The Good, the Bad and the Weird - revue cannoise Ecrit par Pierre le 25.05.08

Comme promis, voici les réactions et infos glanées au lendemain de la projection à Cannes du très attendu “Le Bon, la Brute et le Cinglé” (”The Good, the Bad and the Weird”). Globalement, il semble que l’accueil reçu fut très enthousiasme, l’aspect joussif du film redonnant un peu de punch à cette fin de festival.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Encore peu de critiques complètes pour le moment, mais en voici trois : deux très positives, sur dvdrama et sur lexpress.fr, et une négative assez étonnante sur filmsactu.

Ensuite voici quelques extraits de la conférence de presse du film (source avec extraits audio) :

Kim Jee-Woon sur ses références en matière de western :
J’aime beaucoup les grands classiques comme Le Train sifflera trois fois, Duel à OK Corral, La Prisonnière du Désert, mais personnellement, je suis plus influencé par les westerns qui dégagent une grande force comme ceux de Sergio Leone. Dans les westerns hollywoodiens, il y a toujours une mise en avant des valeurs américaines, de la tradition. Dans les westerns spaghettis, je ressens un plaisir cinématographique beaucoup plus fort. Ne serait-ce que l’expression des personnages qui est nettement plus impressionnante. Attention, j’aime aussi les westerns américains plus récents. Dernièrement, certains films revisitaient l’histoire américaine qui avait été déformée ; je pense à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah ou Impitoyable de Clint Eastwood. Mais ceux de Sergio Leone semblaient quand même vraiment plus cools.

Lee Byung-Hun :
A la base, ce sont tous des personnages qui ont en eux des caractéristiques de bon, de brute et de cinglé ; tous ces éléments cohabitent. Mais le plus terrible des personnages, c’est celui qui est assis à côté de moi : c’est le réalisateur.” (rires)

Jung Woo-Sung :
Effectivement, je suis censé être le bon dans l’histoire, mais je doute qu’il n’y ait que du bon dans ce personnage. Au contraire, il fait preuve d’un sang froid glacial. On ne peut pas être complètement manichéen en disant qu’il y a un bon, une brute et un cinglé dans le film. A mon sens, ce sont plutôt les événements, souvent hostiles, qui déterminent leurs réactions donc leur personnalité.

Kim Jee-Woon sur les conditions de tournage :
Nous avons tourné pendant près de cent jours en Chine. Ce fut très difficile, très mouvementé en raison des conditions climatiques. Il faisait 40 degrés le matin alors que les acteurs portaient des vêtements assez épais. C’est très dur d’exprimer ici notre souffrance par des mots. Il y a eu des tempêtes de sable… Sans oublier la différence de culture avec l’équipe de techniciens qui était chinoise. Il fallait parfois ajuster nos méthodes de travail même si, à ce niveau-là, ce fut très amical comme tournage. Tout le monde se sentait concerné.

Jung Woo-Sung sur la figure masculine du western :
Je suis un grand fan de Clint Eastwood et de ses westerns spaghettis. Mais aussi de la série des Trinita et des Django. J’ai toujours apprécié cette figure du cowboy solitaire avec son fusil marchant au loin. C’est très machiste avec cette force virile qui se dégage de ces personnages. Tout homme rêve un peu au fond de lui d’incarner ce type de héros. C’était amusant d’entrer dans la peau de personnages typiquement occidentaux. Je suis très curieux de connaître leurs réactions quand ils auront vu ce film.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Pour terminer, voici une série de trois vidéos (j’ai l’impression qu’elle fonctionnent mieux sous IE) liées au film :
- Photocall
- Conférence de presse
- Montée des marches

EDIT : (j’ajouterai au fur et à mesure d’autres avis)
- Une bulle et des prix

Des nouvelles des films coréens de Cannes Ecrit par Pierre le 22.05.08

Le festival de Cannes bat son plein et l’on parle peu des films coréens, forcément ils ne sont pas en compétition. Voici quelques informations que j’ai pu glaner çà et là sur la toile :

The Chaser

- “The Chaser” a l’air d’avoir été très bien reçu, j’ai entendu des comparaisons assez flatteuses avec “Old Boy” et “Memories of Murder”. En attendant, vous pouvez découvrir une bonne interview du jeune réalisateur (le film concourt pour la Caméra d’Or), Na Hong-Jin sur Yes We Cannes. Pour les anglophones, cet article raconte la présentation du film et notamment l’ovation qui l’a suivie.
Je termine sur les mots du réalisateur : “C’est un hommage à la tradition du film noir, où l’inversion des valeurs est presque devenue une convention, mais c’est également un constat de la dégradation de la société contemporaine. Je crois, poursuit-il, que le réalisme est le moyen le plus efficace pour faire partager sa vision d’une histoire. Il me semble que c’est l’approche la plus intelligente.

