Compte-rendu Paris Cinéma 2010 (1) Ecrit par Pierre le 10.07.10

Le festival touche à son but et toujours pas d’article ici ? Rassurez-vous, le flemmard que je suis ne s’est pas défilé, c’est juste le manque de temps. Voici une première fournée riche en bon film, en attendant la suite.

I Love Thee for Good – Ryusuke Hamaguchi (2010)
“I Love Thee for Good” était en quelque sorte le film parfait pour commencer le festival en douceur : très court et sans grande prétention (sans ambition aussi) mais tout de même assez frais et sympathique. Quelques heures avant leur mariage, deux jeunes fiancés traversent une sérieuse crise conjugale. L’occasion de se moquer gentiment des clichés sur le mariage au Japon, notamment de l’attitude de la famille (par exemple l’importance pour le père de marier sa fille). Le tout est assez conventionnel mais comporte des personnages amusants : un ancien amant modèle de nu dont tombe amoureuse une dessinatrice à la bouille irrésistible, une bande de musiciens qu’on voit répéter une ballade rock pendant tout le film et qu’on retrouve finalement en choristes à l’église lors du mariage… Pour une raison que j’ignore, le film était présenté dans un format recadré sauvagement en 4:3 et amputé d’une bonne partie de l’image sur les côtés, ce qui donne lieu à des plans cocasses où seul le bout du nez des personnages apparaissait à l’écran, rappelant un peu les dézooms foirés d’un Hong Sang-Soo. Très vite oublié, mais OK pour l’apéro.
Note : 2.25/5.

Vibrator – Ryuichi Hiroki (2003)
On passe direct au niveau supérieur avec “Vibrator”, film de 2003 que je découvrais à l’occasion tout comme son actrice principale Shinobu Terajima (dont c’était visiblement le premier film, elle qui vient du théâtre). Rei, une femme complètement paumée rencontre au hasard d’une station service un routier mystérieux. Sur un coup de tête, elle décide de faire un bout de chemin avec lui. Ce film réussit de manière assez incroyable à nous faire rentrer dans ce personnage, le comprendre et ressentir, partager ses émotions les plus profondes. On doit cela d’une part à une narration assez subtile : à l’extérieur, Rei n’est pas très bavarde. Dans sa tête au contraire, c’est un fourmillement de voix presque oppressant. Enfin, ce qu’elle ressent vraiment est exprimé par des inserts de texte blanc sur fond noir à la manière des films muets, forme minimaliste pour exprimer ses sentiments les plus intimes. Ce sont d’ailleurs ces derniers, sans image ni son, qui émeuvent le plus. Ces trois niveaux de lecture permettent d’illustrer de manière naturelle toute la complexité du personnage. D’autre part, l’interprétation éblouissante de Shinobu Terajima donne une autre dimension au film tellement elle habite ce personnage. Ce n’est jamais l’actrice que l’on voit mais bel et bien Rei avec toutes ses blessures. La scène où celle-ci fait une crise d’angoisse dans une station-service, puis la scène du bain qui s’en suit sont à couper le souffle d’émotions brutes (pour tout vous dire, jamais une scène de vomi ne m’avait autant happé !).
Note : 4/5.

Pyupiruu 2001-2008 – Daishi Matsunaga (2010)
On enchaine avec un documentaire sur un artiste plastique plus qu’étonnant dénommé Pyuupiru. Le grand intérêt de ce film est que son réalisateur, très proche de l’artiste, l’a suivi depuis ses débuts pendant huit années et nous fait découvrir son évolution à la fois personnelle et artistique. On part d’un jeune garçon en casquette mal dans sa peau qui ne sait pas trop ce qu’il veut faire pour découvrir ensuite la naissance de l’univers unique et coloré de l’artiste, dans lequel le corps, son propre corps, va tenir une place centrale. Un corps dans lequel Pyuupiru ne se sent pas bien et qu’il va s’efforcer de transformer pour le rendre plus féminin. Nous partageons ses doutes, ses souffrances et ses réussites. Le résultat est déjà époustouflant en lui-même, il est encore plus attachant éclairé par ce film.

