Recueil de textes sur le cinéma asiatique Ecrit par Pierre le 03.09.08

Bastian Meiresonne m’a gentiment informé de la sortie d’un recueil de textes portant sur le cinéma asiatique dans la collection CinémAction (Ed. CORLET Publication), recueil auquel il a apporté sa contribution. Plutôt que de paraphraser, je vous livre sa description, qui devrait en intéresser plus d’un:

Ce numéro, rédigé sous la houlette de l’auteur (”Le cinéma asiatique”, “Le cinéma sud-coréen: du confucianisme à l’avant-garde” et du réalisateur (”Kim Ki-duk, cinéaste de la beauté convulsive”) Antoine COPPOLA, traite de la “renaissance du cinéma d’Asie orientale”.

Une pléthore de textes de chercheurs, critiques et professionnels des milieux cinématographiques concernés s’attache à découvrir comment le cinéma asiatique a su survivre sous la domination du cinéma occidental et comment il a absorbé cette influence pour (re)devenir force de propositions.

cinemaction

La première partie s’attache au cinéma coréen. Une douzaine de textes revient sur la récente incroyable effervescence d’une cinématographie longtemps restée dans l’ombre, notamment à cause de sa particulière situation politique.
Les textes se constituent autant d’interviews (le vétéran Yu Hyun-mok, auteur du classique du cinéma mondial “Obaltan”; Jeon Soo-il, réalisateur, entre autres, de “Girl with black soil” et “Himalayas” et Kim Ki-duk), que de textes explicatifs (passage en revue de l’économie du cinéma coréen ou de l’Histoire du cinéma indépendant), que d’essais et de recherches (”Genre, espace et modernité dans les années 60″; “Images de la femme nord-coréenne dans les films sud-coréens”, …).

Le second chapitre (”Japon: derniers feux et génies crépusculaires”) traite avant tout des auteurs récents, mais aussi de thèmes abordant des traditions proprement japonaises revisitées par un nouveau regard.
Outre “L’histoire du studio Nikkatsu” racontée par Mark Schilling, Martin Barnier ou Tom Mes décortiquent le travail du réalisateur KUROSAWA Kyoshie, Philippe Ortoli passe en revue trois films de MIIKE Takashi ou Nicolas Thévenin parle d’OSHIMA Nagisa.

Enfin, la troisième partie aborde des cinémas d’Asie du Sud-est largement méconnus du grand public, notamment en raison des troubles politiques qui ne facilitent ni les recherches, ni la préservation de l’histoire des cinémas locaux.
La spécialiste Anchalee Chaiworaporn étudie la position des réalisatrices dans les cinémas d’Asie et s’intéresse à la “crise identitaire dans le cinéma thaïlandais”; Anonio Di Marco parle de al censure dans le cinéma philippin et Bastian Meiresonne compare les “raisons d’état de la difficile renaissance des cinémas vietnamien et cambodgien”.

L’ouvrage totalise 200 pages et est proposé au prix de 24 Euros aux points de vente détaillés sous le lien suivant :
http://www.cinemaction.net/html/frame-new.html
ou directement sur commande sur le site de l’éditeur (pas encore disponible apparemment) :
http://www.corlet-editions.fr/services/univers/cinema/

En attendant un ouvrage gigantesque d’ici la fin de l’année, sur lequel je reviendrai ;)

Beautiful - de Jeon Jae-Hong (2008) Ecrit par Pierre le 02.09.08

Voici enfin la critique de ce film dont j’ai pas mal parlé, mais qui m’a laissé un peu sur ma faim…

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Une jeune fille, Eun-Young, est malheureuse à cause de sa trop grande beauté. Elle se sent solitaire, fatiguée du regard des hommes et de la jalousie des femmes. Un jour, elle se fait violer par un des hommes qui la harcèlent, Sung-Min, qui prononce ces mots terribles : “J’ai juste fait ça car tu es si belle.” Elle décide alors de détruire sa belle apparence. Mais un homme continue de lui tourner autour…

Difficile de savoir quoi penser de ce film rappelant énormément “Time”, de Kim Ki-Duk (film sur lequel le réalisateur de “Beautiful” était assistant), par son déroulement (lente descente aux enfers, culte de l’apparence physique). On se rapproche donc des derniers “films-concepts” de KKD avec des personnages stéréotypés coincés dans leur micro-écosystème.
Cependant, là où KKD parvient souvent à donner de la profondeur, à amener de la poésie dans les événements tragiques (d’ailleurs son prochain film devrait nous emmener aux frontières du rêve…), ici les personnages semblent tourner à vide, comme emportés dans une machine implacable qui ne va leur laisser aucune échappatoire. Cela jusqu’à une fin des plus cyniques qui vous arrachera un sourire mal à l’aise.