Thirst

- Le film n’est pas présenté à Cannes, mais l’on peut découvrir au marché du film le premier poster promotionnel du prochain film (de vampires) de Park Chan-Wook, “Thirst”. (source : KFCC)

- “The Good, the Bad and the Weird” sera diffusé dans deux jours, j’espère qu’il fera plus parler de lui, à suivre ;)

[Festival de Cannes] Une partie du programme dévoilée Ecrit par Pierre le 23.04.08

Voila une nouvelle qui devrait allécher les autre cinéphiles : le programme du festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai prochains a enfin été (en partie) dévoilé.

Festival de Cannes

Au rayon Asie, on retrouve notamment :
“24 City” - de Jia Zhang Ke (Compétition)
“My Magic” - de Eric Khoo (Compétition)
Le Bon, la Brute et le Cinglé” - de Kim Jee-Woon (Hors Compétition) -> youhouu!
“The Chaser” - de Jin-ah Hong (Hors Compétition / Caméra d’Or) -> film coréen qui cartonne en ce moment
“Parking” - de Chung Mong-Hong (Un Certain Regard / Caméra d’Or)
Tokyo” - de Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-ho (Un Certain Regard) -> youhouu! bis
“Tokyo Sonata” - de Kiyoshi Kurosawa (Un Certain Regard)
“Yi Ban Haishui, Yi Ban Huoyan” - de Fendou Liu (Un Certain Regard)

Une sélection à priori prometteuse, même si ça fait peu de films asiatiques en compétition (mais d’autres seront peut-être rajoutés), et pas de Kim Ki-Duk à l’horizon (snif).
Autre petit coup de coeur personnel, je note avec joie la présence en compétition du premier film du génial scénariste Charlie Kaufman (le cerveau malade derrière “Dans le peau de John Malkovich”, “Adaptation” et “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”) : “Synecdoque”, avec Philip Seymour Hoffman, Michelle Williams et Catherine Keener.

D’autres films que vous sentez bien ? :)

Jeon Do-Yeon meilleure actrice au festival de Cannes 2007 (suite) Ecrit par Hyewon le 28.05.07

Hier à 3h du matin, c’était la fête en Corée parce que Jeon Do-Yeon (전도연) a remporté le prix de la meilleure actrice au festival de Cannes. Mais c’est qui, Jeon Do-Yeon ? Une de plus grandes actrices en Corée, mais inconnue à l’étranger.

Je l’ai vu pour la première fois dans une série coréenne. Cette série est finie depuis 12 ans déjà mais je me souviens encore de son rôle. Elle jouait une fille forte née dans une famille pauvre. Deux ans après, elle a joué dans “The contact”, son premier film, et elle a gagné le prix du meilleur espoir féminin. En 1999, elle brise sa coque dans “Happy End”, où elle joue une femme qui trompe son mari au chômage, joué par Choi Min-Sik (Old Boy).
Dans la version coréenne des Liaisons Dangereuses, “Untold Scandal” (2003), elle incarne Madame Jeong (Madame Tourvel) parfaitement. Dans “You are my sunshine” (2005), elle joue une jeune femme atteinte du sida, ce qui a fait pleurer beaucoup de coréens. Grâce à ce film, elle a obtenu le César coréen de la meilleure actrice.
Depuis 1997, elle n’arrête pas de travailler. En Corée, on peut regarder ses films une ou deux fois par an, toujours de bons films. Et pour elle, on dirait que cette année est la meilleure, puisqu’elle s’est mariée avant d’obtenir un des meilleurs prix du monde à Cannes.

Jeon Do-Yeon meilleure actrice au festival de Cannes 2007 Ecrit par Pierre le 27.05.07

L’actrice coréenne Jeon Do-Yeon, dont je parlais dans un de mes précédents articles a obtenu ce soir la Palme de la meilleure actrice au festival de Cannes. Une superbe nouvelle qui récompense tout d’abord cette actrice dont le talent n’est plus à prouver, et plus généralement le cinéma coréen dont la qualité est aussi du en partie à ces acteurs et actrices remarquables. Je reviendrais sur Jeon Do-yeon et son film Secret Sunshine demain soir. En attendant, quelques photos :


