme, il traine dans les rues de Paris. Mais, il s’acclimate progressivement à la vie occidentale et fait la connaissance de deux jeunes Coréennes : Hyun-ju et sa colocataire Yu-jeong, une étudiante aux Beaux-arts. Au fil de l’été, il tombe de plus en plus amoureux de Yu-jeong et de Paris…

Deux films qui bénéficient d’excellentes critiques, alors si vous avez la chance d’habiter près d’une salle parmi la dizaine qui les projette, n’hésitez pas et foncez !

Love Letter - de Shunji Iwai (1995) Ecrit par Hyewon le 10.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Etant donné que c’est le mois du film japonais, j’ai choisi de regarder “Love Letter”. Ce film a donné aux Coréens l’occasion de découvrir le cinéma japonais. (Encore aujourd’hui, la Corée n’ouvre pas facilement la porte à la culture japonaise.) Il y avait plusieurs essais pour importer des films. Si je me souviens bien, ce film est un des premiers films japonais qui est sorti dans les cinémas coréens.

Ce film, cependant, était déjà populaire avant sa sortie : il existe une rumeur comme quoi deux cent mille vidéos illégales circulaient déjà en Corée. Ma professeur de Coréen au collège, elle aussi, l’a regardé en cachette dans une salle de l’université avec quelques amis. C’est elle qui m’a recommandée ce film. Quand il est sorti, plus d’un million de personnes ont accouru vers le cinéma.

Love Letter

Une jeune femme dont le fiancé est mort il y a deux ans, décide de lui écrire une lettre à son ancienne adresse. Curieusement, elle reçoit une lettre de Fujii Itsuku, une femme ayant le même nom que son fiancé défunt. Elles échangent des lettres pour partager chacune des souvenirs.

Ce qui m’attire dans ce film, plus que l’intrigue, ce sont les scènes qui nous montrent la beauté de l’hiver et la musique. En particulier, la scène, qui est devenue “la scène culte” où l’héroïne crie vers la montagne, est toujours belle. A cause de cette scène, beaucoup de jeunes coréennes ont commencé à apprendre la langue japonaise.

Même si ce film est un peu vieux (13 ans à peu près), il n’est pas démodé ou enfantin. Je vous conseille de le regarder. Avec quelqu’un si c’est possible. :)

Mes films japonais préférés Ecrit par Pierre le 06.07.08

Je réponds là à la question ouverte de Wildgrounds dans le cadre du fameux Cycle Cinéma Japonais, qui demande à tous les lecteurs et participants de citer la liste des films japonais qu’ils préfèrent.

Cycle Cinéma Japonais

Question toujours difficile même si ma liste de films à voir excède peut-être celle des films vus. Voici donc ce que je dirais en désordre :

- Les Sept Samourais : le plus grand film de tous les temps ?

- Dersou Ouzala : peut-être le premier film japonais que j’ai eu l’occasion de voir, quand j’étais encore tout jeune. Je me souviens qu’il m’avait profondément marqué.

- L’Eté de Kikujiro : pas facile d’en choisir un dans la filmographie de Kitano ! J’ai mis celui qui évoque le plus son côté poétique et empreint de fantaisie.

- Le Tombeau des Lucioles : celui qui ne verse pas une larme à la vue de ce film absolument bouleversant ne peut pas être humain ! Sur un thème proche je conseille à tous la lecture du manga “Gen d’Hiroshima“.

- Le Château dans le Ciel / Le Voyage de Chihiro : je n’arrive pas à me décider entre ces deux films sublimes de Miyazaki (j’ai toujours trouvé Princesse Mononoke un peu en deçà, mais je sais que beaucoup ne partagent pas cet avis).

- Baby Cart : j’en parlais encore récemment, ses jets d’hémoglobine et son héros bourru ont rendu la série culte. L’épisode 2, avec ses trois méchants tout droit venus de l’Enfer, est à mon sens le plus marquant (voir la critique d’Epikt à ce sujet).

- Noriko’s Dinner Table / Strange Circus : leur vision est encore récente et j’aurais besoin de les revoir pour totalement les digérer. Il s’agit en tout cas de deux des films les plus fascinants et dérangeants que j’ai eu l’occasion de voir !

