Festival de Cannes 2009 – Sélection Ecrit par Pierre le 23.04.09

Aujourd’hui à été dévoilée la programmation du festival de Cannes 2009 qui se déroulera du 13 au 24 Mai prochains. Ce qui marque d’emblée au regard de la compétition, c’est l’abondance de “gros”. J’entends par là de réalisateur confirmés habitués des lauriers (Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Lars Von Trier, Ang Lee…). A tel point que même les plus “petits” (Andrea Arnold, Brillante Mendoza…) ont déjà présentés leurs films précédents à Cannes. D’ailleurs, si je ne trompe pas, il n’y a pas un seul premier film parmi la compétition officielle.

thirst

La Corée est bien représentée par ses “figures de proue” de ses dernières années : les incontournables Park Chan-Wook pour son sanglant “Thirst” (qui sort la semaine prochaine en Corée, et dont les billets s’arrachent déjà), et Bong Joon-Ho dans la catégorie “Un Certain Regard” avec “Mother” (plus discret que le précédent, mais au moins aussi prometteur). Et puis on retrouve également comme membre du jury l’écrivain et cinéaste Lee Chang-Dong, deux ans après la Palme de meilleure actrice attribuée à Jeon Do-Yeon pour son “Secret Sunshine”.

Parmi les autres films alléchants, je constate avec joie (et je ne suis pas le seul…) la présence du film de Hirokazu Koreeda, “Air Doll”, où Bae Doona interprète une poupée gonflable tombant amoureuse d’un employé de vidéo-club (et qui en plus, vole !). On retrouve aussi “L’épine dans le coeur”, intrigant film du génial Michel Gondry, présenté comme “un documentaire sur sa tante”… Enfin, je suivrai avec attention la réception de “Nuit d’ivresse printanière”, retour à la caméra de Lou Ye (dont j’avais adoré “Suzhou River“) après plusieurs années d’interdiction suite à la présentation d’”Une Jeunesse Chinoise” au festival de Cannes 2006 sans l’aval des autorités chinoises.

air-doll

Comme à chaque fois, cet événement est assez frustrant pour ceux qui comme moi ne se rendent pas sur place (maudite accréditation !) et entendent parler du festival à tout bout de champ. On pourra toujours se consoler en se disant que la sélection “Un Certain Regard” tout comme la Quinzaine des Réalisateurs (dont le programme sera annoncé demain) seront diffusées peu après le festival dans des cinémas parisiens.

Air Doll, nous voilà !

Pour voir l’intégralité des films de la sélection, c’est par ici.

The Good, the Bad and the Weird – revue cannoise Ecrit par Pierre le 25.05.08

Comme promis, voici les réactions et infos glanées au lendemain de la projection à Cannes du très attendu “Le Bon, la Brute et le Cinglé” (“The Good, the Bad and the Weird”). Globalement, il semble que l’accueil reçu fut très enthousiasme, l’aspect joussif du film redonnant un peu de punch à cette fin de festival.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Encore peu de critiques complètes pour le moment, mais en voici trois : deux très positives, sur dvdrama et sur lexpress.fr, et une négative assez étonnante sur filmsactu.

Ensuite voici quelques extraits de la conférence de presse du film (source avec extraits audio) :

Kim Jee-Woon sur ses références en matière de western :
J’aime beaucoup les grands classiques comme Le Train sifflera trois fois, Duel à OK Corral, La Prisonnière du Désert, mais personnellement, je suis plus influencé par les westerns qui dégagent une grande force comme ceux de Sergio Leone. Dans les westerns hollywoodiens, il y a toujours une mise en avant des valeurs américaines, de la tradition. Dans les westerns spaghettis, je ressens un plaisir cinématographique beaucoup plus fort. Ne serait-ce que l’expression des personnages qui est nettement plus impressionnante. Attention, j’aime aussi les westerns américains plus récents. Dernièrement, certains films revisitaient l’histoire américaine qui avait été déformée ; je pense à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah ou Impitoyable de Clint Eastwood. Mais ceux de Sergio Leone semblaient quand même vraiment plus cools.

Lee Byung-Hun :
A la base, ce sont tous des personnages qui ont en eux des caractéristiques de bon, de brute et de cinglé ; tous ces éléments cohabitent. Mais le plus terrible des personnages, c’est celui qui est assis à côté de moi : c’est le réalisateur.” (rires)

Jung Woo-Sung :
Effectivement, je suis censé être le bon dans l’histoire, mais je doute qu’il n’y ait que du bon dans ce personnage. Au contraire, il fait preuve d’un sang froid glacial. On ne peut pas être complètement manichéen en disant qu’il y a un bon, une brute et un cinglé dans le film. A mon sens, ce sont plutôt les événements, souvent hostiles, qui déterminent leurs réactions donc leur personnalité.

Kim Jee-Woon sur les conditions de tournage :
Nous avons tourné pendant près de cent jours en Chine. Ce fut très difficile, très mouvementé en raison des conditions climatiques. Il faisait 40 degrés le matin alors que les acteurs portaient des vêtements assez épais. C’est très dur d’exprimer ici notre souffrance par des mots. Il y a eu des tempêtes de sable… Sans oublier la différence de culture avec l’équipe de techniciens qui était chinoise. Il fallait parfois ajuster nos méthodes de travail même si, à ce niveau-là, ce fut très amical comme tournage. Tout le monde se sentait concerné.