Typhoon Club – Shinji Somai (1985)
Réalisé en 1985, “Typhoon Club” est un film culte réputé pour avoir marqué une génération entière de cinéastes au Japon. Je l’ai vu et ne serai donc pas pendu. A part ça, j’ai évidemment été subjugué par ce film et sa réalisation tout en mouvement, ses plans-séquences de dingue, son ambiance chaotique et ses scènes toutes plus marquantes les unes que les autres. Et ses jeunes qui dansent ! La nuit près d’une piscine, dans une salle de classe, sur une scène de théâtre et enfin sous la pluie battante causée par le typhon. La fièvre et le malaise de ces fils et filles de paysans (comme les appelle leur professeur) livrés à eux-mêmes n’aura jamais été aussi bien retranscrit à l’écran. Je me mords les doigts d’avoir raté “The Catch”, le deuxième film du réalisateur présenté ici, mais je note cette filmographie de plus à explorer.
Note : 4/5.

Pure Asia – Ikki Katashima (2010)
Assez bizarrement, je ne pense pas que ce film soit aussi maitrisé ou cohérent qu’un “Vibrator” ou un “Typhoon Club”, mais pourtant c’est bien celui-ci qui m’a le plus enthousiasmé et surpris, un gros coup de coeur. Dans une station de train déserte, un jeune homme est racketté par une bande de voyous quand surgit une fille mystérieuse qui le tire d’affaire. Lorsqu’il la croise quelques jours plus tard, celle-ci se fait mortellement agresser sous ses yeux impuissants en raison de sa tenue (un hanbok, robe traditionnelle coréenne). Lors de l’enterrement, il découvre que sa bienfaitrice avait une soeur… C’est le point de départ d’un road-movie totalement surprenant mêlant romance décalée et revendications politiques (ils décident d’aller gazer des nationalistes japonais en représailles !). “Pure Asia” est un film particulièrement vivant et audacieux, dans sa forme comme dans son contenu. Les images en noir et blanc sont très belles et le film regorge de trouvailles tantôt poétiques (les fausses vagues), tantôt ludiques. Il contient également l’une des scènes de karaoké les plus jubilatoires vues jusqu’à présent ! L’histoire est également surprenante : il fallait oser mettre en scène ces deux jeunes exaspérés par une société individualiste et raciste aussi bien que par leurs parents insupportables devenir des terroristes en puissance pour constater avec désespoir leur incapacité à changer le monde. Les quinze dernières minutes sont d’ailleurs assez déstabilisantes puisqu’on ne sait plus vraiment où veut en venir le réalisateur (apologie du terrorisme, message de paix maladroit ?!). Je m’en serai volontiers passé mais elle permet tout de même une dernière minute délicieusement rock’n roll. J’ai envie de le revoir, c’est un signe qui ne trompe pas (espérons que malgré son sujet polémique il trouve un distributeur au Japon et à l’étranger).
Note : 4.25/5.

Solanin – Takahiro Miki (2010)
Adapté d’un manga, “Solanin” raconte les doutes d’une bande de jeunes adultes à leur entrée dans la vie active. Peu intéressés par leurs emplois respectifs, ils décident de se lancer à fond dans la musique. Commençons d’abord par le gros côté positif : la présence au casting d’Aoi Miyazaki qui nous gratifie de ses habituelles mimiques irrésistibles tout au long du film, ce qui rend tout de suite le film beaucoup plus supportable. Car même si le film est assez drôle par moments, il est desservi par un scénario tout moisi, ultra-prévisible et cliché à souhait, dans lequel les personnages passent la moitié du temps à se regarder le nombril en se pleurant dessus (“ah c’est trop dur de se lever le matin pour travailler, moi je veux vivre de la musique”). Les scènes de concert sont plutôt réussies (surtout la dernière) mais finalement peu nombreuses, et les deux heures du film mettent quand même longtemps à passer.
Note : 2/5.