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A la vue du film, je comprend pourquoi KKD a abandonné le projet, car je ne vois pas comment il aurait pu se renouveler par rapport à “Time”. Je pense néanmoins que ce jeune réalisateur a encore des choses à montrer, peut-être avec un script plus “personnel” (car comment faire autrement que copier le maitre en partant d’un script du maitre ;) ).

2 Days in Paris Ecrit par Hyewon le 29.08.08

Avant de venir en France, j’avais le fantasme de Paris : la ville de l’Amour, d’Amélie Poulain, l’endroit le plus romantique dans le monde… On mange un bon croissant au petit déjeuner, on peut voir la Tour Eiffel tous les jours, etc. (En Corée, il y avait même une série qui s’appelait “Les amants de Paris”.)

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Marion, photographe d’origine française, vit à New York avec Jack. Ils décident de se rendre à Paris où Marion a toujours des attaches. Mais l’escapade tourne court : entre les parents envahissants de la jeune femme, ses ex-petits copains dragueurs et la manie de Jack à prendre en photo la moindre pierre tombale, le couple ne trouve aucun répit.

Au fur et à mesure, je découvre les aspects négatifs de Paris. Les gens sont pressés, hystériques, il y a des grèves incroyables… Si si, j’aime Paris, mais bon…
Peut-être que c’est à cause des films que j’ai vus qui emballent Paris seulement avec des images magnifiques.

Mais ce film ne montre pas que de belles images de la ville ; des touristes américains perdus et maltraités, un fastfood qui brûle, un chauffeur de taxi qui drague ou se dispute avec sa cliente, un mec qui dévisage une femme dans le métro, etc.

Les conversations entre les personnages sur des sujets variés s’enchainent et continuent sans fin, rappellant un peu “Before Sunrise” et “Before Sunset” (déjà avec Julie Delpy). Dans ces deux films, une française et un américain n’étaient pas en couple, alors qu’ils le sont dans “2 Days in Paris”. Peut-être est-ce pour cela qu’il y a plus de disputes… A la fin, on peut voir comment les 2 amoureux réussissent à résoudre leurs problèmes de relation.

En bref, ce film très drôle et animé nous montre un autre côté de Paris et la solution aux problèmes des couples (mixtes ou pas) :D

Du neuf sur Bi-mong, le prochain film de Kim Ki-Duk Ecrit par Pierre le 28.08.08

Kim Ki-Duk nous a habitué à un tel rythme effréné que son prochain film commence à se faire attendre :D “Bi-mong” (”Dream”) devrait toutefois sortir en octobre prochain en Corée, et quelques petits chanceux pourront même le découvrir dès le mois de septembre puisque le film sera en compétition officielle lors du prochain festival international du film de San Sebastian.

Après les premières images publiées sur ce blog, voici la première série d’affiches :

(Cliquez pour agrandir)
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Et en bonus, la première image du film dénichée sur le site du festival :P

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[Vacances] Jour 4 - The Good, the Bad and the Weird Ecrit par Pierre le 11.08.08

Alors que le très attendu (au moins par moi-même) “The Good, the Bad and the Weird” est sorti depuis quelques semaines en Corée et que la sortie francaise a été repoussée au 10 décembre 2008, comment pouvais-je résister ? :D D’autant plus que le cinéma CGV de Yongsan le propose avec des sous-titres en anglais (merci à Jérôme pour l’info).

The Good, the Bad and the Weird

Résultat des courses ? Le film est encore meilleur que ce à quoi je m’attendais : un divertissement certes mais surtout deux heures de pur bonheur, de jubilation concentrée. Sans le moindre temps mort, le film enchaine séquences d’action très bien orchestrées et scènes d’humour d’anthologie avec un Song Kang-Ho (”The Weird”) qui est vraiment LE centre du film, qu’il éclabousse de son génie et de sa classe (sisi). Il est tellement bon que la moindre de ses apparitions finit par engendrer des rires compulsifs.