Jung Woo-Sung sur la figure masculine du western :
Je suis un grand fan de Clint Eastwood et de ses westerns spaghettis. Mais aussi de la série des Trinita et des Django. J’ai toujours apprécié cette figure du cowboy solitaire avec son fusil marchant au loin. C’est très machiste avec cette force virile qui se dégage de ces personnages. Tout homme rêve un peu au fond de lui d’incarner ce type de héros. C’était amusant d’entrer dans la peau de personnages typiquement occidentaux. Je suis très curieux de connaître leurs réactions quand ils auront vu ce film.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Pour terminer, voici une série de trois vidéos (j’ai l’impression qu’elle fonctionnent mieux sous IE) liées au film :
- Photocall
- Conférence de presse
- Montée des marches

EDIT : (j’ajouterai au fur et à mesure d’autres avis)
- Une bulle et des prix

Des nouvelles des films coréens de Cannes Ecrit par Pierre le 22.05.08

Le festival de Cannes bat son plein et l’on parle peu des films coréens, forcément ils ne sont pas en compétition. Voici quelques informations que j’ai pu glaner çà et là sur la toile :

The Chaser

- “The Chaser” a l’air d’avoir été très bien reçu, j’ai entendu des comparaisons assez flatteuses avec “Old Boy” et “Memories of Murder”. En attendant, vous pouvez découvrir une bonne interview du jeune réalisateur (le film concourt pour la Caméra d’Or), Na Hong-Jin sur Yes We Cannes. Pour les anglophones, cet article raconte la présentation du film et notamment l’ovation qui l’a suivie.
Je termine sur les mots du réalisateur : “C’est un hommage à la tradition du film noir, où l’inversion des valeurs est presque devenue une convention, mais c’est également un constat de la dégradation de la société contemporaine. Je crois, poursuit-il, que le réalisme est le moyen le plus efficace pour faire partager sa vision d’une histoire. Il me semble que c’est l’approche la plus intelligente.

Thirst

- Le film n’est pas présenté à Cannes, mais l’on peut découvrir au marché du film le premier poster promotionnel du prochain film (de vampires) de Park Chan-Wook, “Thirst”. (source : KFCC)

- “The Good, the Bad and the Weird” sera diffusé dans deux jours, j’espère qu’il fera plus parler de lui, à suivre ;)

[Festival de Cannes] Une partie du programme dévoilée Ecrit par Pierre le 23.04.08

Voila une nouvelle qui devrait allécher les autre cinéphiles : le programme du festival de Cannes qui se tiendra du 14 au 25 mai prochains a enfin été (en partie) dévoilé.

Festival de Cannes

Au rayon Asie, on retrouve notamment :
“24 City” – de Jia Zhang Ke (Compétition)
“My Magic” – de Eric Khoo (Compétition)
Le Bon, la Brute et le Cinglé” – de Kim Jee-Woon (Hors Compétition) -> youhouu!
“The Chaser” – de Jin-ah Hong (Hors Compétition / Caméra d’Or) -> film coréen qui cartonne en ce moment
“Parking” – de Chung Mong-Hong (Un Certain Regard / Caméra d’Or)
Tokyo” – de Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-ho (Un Certain Regard) -> youhouu! bis
“Tokyo Sonata” – de Kiyoshi Kurosawa (Un Certain Regard)
“Yi Ban Haishui, Yi Ban Huoyan” – de Fendou Liu (Un Certain Regard)

Une sélection à priori prometteuse, même si ça fait peu de films asiatiques en compétition (mais d’autres seront peut-être rajoutés), et pas de Kim Ki-Duk à l’horizon (snif).
Autre petit coup de coeur personnel, je note avec joie la présence en compétition du premier film du génial scénariste Charlie Kaufman (le cerveau malade derrière “Dans le peau de John Malkovich”, “Adaptation” et “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”) : “Synecdoque”, avec Philip Seymour Hoffman, Michelle Williams et Catherine Keener.

D’autres films que vous sentez bien ? :)

Jeon Do-Yeon meilleure actrice au festival de Cannes 2007 (suite) Ecrit par Hyewon le 28.05.07

Hier à 3h du matin, c’était la fête en Corée parce que Jeon Do-Yeon (전도연) a remporté le prix de la meilleure actrice au festival de Cannes. Mais c’est qui, Jeon Do-Yeon ? Une de plus grandes actrices en Corée, mais inconnue à l’étranger.

Je l’ai vu pour la première fois dans une série coréenne. Cette série est finie depuis 12 ans déjà mais je me souviens encore de son rôle. Elle jouait une fille forte née dans une famille pauvre. Deux ans après, elle a joué dans “The contact”, son premier film, et elle a gagné le prix du meilleur espoir féminin. En 1999, elle brise sa coque dans “Happy End”, où elle joue une femme qui trompe son mari au chômage, joué par Choi Min-Sik (Old Boy).
Dans la version coréenne des Liaisons Dangereuses, “Untold Scandal” (2003), elle incarne Madame Jeong (Madame Tourvel) parfaitement. Dans “You are my sunshine” (2005), elle joue une jeune femme atteinte du sida, ce qui a fait pleurer beaucoup de coréens. Grâce à ce film, elle a obtenu le César coréen de la meilleure actrice.
Depuis 1997, elle n’arrête pas de travailler. En Corée, on peut regarder ses films une ou deux fois par an, toujours de bons films. Et pour elle, on dirait que cette année est la meilleure, puisqu’elle s’est mariée avant d’obtenir un des meilleurs prix du monde à Cannes.