Brothers - de Yu Hua (2005) Ecrit par Pierre le 09.10.08

Envouté par son Vendeur de Sang, j’ai décidé de poursuivre l’exploration de l’oeuvre de Yu Hua avec son dernier ouvrage. “Brothers” est de ces romans imposants qui vous embarquent, vous emportent tel un tourbillon pour vous déposer quelques 716 pages plus tard, épuisé et béat à la fois, l’impression d’avoir tout traversé.

brothers

L’histoire débute sur une description jubilatoire d’un jeune homme, Li Guangtou, découvert en train d’observer les fesses des filles dans les toilettes publiques, et surtout de comment celui-ci parvient à retourner la situation en monnayant à tout le bourg ses précieuses descriptions. Événement révélateur de la roublardise et de l’opportunisme du gamin, au contraire de son frère, Song Gang, plus droit et intègre. Deux destins croisés, sensiblement opposés mais étroitement liés. Deux destins dont on ne manque pas une minute, depuis la naissance jusqu’à l’apogée ou la déchéance.

Avec à la fois beaucoup d’humour (certaines situations absurdes sont à se rouler par terre) et de sensibilité, Yu Hua a réussi avec brio un roman sur la fraternité, mais aussi et surtout sur la Chine, cette Chine tantôt misérable tantôt gigantesque, dont l’évolution va dicter celle de nos deux frères. De la Révolution Culturelle à l’Industrialisation, de Mao aux premiers astronautes chinois dans l’espace, il dépeint une Chine vivante, une Chine des masses, fourmillante et pleine d’excès, aussi attirante qu’effrayante.

Il s’agit vraiment d’un des tous meilleurs livres que j’ai pu lire récemment, il m’a tellement “happé” que j’ai fini par l’emmener partout avec moi (il pèse son poids :) ) jusqu’à en dévorer la dernière page avec une pointe de nostalgie, réalisant la fin imminente de quelque chose d’aussi puissant. Vous savez ce qu’il vous reste à faire ;)

Sad Dream, de Kim Ki-Duk - Trailer rallongé et sous-titré Ecrit par Pierre le 05.10.08

Attention, grosse exclu Dooliblog (ou pas), j’ai mis la main sur une copie très privée du trailer du prochain Kim Ki-Duk, “Sad Dream” (”Bimong” en coréen), dans une version légèrement plus longue et surtout avec des sous-titres en anglais (bon, en fait je l’ai juste trouvée sur le site du festival de San Sebastian). Elle avait du passer un peu inaperçue car totalement absente sur youtube. La voici donc pour vous ;)

On trouve pas mal d’articles sur le film ces derniers-jours, je vous conseille :
- une première critique (positive) sur Dvdrama. Je cite : “On sait depuis Time que Kim Ki-Duk a tourné une page en abandonnant ses obsessions aqueuses; en faisant parler des personnages qui jusque là se réfugiaient dans le mutisme; en explosant ses propres conventions - pour le meilleur. Avec son nouveau film, il livre une symphonie faite de situations ressassées et de variations brûlantes sur l’amour et expérimente comme un fou à travers un thriller romantique oscillant entre réalité et onirisme. Le spectateur se perd dans le même gouffre que les personnages qui ne savent plus distinguer ce qui relève du vrai et du faux.”
- des photos inédites des décors du film
- la conférence de presse du festival de San Sebastian sous-titrée en anglais

Cycle “Presidents made in Hollywood” sur TCM Ecrit par Pierre le 04.10.08

J’ai eu la chance d’être invité jeudi dernier à une soirée spéciale “blogueurs” organisée par la chaine de cinéma TCM à l’occasion de son cycle “Presidents made in Hollywood”. Durant tout le mois d’octobre, alors que la campagne présidentielle bat son plein aux Etats-Unis, la chaine diffuse toute une série de films mettant en scène le président américain. L’occasion de découvrir multiples représentations de ce “personnage” suivant les films et les époques.

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Petit aperçu du programme :

- Bob Roberts, de Tim Robbins (1992)
- Bienvenue Mister Chance, d’Hal Ashby (1979)
- Nixon, d’Oliver Stone (1995)
- Gabriel au-dessus de la Maison Blanche, de Gregory La Cava (1933)
- Les coulisses du pouvoir, de Sidney Lumet (1986)
- Vers sa destinée, de John Ford (1939)
- Président ? Vous avez dit Président ?, de Peter Segal (1996)
- Complot à Dallas, de David Miller (1973)
- Président d’un jour, d’Ivan Reitman (1993)
- Sept jours en mai, de John Frankenheimer (1960)

Un documentaire réalisé spécialement pour l’occasion, et intitulé “Les films du président”, nous a été diffusé au début de la soirée. Soirée qui s’est prolongée sur un débat passionnant avec le producteur du film ainsi que Christian Viviani, rédacteur à Positif (qui consacre également un dossier aux présidents américains ce mois-ci) et grand spécialiste du cinéma américain.

J’ai bien apprécié le documentaire, même si la qualité de ses intervenants était très inégale (mention spéciale à Alain Corneau). Autre point négatif, la moitié des extraits était en VF (sacrilège!), pour des raisons techniques dixit le producteur (en gros il aurait fallu tout re-sous-titrer). Cela dit, la diversité des films évoqués et leur mise en parallèle avec l’histoire des Etats-Unis était très pertinente, tout comme l’exploration des “codes” du président (Air Force One, le bureau ovale, le bouton rouge…).
La manière dont l’image du président américain a évolué tout au long des films et de l’histoire est particulièrement intéressante, notamment à quel point le cinéma a pu influencer la réalité (un noir ou une femme à la présidence ? le cinéma l’avait déjà fait). Au départ représenté au même titre que Dieu, totalement sacralisé, le président est devenu tour à tour moralisateur, vulnérable, humain, salaud, quasi super héros…

Détail qui a toute son importance, les films du cycle devraient être diffusés en clair ;) Un grand merci à TCM pour cette soirée tout-à-fait passionnante (et ma watchlist qui ne cesse de s’allonger…) !