Reste du compte-rendu : 2ème partie3ème partie

Rétro Lee Man-Hee (suite) Ecrit par Pierre le 20.06.10

Je poursuis et termine ma rétrospective Lee Man-Hee avec deux autres films : “Black Hair” (1964) et “La Route de Sampo” (1975).

“Black Hair” est un film très bizarre, porté par un intrigue invraisemblable. Il met en scène une bande de gangsters dirigée par un chef redoutable et régie par une série de “règles”, une sorte de code de l’honneur. Lorsque la propre femme du chef se fait violer, celui-ci n’a d’autre choix que d’appliquer ses propres règles : défigurer sa propre femme puis la condamner à la prostitution… Beaucoup plus que son scénario déroutant auquel on ne comprend longtemps pas grand chose, c’est le style du film que j’ai beaucoup aimé. Les méchants ont des gueules pas possibles, enchainent des répliques cultes (“C’est quoi, ce feu ? – C’est une immolation.”) et les actions débiles, du genre se planter un couteau dans la main pour montrer qu’on est le plus fort. Le gentil chauffeur qui va sauver la belle héroïne est droit dans ses bottes (et il a même un pote chirurgien esthétique, si c’est pas beau ça).
“Black Hair” propose également une vision de la ville comme on n’en a pas l’habitude : ses bordels, ses rues glauques, ses drogués, ses swinging bars. Tout cela est très noir, moderne et souvent très beau (la version restaurée était splendide). On a même droit à un petit épisode Woodstock totalement surréaliste avec la jeunesse dorée de l’époque en train de danser puis de planer dans l’herbe. A défaut d’y comprendre grand chose, on est tout de même happé par cet univers et le film se révèle particulièrement jouissif et divertissant.

“La Route de Sampo” est le dernier film réalisé par Lee Man-Hee, le réalisateur étant décédé pendant le montage du film. Commençons donc par le gros point noir du film : je n’ai jamais vu un film coréen aussi mal doublé ! Je ne parle pas de doublage en français mais bel et bien de doublage en coréen, pratique qui était monnaie courante à l’époque : presque tous les dialogues étaient enregistrés après coup (d’ailleurs je me demande à partir de quelle année cette pratique a cessé). Mais il faut bien admettre que dans ce film, l’effet est catastrophique. On se mélange les pinceaux entre les deux personnages masculins : parfois c’est l’un qui parle et l’autre qu’on entend, parfois leurs lèvres bougent et aucun son n’en sort. Lors d’une scène en théorie “calme”, la fille regarde dans le vide, songeuse et le visage impassible. En bande-son, des ricanements féminins hystériques et suraigus : voilà comment gâcher un joli plan. Je ne sais pas à quoi est du un tel ratage, peut-être à la censure ?
C’est bien dommage puisque le film a des qualités et cette odyssée de trois personnages un peu marginaux est même assez attachante. Comme souvent j’ai l’impression avec Lee Man-Hee, c’est mieux filmé que la moyenne et quelques plans sont sublimes ou bien pensés. Les relations et sentiments naissants entre les trois personnages sont riches (amitié, paternité, amour) et bien développées. Kim Jin-Gyu, acteur monument du cinéma coréen (“The Housemaid”, “L’Invité de la chambre d’hôte et ma mère”, “Samyong le muet”, etc), apparait vieilli et particulièrement émouvant. Dommage que le final donne lieu à une séquence d’adieu en mode mélo interminable.

A travers quelques films, cette rétrospective à la Cinémathèque nous a permis de découvrir une vraie personnalité derrière la caméra, un vrai style qui donne envie d’en connaitre plus. A quand une sortie DVD pour tous ces films ?

Holiday – de Lee Man-Hee (1968) Ecrit par Pierre le 15.06.10

Projeté dans le cadre de la Rétrospective consacrée à Lee Man-Hee à la Cinémathèque, “Holiday” est un film réalisé en 1968 et surprenant à plusieurs niveaux en comparaison des autres films produits en Corée dans les années 60.

