Compte-rendu Deauville 2010 – Jour 4 Ecrit par Pierre le 18.03.10
Dernière journée de festival, loin, très loin d’être la meilleure au contraire de l’an dernier où nous avions pu découvrir le génial “All Around Us” (en même temps c’est plutôt rassurant de ne pas avoir à attendre la dernière séance pour avoir une révélation).

Le calvaire commence avec “My Daughter”, réalisé par la productrice Charlotte Lim. L’histoire est… inexistante. Au départ, une mère revient de chez son petit ami qui l’a tabassée. Sa fille la ramasse et c’est à peu près tout. Le reste du film nous montre les deux femmes en train de glander et de faire la gueule. J’aurais aimé en rester au stade de l’indifférence mais ici l’ennui est tel que cela en devient quasi insoutenable ! Je n’avais pas eu envie de péter les plombs et d’hurler ma rage pendant un film depuis “Beetles”, rage que j’ai freinée en fermant les yeux pour chercher à tout prix à m’endormir. Car jamais un film aussi court (1h18) ne m’aura paru aussi long. A tel point que la deuxième vision de la mère tabassée m’a arraché un rictus libérateur. Impossible d’en rajouter à propos de ce film-néant. Verdict : 0.5/5 (on me souffle que sur trois personnes, c’est actuellement la meilleure note du film sur cinémasie).

Ca continue tout aussi mal avec le film indien “The Eternal”. Bon il faut l’admettre, j’aurais peut-être été moins sévère avec lui si je ne l’avais pas vu juste après le film précédent. Car – et je ne pensais pas ça possible – il m’a à peu près autant ennuyé. Il y a au moins un scénario : lorsqu’un célèbre réalisateur indien décède, sa famille se retrouve dans la maison familiale. La visite d’une actrice avec qui celui-ci a eu une liaison va raviver les douleurs (et les flash-backs). Et c’est parti pour deux heures de film presque intégralement constitué de dialogues et d’engueulades hystériques à l’intérieur de cette maison. Avec une musique pompière et insupportable dès le moindre instant dramatique (et attention, ça se veut très profond). Moi ça m’a endormi au bout de 20 minutes (malheureusement j’étais éveillé pour la deuxième heure). Verdict : 0.75/5.

Après trois heures et demi d’ennui, j’ai eu très peur d’un grand chelem de la moisitude. Heureusement, “Sawasdee Bangkok” a finalement relevé un peu le niveau et nous a permis de quitter le festival sur une bonne note. Il s’agit d’un omnibus en quatre parties de réalisateurs différents. Le premier segment met en scène la poétique rencontre entre une aveugle SDF de Bangkok et un ange mystérieux. Malgré un personnage principal qui avait tout pour faire un film misérabiliste (ce qu’on peut craindre au début), cette partie est au contraire drôle, fraîche et joliment colorée. On reconnait le style décalé du réalisateur de “Citizen Dog”, que j’aime beaucoup. La deuxième partie nous plonge dans l’univers de deux amis, l’un étant plaqué par sa copine et essayant de la reconquérir, l’autre enregistrant des sons comme on prendrait des photos. Il ne se passe pas forcément grand chose, mais la réalisation aérienne tout comme le travail sur le son réussissent à créer une ambiance envoûtante que j’ai beaucoup apprécié. La troisième partie, la plus faible, suit la rencontre d’un jeune homme de la campagne et d’une prostituée de la ville. Ca n’est pas très original, voire assez quelconque même si ça se laisse regarder. Passons plutôt à la dernière partie réalisée par Pen-Ek Ratanaruang, dont le film “Nymph” m’avais laissé une impression très mitigée il n’y a pas si longtemps. Je me réconcilie donc en partie avec lui puisque ce segment est mon préféré. Il suit deux femmes, dont l’une complètement bourrée, en train de rentrer chez elles en voiture. La conductrice tombe en panne après avoir déposé son amie, et va faire la rencontre d’un clochard. Déjà, c’est très bien filmé. La nuit, les bars, les voitures dégagent une ambiance très forte en quelques plans à peine. L’actrice principale est assez magnétique et lorsqu’elle fond en larmes à la fin du film, c’est en plein coeur que je suis touché, et la petite leçon de morale passe comme une lettre à la poste. Verdict : 3/5.

En guise de bilan, vous aurez droit à un petit Ze Palmarès à la manière de l’Insecte Nuisible.
- Prix “Le petit détective” de la fausse piste limite surnaturelle : “Symbol”, pour sa partie mexicaine de 30 minutes justifiée par un délire WTF de 10 secondes
- Prix “Courjaut” du bébé martyrisé avec le plus de soin : “Paju” pour son nourrisson ébouillanté plein cadre dès la cinquième minute
- Prix “Bricorama” du design d’intérieur : “Cast Away On the Moon” pour sa chambre de Hikikomori aux murs en papier bulle, trop classe
- Prix “Eriko Sato” de la créature terrestre la plus désirable : Eriko Sato
- Prix “Chez Miocque” du vomi collectif, récompensant le film qui parviendra à faire vomir deux personnages féminins différents en l’espace d’une heure : “Sawasdee Bangkok” et “My Daugther” ex-aequo (rude compétition cette année)
- Prix “Anti King of Jailbreakers” de la scène que là, oui, on a envie de voir et revoir : la scène de danse d’”Au revoir Taipei”
- Prix “Je conteste” attribué à un prix officiel : le Prix de la Critique Internationale pour “My Daughter”
Reste du compte-rendu : Jour 1 – Jour 2 – Jour 3
Compte-rendus de mes comparses : Insecte Nuisible – Slimdods – GhostDog/Junta/Xavier sur Cinémasie – Alban – ainsi que d’autres à découvrir sur la page dédiée de Taste of Asia.
Voilà, c’est fini, je suis déjà nostalgique de ce festival passé dans une ambiance totalement jubilatoire, riche en rencontres et en fous-rires (j’espère que ce compte-rendu est lisible malgré les private jokes). Vivement la suite.