Littérature d’Asie Ecrit par Pierre le 28.09.08

Pour les amateurs de littérature asiatique qui manient aussi (un peu) la plume, l’Institut pour la Traduction de la Littérature coréenne (Séoul), le Département d’Études asiatiques et l’Équipe de Recherche « Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction » de l’Université de Provence organisent conjointement un concours de compte-rendu de lecture. Le livre choisi n’est autre que “Nokcheon”, de l’écrivain et cinéaste Lee Chang-Dong (”Oasis”, “Secret Sunshine”).
Plutôt que de tout répéter, je vous invite à vous rendre sur le blog de Jérôme, qui détaille toutes les informations nécessaires pour participer. Je me suis bien évidemment inscrit :D

nokcheon

A cette occasion, j’ai pu découvrir un blog très intéressant, celui de l’Équipe de Recherche « Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction » mentionnée ci-dessus : http://jelct.blogspot.com/. Il présente non seulement l’actualité des parutions et événements liés à la littérature asiatique en France, mais aussi des présentations et suggestions de livres. Le blog évoque aussi des questions très intéressantes liées à la traduction de ces ouvrages “vu de l’intérieur”.
J’y ai trouvé mon bonheur, avec notamment des articles sur la littérature coréenne, Hwang Sok-Yong ou encore Yu Hua (dont je viens de finir l’excellent “Brothers”, sur lequel je reviendrai très bientôt). Je pense qu’il devrait intéresser certains d’entre-vous ! ;)

Carte des restaurants coréens de Paris Ecrit par Pierre le 25.09.08

Nous avons récupéré récemment un petit guide des restaurants coréens de Paris fort sympathique. Je me suis amusé à tous les placer sur une carte : où que vous soyez dans Paris, vous pourrez ainsi trouver un restaurant coréen à proximité ;) On remarque que certains quartiers sont particulièrement bien garnis (le 15ème notamment), et que certains restaurants ont des noms sympathiques (”Oh! Chapeau” ou encore “Chez Maman”.

Ceci donnera lieu à une nouvelle série d’articles sur Dooliblog, à savoir nos impressions sur tout ces restaurants que nous avons bien l’intention de tester ! Ca ne se fera pas à un rythme effréné : en imaginant d’essayer 2 restaurants par mois, il faudrait presque 2 ans pour tous les faire !


Agrandir le plan

Toutes les idées pour enrichir ou exploiter cette liste sont les bienvenues. Et si vous connaissez des restaurants que j’ai oublié, faites moi signe. Bon appétit ! ;)

Brèves - Cinéma coréen (suite) Ecrit par Pierre le 22.09.08

Avis aux amateurs de cinéma coréen, voici un blog à suivre de près ! L’ami Sébastien Ferrandiz redonne vie à son blog, “Le Zèbre“, consacré à l’actualité du cinéma coréen, mais aussi (je cite), de pages d’informations sur le cinéma coréen à destination des étudiants, chercheurs, journalistes ou cinéphiles qui seront accompagnées de bibliographies détaillées. Au menu de ces premiers jours, un Bilan de l’année 2008 avant le PIFF, et Sony Video quitte le marché du DVD coréen.

le-zebre

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le trailer du prochain Kim Ki-Duk (”Bimong”) est disponible depuis une dizaine de jours. Il me laisse une impression positive, et le sentiment qu’on se dirige vers quelque chose de différent par rapport à ses derniers films. Voici le trailer pour les retardataires (via WildGrounds)

Ironie du sort, alors que son film tourne autour d’un mystérieux accident de voiture, Kim Ki-Duk a lui-même été victime d’un accident de voiture il y a quelques jours (sans gravité), mais qui l’empêchera d’assister à la présentation de son film au Festival International du Film de San Sebastian (qui bat son plein depuis quelques jours). Il devrait toutefois présenter son film (en compétition) par vidéoconférence.

Green shower Ecrit par Hyewon le 17.09.08

Est-ce que vous connaissez la fameuse green shower (en coréen 삼림욕) ? Je vais vous raconter une anecdote à ce sujet. (Oui, c’est une histoire vraie.)

A l’arrivée du Parc Hanlim, nous (Pierre et moi) avons regardé le plan. Pierre a vite trouvé une chose intéressante : “green shower” (qui est d’ailleurs au sommet de la montagne). Moi, qui n’aime pas du tout la randonnée et qui savais ce que c’était, j’ai expliqué “Ce n’est pas ce que tu penses, il y a des arbres et on respire et puis c’est tout…” Mais il n’a pas bien compris mon explication et insisté pour qu’on y aille.

Nous avons transpiré comme des fous… et moi, j’ai du m’arrêter pour me reposer sur une roche plusieurs fois. Nous sommes montés jusqu’au sommet quand même. Pierre a cherché une cascade et m’a demandé “C’est où la douche ?” Je ne savais pas quoi dire. Alors j’ai encore expliqué, “La green shower n’est qu’une respiration avec des arbres. On profite la nature et des arbres qui sont GREEN”. A ce moment là, il a compris que ce terme n’était qu’une expression coréenne traduite mot-à-mot en anglais…

Je ne sais pas si 삼림욕 est traduit en green shower partout. Comment vous appelez ça ? Moi, je vais appeler ça “La respiration dans la nature”.