En direct de Cannes : Souffle de Kim Ki-Duk Ecrit par Pierre le 22.05.07

Souffle (Breath en anglais, Soom en coréen), le dernier film de Kim Ki-Duk a été présenté au festival de Cannes ce samedi. Les réactions ? Mitigées, comme pour chacun de ses films, évidemment. Certains n’y ont vu qu’un objet froid, insondable et vain, d’autres un film poignant, plein de poésie. Les amateurs dont je fais partie devraient donc apprécier, les autres ne changeront donc pas d’avis. La performance des acteurs a tout de même été saluée, notamment l’actrice Park Ji-Ah, familière du cinéaste (notamment dans The Coast Guard). L’acteur taïwanais Chang Chen est également impressionnant dans son rôle quasi-muet (il ne parle d’ailleurs pas coréen). A ce sujet, il a déclaré « Soom est mon premier film coréen. C’était un rôle particulier pour moi car il n’y avait pas de dialogues. J’ai appréhendé cela comme un véritable défi. J’ai beaucoup travaillé sur le côté psychologique de mon personnage. J’ai dû utiliser mon corps afin de transmettre des sentiments. »

A propos de son film, Kim Ki-Duk décrit les composantes majeures de son cinéma : « Avec ce film, je me suis concentré sur les individus. Ce qui m’intéressait était de faire ressentir l’incommunicabilité entre les êtres humains. J’évoque par ailleurs indirectement ma difficile relation avec la société coréenne, et comme souvent dans mes films, j’essaie d’exprimer l’inexprimable, quelque chose d’à priori impossible. (…) La première chose qui me vient à l’esprit quand je fais un film, ce n’est pas une idée. C’est plutôt une vision de la société. C’est généralement le reflet de ce que je ressens au sujet de la société qui m’entoure. » Composantes majeures donc : une vision de la société qu’il s’évertue à montrer de films en films de manière plus ou moins explicites, et la notion de ressenti, qui s’exprime par le caractère viscéral et poignant de son oeuvre. Et ceci avec une alchimie si particulière, très peu de dialogues et beaucoup de poésie. Film après film, il est pour moi l’un des auteurs actuels les plus importants et les plus fascinants d’aujourd’hui.

La conférence de presse a été l’occasion pour Kim Ki-Duk de parler de sa vision du cinéma coréen : « Dans le cinéma coréen, je pense que ce ne sont pas le style, la forme, qui priment. Le plus important est que dans ce cinéma, il y a une vérité, quelque chose de plus profond. Et c’est cela, je pense, qui émeut et excite les spectateurs étrangers. »

Le film sortira le 21 novembre en France.

Films coréens à Cannes Ecrit par Pierre le 13.05.07

Le festival de Cannes débutera ce mercredi 16 mai, avec au menu une sélection officielle alléchante, comprenant notamment 2 films coréens en compétition. Je suivrais l’actualité du festival sur ce blog et présenterait quelques films intéressants (pas forcément asiatiques), en compétition ou dans les sections parallèles. Mais pour commencer, petit focus sur les films coréens en compétition.

Breath, de Kim Ki-Duk
Premier film en compétition à Cannes pour Kim Ki-Duk pour son 14ème film (en 11 ans !), après quelques passages hors compétition. Il est pourtant habitué des honneurs festivaliers puisqu’il a remporté le prix du meilleur réalisateur Berlin pour Samaria et à Venise pour Locataires. Cependant, difficile de donner un pronostic tant ses films divisent les spectateurs. Haï dans son propre pays, il n’en reste pas moins un auteur fascinant, dont le dernier film, Time, était un excellent cru.
L’histoire rappelle un peu Locataires : Hyun, une femme qui vient de découvrir l’infidélité de son mari, et Chen, un criminel condamné, tombent amoureux inévitablement. Mais le temps passe et Hyun ne peut le laisse partir si facilement. On retrouve au casting un acteur taiwanais, Chang Chen (vu dans Tigre et Dragon, Three Times, 2046…), ainsi que l’acteur principal de Time. Un trailer est disponible.

Secret Sunshine, de Lee Chang-Dong
Le quatrième film de Lee Chang-Dong est également très attendu. Son précédent opus, Oasis, a lui aussi remporté le prix du meilleur réalisateur à Venise en 2002, ainsi que le prix de la meilleure actrice pour Moon So-Ri, dont la performance était ahurissante. Très populaire dans son pays et même ancien ministre de la culture, Lee Chang-Dong avait d’ailleurs remporté une flopée de prix aux César coréens : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur scénario et meilleur espoir féminin ! Et Secret Sunshine pourrait bien suivre les mêmes traces : les deux acteurs principaux ne sont autres que Song Kang-Ho (l’excellent acteur présent à l’affiche de la majorité des gros succès coréens : Mr Vengeance, The Host, Memories of Murder…) et Jeon Do-Yeon (moins connue à l’étranger mais multi-primée dans son pays). L’histoire : après la mort de son mari, une professeur de piano doit élever seule son jeune fils. Elle trouve du réconfort auprès d’un vendeur de voitures…