Maintenant il ne reste plus qu’à attendre impatiemment la sortie francaise :P Et moi je file au marché au poisson de Busan pour ce qui fera surement l’objet d’un futur article ;)

Go - d’Isao Yukisada (2001) Ecrit par Pierre le 02.08.08

Il aura presque fallu attendre la fin du cycle consacré au cinéma japonais (dont voici un bilan) pour que je me décide à écrire sur un film japonais ! Mais qu’importe, cet événement m’aura permis de garnir encore un peu plus ma watch-list (en avait-elle vraiment besoin ?), et de découvrir ce beau film, “Go”, réalisé par Isao Yukisada (via Loky).

Go

“Go” suit le parcours d’un jeune japonais d’origine coréenne. Subissant le racisme et l’exclusion, il enchaine les petits délits. Il décide pourtant de rejoindre un lycée japonais pour s’intégrer aux autres jeunes de son âge. Mais lorsqu’il noue une relation avec une étudiante japonaise, ses origines vont refaire surface.

Le film commence sur des mots forts, prononcés par le héros, ces mots qui lui pourrissent la vie : “race”, “nation”, “origine”, “patriotisme”, “intégration”, “sang”… Des mots qui revêtent pour lui un sens beaucoup plus fort, qui l’empêchent de vivre comme quelqu’un de “normal”. S’ensuit une explosion de colère et de douleur à la mesure de cette frustration. Si le film commence de manière spectaculaire (montage rapide, course poursuite ahurissante avec un métro), il se calme ensuite pour aborder ces thèmes de manière plus posée et très réussie.

Les relations plutôt tendues avec son père, ancien boxeur, sont très touchantes, empreintes d’un respect mutuel mêlé à l’incompréhension. Le film évoque l’amitié, mais aussi l’amour de manière très belle, se posant la question de l’importance des liens du sang dans les relations entre les êtres. Je pense que la réussite du film doit beaucoup à l’interprétation excellente du personnage central (Yôsuke Kubozuka), qui habite chaque plan de sa rage de s’en sortir, ainsi que du rôle du père (Tsutomu Yamazaki) et de la petite amie (Kou Shibasaki), les amis voyous étant un peu caricaturaux.

En résumé, un film beau et attachant qui soulève pas mal de questions, à visionner d’urgence ;)

Semaine faste pour le cinéma coréen Ecrit par Pierre le 23.07.08

Et oui, cette semaine, non pas un mais DEUX films coréens sortent dans les salles quelques rares salles françaises.

Au programme, donc:

Souvenir

- le dernier film d’Im Kwon-Taek (le 100ème de sa carrière !) : “Souvenir”.

Pitch allocine : Un maître du chant traditionnel coréen enseigne son art à sa fille Song-hwa et le tambour à son beau-fils Dong-ho. Le père est un professeur sévère, toujours en quête de perfection pour ses jeunes élèves. Ne supportant plus ses exigences, Dong-ho s’enfuit et abandonne à la fois la musique et sa demi-soeur qu’il aime en secret…

- “Nuit et Jour”, de Hong Sang-Soo, dans lequel nous apparaissons (peut-être) furtivement ! Pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire, jetez un oeil sur ce post puis celui-là ;) . Si jamais vous allez le voir, il s’agit d’une scène où le héros marche dans une rue (qui descend) et nous devrions apparaitre en arrière-plan, marchant dans le même sens que lui une dizaine de mètres derrière (précis, hein ? :D ).

Pitch allocine : Sung-nam, un jeune peintre coréen, doit, pour échapper à une arrestation fuir son pays. Il s’envole pour Paris et trouve refuge dans une pension du 14e arrondissement appartenant à un coréen. D’abord un peu perdu dans ce pays qui lui est inconnu, et souffrant de l’absence de sa femme, il traine dans les rues de Paris. Mais, il s’acclimate progressivement à la vie occidentale et fait la connaissance de deux jeunes Coréennes : Hyun-ju et sa colocataire Yu-jeong, une étudiante aux Beaux-arts. Au fil de l’été, il tombe de plus en plus amoureux de Yu-jeong et de Paris…

Deux films qui bénéficient d’excellentes critiques, alors si vous avez la chance d’habiter près d’une salle parmi la dizaine qui les projette, n’hésitez pas et foncez !