Zatoichi - de Takeshi Kitano (2003) Ecrit par Pierre le 01.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Pour débuter ce cycle, quoi de meilleur que de revoir un excellent Kitano ? Je ne suis pas un expert du cinéma japonais, surtout ancien (j’ai été biberonné aux Kurosawa et Baby Cart, mais ça s’arrête là) et n’ai jamais vu un des Zatoichi originaux, mais ce film constitue pour moi une synthèse parfaite entre les “vieux classiques” et le cinéma contemporain, avec un de ses plus glorieux étendards aux commandes. Je conseille donc vivement à tous les néophytes de voir ce film qui devrait attiser leur envie de découverte.

Zatoichi

“Zatoichi” nous fait suivre un bout de chemin du fameux masseur aveugle qui cache en réalité un redoutable samouraï. Alors qu’il fait escale dans une ville, Zatoichi fait la connaissance d’un couple de geishas qui va l’amener à affronter les membres de la pègre locale et le terrible ronin que ceux-ci ont engagé.

Ce film nous replonge avec délice dans l’ambiance des Baby Cart, avec ses méchants hirsutes et mal élevés, ses membres tranchés et ses jets d’hémoglobine. Hormis bien sûr les combats superbement réalisés, Kitano a apporté une délicieuse note d’humour omniprésente tout au long du film. Que ce soit la galerie de personnages pittoresques, les situations absurdes ou encore les géniales trouvailles de mise en scènes (voir les séquences avec les ouvriers et la musique !), ce film regorge de petits plaisirs et se laisse regarder avec jubilation.
Avec un film plutôt éloigné de ce qu’il a l’habitude de faire, Kitano s’en sort parfaitement tout en gardant sa patte personnelle qui le rend si attachant de film en film, une vraie réussite donc.

Zatoichi

(et en plus, Hyewon a aimé, oui oui un film japonais !)

Le Scaphandre et le Papillon - de Julian Schnabel (2007) Ecrit par Pierre le 15.06.08

Une fois n’est pas coutume, c’est un film français qui constitue notre dernier coup de coeur : j’ai nommé “Le Scaphandre et le Papillon”, vu avec un an de retard (mais mieux vaut tard que jamais).

Le Scaphandre et le Papillon

Il s’agit de l’histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine “Elle” et victime en 1995 du “locked-in syndrom”, cas extrêmement rare qui le laisse emmuré dans son corps, uniquement capable de bouger ses paupières. Grâce à son orthophoniste, il trouve un moyen de communiquer en dictant lettre par lettre à l’aide des battements de ses yeux, et entreprend d’écrire un livre.

Le Scaphandre et le Papillon

La grande force du film est de ne pas tomber dans le larmoyant en s’apitoyant sur le sort de Bauby, mais plutôt de laisser la part belle à ses deux seuls moyens d’évasion : l’imagination et la mémoire. Ainsi, le film est plein de poésie, parfois teintée d’amertume mais très belle, rendant hommage au texte magnifique de Bauby. La mise en scène et l’excellente musique contribuent à faire de ce film un voyage fascinant.

Mathieu Amalric est omniprésent, même s’il est invisible pendant une bonne partie du film puisque celui-ci se déroule depuis son angle de vue, proposant une vision assez effrayante et réaliste du syndrome qui le frappe. Mention également aux nombreux seconds rôles, qui sont vraiment tous excellents (je pense notamment à Marie-Josée Croze, Emmanuelle Seigner, Anne Consigny ou encore le trop rare Isaach de Bankolé), qui habitent le film en quelques plans et apportent à Bauby le courage de vivre.

Gros, gros coup de coeur que je vous conseille donc vivement !

Sorties DVD de Juin Ecrit par Pierre le 13.06.08

Quelques mois après l’excellent coffret “Suicide Club”, Kubik reviendra le 24 Juin prochain avec une double sortie pour le moins intéressante.

