Découverte musicale : E’Joung-Ju Ensemble & Seb Martel Ecrit par Pierre le 01.06.08

C’est le (gros) coup de coeur du dimanche matin. Envie de découvrir une musique un peu “différente” ? Alors jetez un oeil (et deux oreilles) sur les sonorités magnifiques de Lee Joung-Ju, joueuse de gomungo. Le gomungo, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un instrument traditionnel coréen unique et rare que Lee Joung-Ju marie à d’autres instruments pour créer quelques chose de nouveau et différent.

Trêve de paroles, la première chose à faire est de vous rendre sur son myspace pour l’écouter. Vous pourrez également en savoir plus à cette adresse (en français).

Concert

Pour les expatriés (chanceux), sachez que E’Joung-Ju Ensemble (le nom de son groupe) se produira avec Seb Martel (musicien français éclectique que j’avais pu voir avec son groupe “Las ondas marteles” dans un autre registre) au théâtre national de Séoul les 21 et 22 juin prochains. A ne pas rater !
Pour ceux qui sont en France, Lee Joung-Ju se produira en août au Festival des Nuits Secrètes (Nord) et en novembre à Tours. J’espère que d’autres dates s’y ajouteront, avec une proche de Paris ! Je vous tiendrai au courant si j’en apprends plus. En attendant, bonne écoute ;)

Concert de Phoenix et Air au chateau de Versailles Ecrit par Pierre le 30.06.07

Hier soir avait lieu un concert réunissant une série d’artistes originaires de Versailles, dans les jardins du château. Au programme dans l’ordre : Alex Gopher, Etienne de Crécy, Phoenix et Air. Artistes fortement liés, puisqu’Alex Gopher faisait partie du premier groupe des membres d’Air (Orange), qu’il a créé un label avec Etienne de Crécy (ils se sont rencontrés au lycée), et que Phoenix a participé tout comme Air aux B.O. de Sofia Coppola (c’est le chanteur de Phoenix qui chante sur “Playground Love” d’Air).

En tout cas, le cadre était exceptionnel, puisque la scène se trouvait en plein milieu du bassin de Neptune, le public étant dans des gradins installés en arc de cercle autour du bassin. Le seul défaut de cette mise en scène était en fait le temps : une succession d’averses assez frigorifiantes… Le public n’est resté assis que pour le premier artiste à se produire, Alex Gopher, dans un style mi-rock mi-électronique assez sympa à écouter. Il s’est retrouvé debout dès les premières notes d’Etienne de Crécy pour un set électro que j’ai beaucoup apprécié alors que je ne suis pas trop fan du genre. Le mix sur “We Are Your Friends – Never Be Alone” a conclu sa prestation en beauté.

S’en est suivi le moment que j’attendais le plus (beaucoup plus qu’Air en fait), Phoenix. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu ! Ils ont repris la plupart des titres de leur excellent dernier album “It’s never been like that” avec une grande intensité. En particulier un des 2 batteurs qui était déchainé, et surtout Thomas Mars, le chanteur du groupe. Le public entier a notamment été parcouru de frissons aux premières notes de Too Young, titre présent au générique de Lost in translation, sublime ! Lors du dernier morceau, la pluie reprenant de plus belle, le chanteur a disparu quelques instants avant de réapparaitre dans une barque pour rejoindre le public à la rame ! Avant d’interpréter, avalé par la foule, le refrain a capella. A capella, car en fait le groupe n’avait plus de son, les instruments noyés par les cordes (de guitare) qui nous tombaient dessus. Dommage qu’ils n’aient pas pu conclure en apothéose, mais c’est quand même resté un grand grand moment.

Après une attente due à la pluie, les musiciens d’Air ont pu prendre place pour distiller leur pop électro-atmosphérique aux teintes asiatiques. Malheureusement, deux morceaux plus tard, ils doivent s’interrompre car “les synthés sautent les uns après les autres”. Le concert doit donc s’arrêter là, au grand dam des gens venus pour voir Air, et des artistes eux-mêmes ne pouvant se produire devant leur entourage et amis. J’espère qu’ils pourront revenir bientôt (et accessoirement, qu’on nous offre les places :) .

Saleté de temps pourri. Mais qu’est-ce que c’était bon ce concert de Phoenix !

Keren Ann – Olympia (5 mai 2007) Ecrit par Pierre le 06.05.07

Grand, grand moment hier soir, pour le concert de Keren Ann à l’Olympia. Tout à commencé avec une première partie bien sympathique, en l’occurrence les Ukulele Girls, un groupe de 4 filles qui comme leur nom l’indique réinterprètent à leur sauce très personnelle quelques tubes rock ou rap, chacune armée d’un ukulele. Ca sonnait plutôt bien, il était d’ailleurs assez amusant de regarder ces 4 mains bougeant en rythmes, à la manière de petites vagues. Le tout s’est achevé sur une reprise enjouée de la Mano Negra. Pour écouter un titre : www.myspace.com/ukulelegirls.

Ensuite vint Pierre Guimard, chanteur accompagné d’un simple guitare et d’un harmonica. Que dire, si ce n’est que ça claquait bien, de belles petites mélodies. Je ne suis pas spécialement fan du chant et des paroles, mais au moins il maniait bien la guitare. A découvrir ici : www.myspace.com/guimard

Et là, l’instant magique commença. Aux premières notes d’It’s all a lie, premier titre de son nouvel album, Keren Ann envoute son public. Envoutement qui restera croissant jusqu’au bout. Ce qui m’a le plus surpris est sa voix majestueuse, voix forte et puissante, ce qu’on capte moins en écoutant ses albums, capable de monter en puissance dans les aigus ou de rester juste dans les graves. Les chansons prenaient parfois des allures bluesy, jazzy, voire même gospel. On se serait pris tour à tour au fin fond de la Louisiane, puis dans une chorale sud-africaine, ou encore au Cotton Club. Keren Ann a enchainé sur des mélodies douces (Chelsea Burns, I’m not Going anywhere), et des titres plus rock (le génial It ain’t no crime, ou encore Sailor & widow et son débit impressionnant), avec un déhanché qu’on ne lui soupçonnait pas, jouant tantôt avec le public, tantôt avec ses musiciens (parmi lesquels le pianiste n’était autre qu’Albin de la Simone).

Le temps des rappels venus, Keren Ann appelle sur scène la violoniste Karen Brunon pour nous offrir un splendide Que n’ai-je, la seule chanson en français. Le public, debout depuis 10 minutes, en redemande, et cette fois tout le monde se retrouve sur scène, les Ukulele Girls et Pierre Guimard compris, pour une version géniale de Don’t Know What You Got (Till It’s Gone), ma préférée (qu’on ne trouve malheureusement pas sur ses CD) pour finir en véritable apothéose. Et comme elle est généreuse, on a même eu droit pour finir à une dernière mélodie a capela, seuls avec Keren Ann. Magique…