Rétrospective Lee Man-Hee en juin à la Cinémathèque Ecrit par Pierre le 14.05.10

Du 2 au 21 juin prochain aura lieu à la Cinémathèque une rétrospective sans précédent consacrée à l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma sud-coréen, Lee Man-Hee. Au programme, on trouve 12 films réalisés entre 1963 et 1975 (date de son décès).

Il s’agit là d’une occasion unique pour découvrir un pan de la cinématographie inédite de ce cinéaste dont les films sont réputés pour proposer une vision beaucoup plus profonde que la caricature dont on a l’habitude avec les films de propagande de l’époque. Cette attitude lui a d’ailleurs valu des problèmes avec les autorités, il sera même une fois arrêté et emprisonné (pour avoir dépeint des soldats nord-coréens de manière trop humaine), tandis que plusieurs de ses films seront amputés ou carrément interdits (c’est le cas du film “Holiday”, présenté dans cette rétrospective, interdit car Lee Man-Hee refusa de modifier la fin comme la censure le lui demandait). Notons enfin que son film “Black Hair” (photo ci-dessus), présenté comme “un chef d’oeuvre bizarre du cinéma noir” sera projeté dans une version restaurée.

Ca se passe ici pour l’intégralité du programme. Rendez-vous donc à la Cinémathèque en juin pour les curieux.

Floutage absurde Ecrit par Hyewon le 02.05.10

La photo ci-dessus est issue d’une des scènes de “Chuno” (une série coréenne) qui m’a particulièrement marquée. Alors, regardons cette photo. Il y a un homme et une femme au premier plan. Vu l’arrière plan, ils sont dehors. En haut à droite de la photo, il y a une marque “15″. Cela veut dire que cette scène est interdit au moins de 15 ans. Ce genre de marque apparait sans cesse pendant le drama, parfois de manière assez incompréhensible, lorsque les mains des deux personnages s’effleurent. Qui a fait le floutage sur les seins de l’actrice ? Ce n’est pas moi mais c’est KBS, la chaine qui diffuse la série, qui l’a fait. Parce que c’est trop “érotique” pour les familles qui regardent cette série. ;)

Comme vous voyez, à gauche il y a Lee Hyori (chanteuse coréenne) qui chante ou danse dans une émission de télé. La photo à droite est une affiche de publicité pour une marque de soju qu’on peut trouver partout en Corée. L’actrice Ha Jiwon exprime la qualité de “fraîcheur” du soju avec tout son corps.
Ce n’est que mon avis, mais je trouve que la tenue de Lee Hyori et la pose de Ha Jiwon sont plus “érotiques” que la première photo.

Je pense qu’il n’y a pas de règle convenable pour ce genre de situation. Parfois, ils sont trop tolérants et parfois ils sont hyper stricts, ce qui donne ce genre de situation ridicule. Enfin bref, ces trois photos n’ont rien de choquant pour vous les Français…

Talk To Me In Korean Ecrit par Pierre le 25.04.10

Mon dernier article consacré à KoreanClass101 avait récolté un paquet de commentaires et intéressé pas mal d’autres galériens tentant d’apprendre le coréen. Un nouveau site du même genre (d’ailleurs créé par Sun Hyunwoo, un ancien de KoreanClass101) existe depuis un peu plus de 4 mois et s’avère particulièrement intéressant : Talk To Me In Korean.

Ce site joliment designé propose lui aussi des leçons de coréens au format MP3 avec un support PDF, avec également des “workbooks” toutes les 10 leçons pour retravailler les notions étudiées. La principale différence avec KoreanClass101 est qu’il est entièrement gratuit, et compte à priori le rester. On trouve bien sur le site une boutique proposant des ouvrages ponctuels (par exemple “Korean Movie Phrases from 2009″ qui regroupe les 200 phrases les plus utilisées dans les films coréens de 2009, 4$ audios inclus), mais tout le contenu venant enrichir le site chaque jour est gratuit.

Autre côté positif, le site est géré par une bande de passionnés hyperactifs qui d’une part répondent à tous les commentaires et à toutes les questions avec une rapidité impressionnante, d’autre part propose une multitude de contenus variés en plus des leçons traditionnelles : conversations en coréen sur un sujet, interviews, leçons en vidéo, ainsi que plusieurs side projects tels que Korean Word of the Day, Today In Korean ou encore cette nouvelle chaine youtube. Ca fait beaucoup et permet de s’immerger dans la langue de différentes façons. Il n’y a qu’à espérer que leur enthousiasme dure le plus longtemps possible.

2 films coréens en compétition à Cannes Ecrit par Pierre le 15.04.10

Une petite breaking news pour vous annoncer la présence de deux films coréens en compétition lors du festival de Cannes 2010. On se demandait qui du sulfureux “The Housemaid” de Im Sang-Soo et du mélodramatique “Poetry” de Lee Chang-Dong aurait les faveurs d’une telle sélection (en imaginant un scénario similaire à l’an dernier où “Thirst” était en compétition et “Mother” à Un Certain Regard), et bien ils ont finalement été choisis tous les deux.

Et en cadeau bonus, la présence dans la sélection Un Certain Regard du nouveau Hong Sang-Soo, le bien-nommé “Hahaha”, que les parisiens pourront donc découvrir dès la fin du festival (j’en connais qui sont déjà impatients :) ).

The Romantic Movement, Seoul Ecrit par Pierre le 11.04.10

Je suis tombé un peu par hasard sur un projet assez peu commun mené par plusieurs réalisateurs coréens, appelé “The Romantic Movement, Seoul“. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de l’écrivain suisse Alain de Botton (très populaire en Corée) sous la forme d’un omnibus de 4 segments réalisés chacun par un réalisateur différent, avec la même actrice (Min Hyo-Rin). Là où ce film se différencie encore plus des autres, c’est dans sa diffusion. Celui-ci est ainsi diffusé progressivement et gratuitement sur Youtube avec des sous-titres anglais, en utilisant à fond les réseaux sociaux pour la promotion (compte Twitter, groupe Facebook, stills sur Flickr, webisodes, trailers et making of sur Youtube…).

Les deux premiers segments (chacun en 2 épisodes) sont déjà disponibles : “My Bloody Valentine” et “My Sweet Blanket“. Plus que la qualité du résultat (pas terrible pour le moment, même s’il y a quand même quelques trucs chouettes), c’est surtout l’idée que je souhaitais mettre en avant. Le but des réalisateurs est assez simple : prendre du plaisir en faisant librement le film qu’ils ont envie de faire, et peut-être se faire connaitre ainsi (ils parlent de self branding). Quand on sait le nombre de réalisateurs tombés dans l’oubli et de films (notamment les courts) impossibles à visionner (même en Corée) car jamais sortis, on ne peut qu’espérer voir se multiplier de telles initiatives !