Crying Fist

Le premier des deux est un film coréen encore inédit en France et que j’ai eu la chance de voir en Corée. Le réalisateur n’est pas inconnu puisqu’il s’agit de Ryu Seung-Wan, dont les films “No Blood, No Tears”, “City of Violence” sont déjà sortis ici. Ce film qui est un de ses meilleurs met en scène l’histoire parallèle de deux boxeurs aux parcours totalement différents, tout deux très difficiles, qui sont amenés à s’affronter. Deux personnages excellemment joués par le propre frère du réalisateur (Ryu Seung-Beom) et par Choi Min-Sik (”Old Boy”, “Ivre de femmes et de peinture”…), dans ce qui reste son dernier film à ce jour (en attendant un prochain retour). Un film dur et prenant qui monte crescendo jusqu’au final ahurissant, et qui m’avait laissé un très bon souvenir.

Tokyo Zombie

Je n’ai encore jamais vu le second, mais cela fait un moment qu’il me tente. “Tokyo Zombie” a l’air d’un film totalement barge et (je l’espère) jubilatoire. Il suffit de voir le pitch pour cerner l’ambiance : “Adaptation du manga de Hanakuma Yusaku, “Tokyo Zombie” dépeint la morne existence des collègues de travail Fujio et Mitsuo, qui passent leur temps à s’entraîner au jujitsu. Leur quotidien sera passablement bouleversé par l’intrusion de zombies, cadavres vivants se soulevant de la proche décharge “Black Fuji”. Fujio ne résistera pas à l’attaque des mort-vivants. Cinq ans plus tard, tout le Japon est sous emprise des zombis; seule une poignée d’humain sa réussi à se cloîtrer dans une grosse tour, où ils organisent des jeux de combat à vie et à mort entre morts et vivants. Mitsuo aura à affronter son ancien sensei, Fujio en un dantesque duel.“. ;)

Cycle cinéma japonais à venir Ecrit par Pierre le 05.06.08

A l’initiative de l’excellent blog Wildgrounds, un groupe de bloggeurs va consacrer durant le mois de juillet une série d’articles sur le cinéma japonais, afin de faire découvrir des pépites méconnues, de donner son point de vue sur des monuments sacrés ou tout simplement de partager ses coups de coeur.

Cycle cinéma japonais

L’idée est de proposer une sélection éclectique et une belle émulation entre les différents participants. Si jamais vous être intéressés, rejoignez-nous, c’est ouvert ! Faites un petit tour sur Wildgrounds qui regroupera centralisera l’activité du cycle et le tour est joué ;)

Bon, pour ma part il est difficile de convaincre ma coréenne d’épouse de regarder des films japonais (en plus je l’ai traumatisée avec les films de Sono Sion), mais je vais tenter de faire de mon mieux ! Attendez-vous donc à voir plus de cinéma japonais que coréen en juillet sur ce blog ;)

The Good, the Bad and the Weird - revue cannoise Ecrit par Pierre le 25.05.08

Comme promis, voici les réactions et infos glanées au lendemain de la projection à Cannes du très attendu “Le Bon, la Brute et le Cinglé” (”The Good, the Bad and the Weird”). Globalement, il semble que l’accueil reçu fut très enthousiasme, l’aspect joussif du film redonnant un peu de punch à cette fin de festival.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Encore peu de critiques complètes pour le moment, mais en voici trois : deux très positives, sur dvdrama et sur lexpress.fr, et une négative assez étonnante sur filmsactu.

Ensuite voici quelques extraits de la conférence de presse du film (source avec extraits audio) :

Kim Jee-Woon sur ses références en matière de western :
J’aime beaucoup les grands classiques comme Le Train sifflera trois fois, Duel à OK Corral, La Prisonnière du Désert, mais personnellement, je suis plus influencé par les westerns qui dégagent une grande force comme ceux de Sergio Leone. Dans les westerns hollywoodiens, il y a toujours une mise en avant des valeurs américaines, de la tradition. Dans les westerns spaghettis, je ressens un plaisir cinématographique beaucoup plus fort. Ne serait-ce que l’expression des personnages qui est nettement plus impressionnante. Attention, j’aime aussi les westerns américains plus récents. Dernièrement, certains films revisitaient l’histoire américaine qui avait été déformée ; je pense à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah ou Impitoyable de Clint Eastwood. Mais ceux de Sergio Leone semblaient quand même vraiment plus cools.