- Battle Royale : un concept tellement jubilatoire !

- Cure : mon Kiyoshi Kurosawa préféré, mêlant suspense et horreur à la perfection.

Les Sept Samourais

The Chaser - de Na Hong-Jin (2008) Ecrit par Pierre le 05.07.08

Petite entorse au cycle de cinéma japonais avec ce film coréen qui mérite vraiment le détour. J’en avais un peu parlé pendant le festival de Cannes où il avait été remarqué, j’ai enfin pu voir “The Chaser”.

The Chaser

Un ancien policier devenu proxénète s’étonne de la disparition de “ses filles”. Il remarque alors qu’avant de disparaitre, elles avaient toutes été chez le même client, un client auquel il vient d’envoyer une nouvelle fille…

“The Chaser” est un film qui fait du bien. Alors que ces trois dernières années, le cinéma coréen semblait un peu se reposer sur ses lauriers : on a certes eu droit à un grand nombre de films “sympathiques” et agréables à regarder (mais faciles à oublier), ainsi qu’à de bons films de réalisateurs déjà instaurés. Mais ce qu’apporte de “The Chaser” dès ses premières images, c’est une ambiance nouvelle, quelque chose d’inattendu de la part d’un réalisateur débutant, qui intrigue et prend aux tripes.

Le début du film est vraiment très réussi, nous laissant sans trop en dire sombrer dans l’horreur sourde et glaciale du tueur. S’ensuit une course contre la montre impitoyable pendant laquelle le héros va se heurter à l’incompétence chronique de la police son pays (rappelant un peu “Memories of Murder” par moments), à ses propres démons et à la fille de celle qu’il a envoyé se jeter dans la gueule du loup.

L’ambiance est très travaillée : image, lumière, musique, tout respire la sueur et la peur. Le tout est mené par un grand duo de comédiens : si Ha Jeong-Wu est un habitué (très en vue en ce moment, il a tout un tas de projets), Kim Yun-Seok est une vraie bonne surprise, ses seconds rôles habituels n’ayant jusqu’alors pas laissé entrevoir un tel talent.

Le scénario pêche un peu sur la fin du film, là où il aurait pu nous achever totalement. Mais malgré tout, “The Chaser” nous laisse épuisés et béats du voyage. Na Hong-Jin rejoint Jang Jun-Hwan (”Save the green planet”) ou encore Park Kwang-Hyeon (”Welcome to Dongmakgol”) au rang des premières bonnes surprises, reste maintenant à transformer l’essai !

The Chaser

Zatoichi - de Takeshi Kitano (2003) Ecrit par Pierre le 01.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Pour débuter ce cycle, quoi de meilleur que de revoir un excellent Kitano ? Je ne suis pas un expert du cinéma japonais, surtout ancien (j’ai été biberonné aux Kurosawa et Baby Cart, mais ça s’arrête là) et n’ai jamais vu un des Zatoichi originaux, mais ce film constitue pour moi une synthèse parfaite entre les “vieux classiques” et le cinéma contemporain, avec un de ses plus glorieux étendards aux commandes. Je conseille donc vivement à tous les néophytes de voir ce film qui devrait attiser leur envie de découverte.

Zatoichi

“Zatoichi” nous fait suivre un bout de chemin du fameux masseur aveugle qui cache en réalité un redoutable samouraï. Alors qu’il fait escale dans une ville, Zatoichi fait la connaissance d’un couple de geishas qui va l’amener à affronter les membres de la pègre locale et le terrible ronin que ceux-ci ont engagé.

Ce film nous replonge avec délice dans l’ambiance des Baby Cart, avec ses méchants hirsutes et mal élevés, ses membres tranchés et ses jets d’hémoglobine. Hormis bien sûr les combats superbement réalisés, Kitano a apporté une délicieuse note d’humour omniprésente tout au long du film. Que ce soit la galerie de personnages pittoresques, les situations absurdes ou encore les géniales trouvailles de mise en scènes (voir les séquences avec les ouvriers et la musique !), ce film regorge de petits plaisirs et se laisse regarder avec jubilation.
Avec un film plutôt éloigné de ce qu’il a l’habitude de faire, Kitano s’en sort parfaitement tout en gardant sa patte personnelle qui le rend si attachant de film en film, une vraie réussite donc.