Un homme sans le sou rend visite comme tous les dimanches à la femme qu’il aime. Celle-ci est enceinte mais le couple n’ayant pas les moyens d’élever un enfant, ils doivent chercher de l’argent pour payer l’avortement. Le film étonne dès le début par son rythme très lent et son côté esthétisant peu courant à l’époque. Les deux personnages parlent, s’aiment et se lamentent devant un paysage désolé. Le réalisateur alterne les gros plans sur les visages des personnages et les plans d’ensemble illustrant leur solitude au milieu de la neige. Plus tard, l’homme rend visite à toutes ses connaissances pour leur demander de l’argent, ce qui constitue la partie la moins intéressante du film, même si elle est parfois teintée d’humour.
C’est à mon sens dans la dernière partie que le film prend toute sa grandeur lorsque l’homme, pendant que son amante est à l’hôpital, rencontre une femme dans un bar et part avec elle. Tous deux sont ivres et s’amusent alors qu’ils parcourent un chantier abandonné. Cette scène constituée de longs plan-séquences est tout bonnement magnifique : la caméra flotte au milieu de ce décor fantôme tandis que les deux personnages jouent, se cachent derrière les pylônes et essayent de s’embrasser. Leur état d’excitation est merveilleusement bien capturé et nous fait oublier comme au personnage principal la gravité de la situation. Quelques instants plus tard, l’homme sera roué de coups, toujours dans ce chantier. Cette fois, la bagarre est filmée du dessus, nous offrant un point de vue original dans ce décor étrange magnifié par le noir et blanc. Par son utilisation efficace des points de vue et de la profondeur de champ, le film contraste avec le reste de la production de l’époque dont le rendu était assez “plat”.

En parallèle à ce style très prononcé, “Holiday” aborde également des thèmes peu communs dans les films coréens de l’époque, soumis à une forte censure. D’abord, le climat social misérable dépeint par le film est bien loin des films “de qualité” (autrement dit, de propagande) vantant les mérites du pouvoir. Ensuite, les scènes montrant les personnages en train de s’embrasser ou de s’étreindre fougueusement surprennent quand on connait le contexte de l’époque. L’explication est bien simple : les censeurs ont demandé à Lee Man-Hee de modifier son film, notamment la fin pour montrer le héros se couper les cheveux et rejoindre l’armée. Devant le refus du réalisateur, le film ne sortit jamais en salles et c’est seulement en 2005 qu’il fut redécouvert. Cette absence de diffusion en salles à l’époque explique que le film conserve ce côté libre et audacieux que nous pouvons aujourd’hui apprécier.

Le film sera rediffusé le dimanche 20 juin prochain à la Cinémathèque.

Programme Paris Cinéma 2010 : ouch! Ecrit par Pierre le 10.06.10

La programmation du festival Paris Cinéma 2010 a été dévoilée aujourd’hui, et cette édition mettant le Japon à l’honneur s’annonce particulièrement excellente. Une montagne de films de tous genres sera projetée, parmi lesquels, enfin et hallelujah : “Tetsuo : the Bullet Man” de Shinya Tsukamoto ! Mais ce sera loin d’être le seul film intéressant, je conseille notamment “All Around Us” (Ryosuke Hashiguchi) à tous ceux qui ne l’ont pas vu. Au programme également : des hommages à Koji Wakamatsu et Akira Kurosawa, focus sur Shinobu Terajima et Rinko Kikuchi… des tonnes de choses à découvrir.

Côté cinéma coréen, nous pourrons visionner en avant-première les deux films présents en compétition lors du dernier festival de Cannes : “The Housemaid” (Im Sang-Soo) et “Poetry” (Lee Chang-Dong). Autre film à ne rater sous aucun prétexte : le chinois “City of Life and Death” dont je vous disais le plus grand bien ici et qui sortira par ailleurs en salles le 21 juillet prochain (il FAUT le voir en salles). Ce sera également l’occasion de voir ce fameux “Oncle Boonmee”, palme d’or à Cannes.