Lee Byung-Hun :
A la base, ce sont tous des personnages qui ont en eux des caractéristiques de bon, de brute et de cinglé ; tous ces éléments cohabitent. Mais le plus terrible des personnages, c’est celui qui est assis à côté de moi : c’est le réalisateur.” (rires)

Jung Woo-Sung :
Effectivement, je suis censé être le bon dans l’histoire, mais je doute qu’il n’y ait que du bon dans ce personnage. Au contraire, il fait preuve d’un sang froid glacial. On ne peut pas être complètement manichéen en disant qu’il y a un bon, une brute et un cinglé dans le film. A mon sens, ce sont plutôt les événements, souvent hostiles, qui déterminent leurs réactions donc leur personnalité.

Kim Jee-Woon sur les conditions de tournage :
Nous avons tourné pendant près de cent jours en Chine. Ce fut très difficile, très mouvementé en raison des conditions climatiques. Il faisait 40 degrés le matin alors que les acteurs portaient des vêtements assez épais. C’est très dur d’exprimer ici notre souffrance par des mots. Il y a eu des tempêtes de sable… Sans oublier la différence de culture avec l’équipe de techniciens qui était chinoise. Il fallait parfois ajuster nos méthodes de travail même si, à ce niveau-là, ce fut très amical comme tournage. Tout le monde se sentait concerné.

Jung Woo-Sung sur la figure masculine du western :
Je suis un grand fan de Clint Eastwood et de ses westerns spaghettis. Mais aussi de la série des Trinita et des Django. J’ai toujours apprécié cette figure du cowboy solitaire avec son fusil marchant au loin. C’est très machiste avec cette force virile qui se dégage de ces personnages. Tout homme rêve un peu au fond de lui d’incarner ce type de héros. C’était amusant d’entrer dans la peau de personnages typiquement occidentaux. Je suis très curieux de connaître leurs réactions quand ils auront vu ce film.

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Pour terminer, voici une série de trois vidéos (j’ai l’impression qu’elle fonctionnent mieux sous IE) liées au film :
- Photocall
- Conférence de presse
- Montée des marches

EDIT : (j’ajouterai au fur et à mesure d’autres avis)
- Une bulle et des prix

Des nouvelles des films coréens de Cannes Ecrit par Pierre le 22.05.08

Le festival de Cannes bat son plein et l’on parle peu des films coréens, forcément ils ne sont pas en compétition. Voici quelques informations que j’ai pu glaner çà et là sur la toile :

The Chaser

- “The Chaser” a l’air d’avoir été très bien reçu, j’ai entendu des comparaisons assez flatteuses avec “Old Boy” et “Memories of Murder”. En attendant, vous pouvez découvrir une bonne interview du jeune réalisateur (le film concourt pour la Caméra d’Or), Na Hong-Jin sur Yes We Cannes. Pour les anglophones, cet article raconte la présentation du film et notamment l’ovation qui l’a suivie.
Je termine sur les mots du réalisateur : “C’est un hommage à la tradition du film noir, où l’inversion des valeurs est presque devenue une convention, mais c’est également un constat de la dégradation de la société contemporaine. Je crois, poursuit-il, que le réalisme est le moyen le plus efficace pour faire partager sa vision d’une histoire. Il me semble que c’est l’approche la plus intelligente.

Thirst

- Le film n’est pas présenté à Cannes, mais l’on peut découvrir au marché du film le premier poster promotionnel du prochain film (de vampires) de Park Chan-Wook, “Thirst”. (source : KFCC)

- “The Good, the Bad and the Weird” sera diffusé dans deux jours, j’espère qu’il fera plus parler de lui, à suivre ;)

The Good, the Bad and the Weird - enfin le trailer ! Ecrit par Pierre le 18.05.08

Avec la présentation cannoise du film arrive une autre bonne nouvelle, le trailer complet du film “The Good, the Bad and the Weird” (en français “Le Bon, la Brute et le Cinglé”) est enfin disponible.

The Good, the Bad and the Weird

J’en convulse encore alors je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager :

Hmm, il sort en juillet en Corée alors qu’il faudra attendre octobre en France, je sens que je ne vais pas résister là-bas au mois d’août :)

via WildGrounds