Zatoichi

(et en plus, Hyewon a aimé, oui oui un film japonais !)

Le Scaphandre et le Papillon - de Julian Schnabel (2007) Ecrit par Pierre le 15.06.08

Une fois n’est pas coutume, c’est un film français qui constitue notre dernier coup de coeur : j’ai nommé “Le Scaphandre et le Papillon”, vu avec un an de retard (mais mieux vaut tard que jamais).

Le Scaphandre et le Papillon

Il s’agit de l’histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine “Elle” et victime en 1995 du “locked-in syndrom”, cas extrêmement rare qui le laisse emmuré dans son corps, uniquement capable de bouger ses paupières. Grâce à son orthophoniste, il trouve un moyen de communiquer en dictant lettre par lettre à l’aide des battements de ses yeux, et entreprend d’écrire un livre.

Le Scaphandre et le Papillon

La grande force du film est de ne pas tomber dans le larmoyant en s’apitoyant sur le sort de Bauby, mais plutôt de laisser la part belle à ses deux seuls moyens d’évasion : l’imagination et la mémoire. Ainsi, le film est plein de poésie, parfois teintée d’amertume mais très belle, rendant hommage au texte magnifique de Bauby. La mise en scène et l’excellente musique contribuent à faire de ce film un voyage fascinant.

Mathieu Amalric est omniprésent, même s’il est invisible pendant une bonne partie du film puisque celui-ci se déroule depuis son angle de vue, proposant une vision assez effrayante et réaliste du syndrome qui le frappe. Mention également aux nombreux seconds rôles, qui sont vraiment tous excellents (je pense notamment à Marie-Josée Croze, Emmanuelle Seigner, Anne Consigny ou encore le trop rare Isaach de Bankolé), qui habitent le film en quelques plans et apportent à Bauby le courage de vivre.

Gros, gros coup de coeur que je vous conseille donc vivement !

Sorties DVD de Juin Ecrit par Pierre le 13.06.08

Quelques mois après l’excellent coffret “Suicide Club”, Kubik reviendra le 24 Juin prochain avec une double sortie pour le moins intéressante.

Crying Fist

Le premier des deux est un film coréen encore inédit en France et que j’ai eu la chance de voir en Corée. Le réalisateur n’est pas inconnu puisqu’il s’agit de Ryu Seung-Wan, dont les films “No Blood, No Tears”, “City of Violence” sont déjà sortis ici. Ce film qui est un de ses meilleurs met en scène l’histoire parallèle de deux boxeurs aux parcours totalement différents, tout deux très difficiles, qui sont amenés à s’affronter. Deux personnages excellemment joués par le propre frère du réalisateur (Ryu Seung-Beom) et par Choi Min-Sik (”Old Boy”, “Ivre de femmes et de peinture”…), dans ce qui reste son dernier film à ce jour (en attendant un prochain retour). Un film dur et prenant qui monte crescendo jusqu’au final ahurissant, et qui m’avait laissé un très bon souvenir.

Tokyo Zombie

Je n’ai encore jamais vu le second, mais cela fait un moment qu’il me tente. “Tokyo Zombie” a l’air d’un film totalement barge et (je l’espère) jubilatoire. Il suffit de voir le pitch pour cerner l’ambiance : “Adaptation du manga de Hanakuma Yusaku, “Tokyo Zombie” dépeint la morne existence des collègues de travail Fujio et Mitsuo, qui passent leur temps à s’entraîner au jujitsu. Leur quotidien sera passablement bouleversé par l’intrusion de zombies, cadavres vivants se soulevant de la proche décharge “Black Fuji”. Fujio ne résistera pas à l’attaque des mort-vivants. Cinq ans plus tard, tout le Japon est sous emprise des zombis; seule une poignée d’humain sa réussi à se cloîtrer dans une grosse tour, où ils organisent des jeux de combat à vie et à mort entre morts et vivants. Mitsuo aura à affronter son ancien sensei, Fujio en un dantesque duel.“. ;)