Le détail de cette programmation richissime est disponible sur le site officiel du festival. Vivement juillet. Tetsuoooooooo!

Via Cinémasie

Hahaha – de Hong Sang-Soo (2010) Ecrit par Pierre le 03.06.10

Grâce à la reprise au Reflet Médicis de la sélection cannoise “Un Certain Regard”, j’ai enfin pu voir le dernier Hong Sang-Soo au titre si évocateur : “Hahaha”. Et cette fois encore plus que dans son film précédent (“Like you know it all”, sorti début mai sous le titre très français “Les Femmes de mes amis”), ce Hong Sang-Soo ouvertement comique a réussi à m’embobiner…

L’aspect qui m’avait le plus plu dans “Like you know it all” était justement l’intrusion, au milieu des habituels déboires sentimentaux de son héros, de personnages un peu allumés (en l’occurrence, Jeong Yumi et Ha Jeong-Woo) qui donnaient lieu à des scènes totalement absurdes et hilarantes. Dans “Hahaha”, ce sont carrément les quatre personnages principaux qui sont gentiment déglingués, et Hong Sang-Soo nous offre un véritable festival d’humour décalé. Kim Sang-Gyeong est “réalisateur et professeur” mais se révèle vite “viré et n’ayant réalisé aucun film”, usant des subterfuges les plus moisis pour conquérir une femme (comme par exemple lui offrir un bracelet en plastique pitoyable). Il faut le voir avec cet air naïf se prenant une raclée tout en feignant de contrôler ses forces ! Moon Sori est une guide susceptible et tellement éprise de l’amiral Yi Sun-Sin (dont elle raconte la vie toute la journée) qu’elle en vient à reprocher aux visiteurs la médiocrité de leur existence, lors d’une superbe tirade qui introduit son personnage. Enfin, le couple formé par Yu Jun-Sang et Ye Ji-Won est tout bonnement irrésistible : lui est dépressif avec toujours le sourire aux lèvres, elle est folle de lui au point d’avoir constamment la mine fiévreuse en sa présence. Ca reste du Hong Sang-Soo (on boit, on parle, on couche), mais cette galerie inédite de personnages, leurs dialogues et leurs actions totalement absurdes constituent vraiment le point fort du film, qui se révèle très drôle et joussif (d’un côté vu le titre, le contraire aurait été un comble).

Passons ensuite à ce qui fâche : côté réalisation, Hong Sang-Soo n’a pas changé. Nous avons donc droit à ses deux uniques mouvements de caméra (rappel : la rotation et le zoom) de manière totalement hasardeuse. Si encore sa réalisation était transparente, on pourrait y prêter moins attention, mais là on ne voit que ça ! Ses incessants recadrages mal calculés au moyen d’un léger zoom qui finissent par couper une partie du personnage piquent les yeux tout au long du film. Il faut vraiment faire un effort pour ne pas faire une fixation dessus sinon cela peut vraiment devenir horripilant. J’avoue avoir plutôt bien réussi à faire abstraction au fur et à mesure du film, bien aidé par les hurluberlus à l’écran. Notons toutefois quelques plans réussis, notamment un baiser dans un restaurant, l’un des rares mouvements de caméra aboutissant sur quelque chose de beau et de bien cadré. La narration est une fois de plus découpée en deux parties, mais cette fois-ci les deux segments sont montés en parallèle, ce qui permet de mieux maintenir l’intérêt tout au long du film (contrairement par exemple à “Like you know it all” ou “Turning gate”, où une deuxième intrigue commence en plein milieu du film).

L’évolution du cinéma de Hong Sang-Soo est quand même assez marrante et inverse à la normale : au lieu de nous pondre de l’auteur de plus en plus poussé, il se relâche un peu plus à chaque film. Et comme je commence à croire qu’il n’y a plus aucun espoir qu’il change sa manière de filmer, je me réjouis qu’il amène au moins le fond de ses films dans cette direction (même si maintenant, je ne vois pas trop comment il pourrait mener ça plus loin).