Programme Paris Cinéma 2010 : ouch! Ecrit par Pierre le 10.06.10

La programmation du festival Paris Cinéma 2010 a été dévoilée aujourd’hui, et cette édition mettant le Japon à l’honneur s’annonce particulièrement excellente. Une montagne de films de tous genres sera projetée, parmi lesquels, enfin et hallelujah : “Tetsuo : the Bullet Man” de Shinya Tsukamoto ! Mais ce sera loin d’être le seul film intéressant, je conseille notamment “All Around Us” (Ryosuke Hashiguchi) à tous ceux qui ne l’ont pas vu. Au programme également : des hommages à Koji Wakamatsu et Akira Kurosawa, focus sur Shinobu Terajima et Rinko Kikuchi… des tonnes de choses à découvrir.

Côté cinéma coréen, nous pourrons visionner en avant-première les deux films présents en compétition lors du dernier festival de Cannes : “The Housemaid” (Im Sang-Soo) et “Poetry” (Lee Chang-Dong). Autre film à ne rater sous aucun prétexte : le chinois “City of Life and Death” dont je vous disais le plus grand bien ici et qui sortira par ailleurs en salles le 21 juillet prochain (il FAUT le voir en salles). Ce sera également l’occasion de voir ce fameux “Oncle Boonmee”, palme d’or à Cannes.

Le détail de cette programmation richissime est disponible sur le site officiel du festival. Vivement juillet. Tetsuoooooooo!

Via Cinémasie

FFCF 2009 #9: Bilan Ecrit par Pierre le 18.11.09

La quatrième édition du Festival Franco-Coréen du Film 2009 s’est achevée dans la joie et la bonne humeur hier soir avec la projection du délirant “Robot Taekwon V”, spectacle savoureux de kitsch old-school aux influences multiples (de Goldorak à Bambi !). Cette soirée a aussi été l’occasion pour le jury de récompenser deux films : la palme suprême revenant à “Potato Symphony”, film dont je n’ai pas parlé mais que j’ai trouvé pas mal du tout. Alors que son pitch aux airs de déjà-vu (une histoire de gangsters anciens amis de lycée, assez proche de “Friend”) n’était guère engageant, le film est assez original et évite justement beaucoup d’écueils (un exemple simple : tout le film fait référence à des événements survenus pendant la jeunesse des personnages, mais évite soigneusement les flashbacks). Malgré un vrai problème de rythme sur la première partie et un scénario parfois un peu confus, le film surprend sans cesse et amuse jusqu’à un final très réussi. Le court-métrage “Too Bitter To Love” a également été récompensé (mon avis était mitigé : si j’admets volontiers que le film provoque quelque chose, je l’ai trouvé formellement assez pauvre).

potato-symphony

Côté satisfactions, je tiens à féliciter le festival et ses organisateurs pour la qualité de la programmation : une sélection très variée, énormément d’inédits, des court-métrages, des documentaires, des films anciens… Il s’agit là d’une occasion unique pour voir ces films dont certains ne sont même pas encore sortis en Corée. On peut regretter de n’avoir pas ressenti de vrai “claque”, d’avoir assisté à un pur chef d’oeuvre, mais d’un côté ceux-ci sont rares et le niveau général était quand même très bon (je n’ai d’ailleurs pas l’impression d’avoir vu un seul “mauvais film”, du moins dans les longs métrages). Mention spéciale à la sélection de films de propagande des années 60-70 qui m’a particulièrement plu, et si je n’en ai pas parlé ici c’est que je prépare quelque chose de plus complet sur le sujet (wait and see!). Ce programme était accompagné de “suppléments” de qualité : présence de nombreux réalisateurs, conférence très intéressante, interview des réalisateurs primés presque en direct lors de la clôture…

Autour des films, l’ambiance était excellente et propice aux discussions animées et aux rencontres. J’ai eu l’impression qu’il y avait plus de monde que les années précédentes, ce qui serait une très bonne nouvelle. L’équipe est très accessible, et si le festival n’a pas forcément un côté très “professionnel” comme d’autres rendez-vous plus huppés, ça ne le rend que plus sympathique. Personnellement, j’aurais aimé écrire à propos de plus de films visionnés mais j’ai eu du mal à tenir le rythme sur le blog. Sur ce point mention spéciale à mes camarades de Made In Asie qui ont pratiquement écrit un article par film et à L’Impossible Blog Ciné pas loin derrière. Vous pourrez aussi retrouver le compte-rendu complet de Xavier sur cinemasie (première partie dispo). Pour terminer, un moment particulièrement fort et frustrant fut l’hommage à la jeune réalisatrice Jin Lee disparue il y a un mois et demi, l’occasion de découvrir un talent très original, un univers particulier, très sensoriel. J’espère qu’on aura l’occasion prochainement de voir son unique long-métrage, “Trans”.

Ah sinon, gros problème : il faut attendre un an avant le prochain !

FFCF 2009 #8: Punch Lady – de Kang Hyo-Jin (2007) Ecrit par Pierre le 15.11.09

On ne gagne pas à tous les coups… Si jusqu’à maintenant j’ai plutôt trouvé la sélection plutôt intéressante (avec du moyen, du pas mal et du très bien), ce film est vraiment au fond du panier (même si toutes proportions gardées, il n’est pas spécialement “désagréable” à regarder).

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Ha-Eun est une mère au foyer élevant sa fille qui est au collège. Elle est mariée à un champion de K-1 (Kick-boxing japonais). De nature docile et gentille, Ha-Eun a enduré pendant 13 ans les violences conjugales. Lors d’une conférence de presse de K-1, elle s’en prend vivement à son mari et le défie à un combat sur le ring. Elle n’a seulement que 3 mois pour s’entraîner avant de le combattre. (source)

“Punch Lady” tente de courir deux lièvres à la fois. D’un côté, il se veut portrait fort d’une femme battue en quête de rédemption, envers sa fille mais aussi envers elle-même. Longtemps victime silencieuse, incapable de résister à son mari ultraviolent, elle prend son courage à deux mains pour lui faire subir le même sort. Le problème, c’est que le scénario est l’un des plus invraisemblables que j’ai vu depuis longtemps. Ca n’est absolument pas crédible (c’est même assez délirant), ce qui forcément n’aide pas le spectateur à se sentir impliqué dans le film. Et ce n’est pas la surenchère d’effets censés provoquer l’émotion qui va y changer quelque chose, bien au contraire.

Reste l’aspect comédie qui est l’autre caractéristique du film, et qui pourrait en quelque sorte “excuser” le scénario. Mais cet aspect n’est malheureusement pas plus réussi. Il mise principalement sur une ribambelle de personnages secondaires caricaturaux, surjouant de manière quasi-hystérique. Le film mise sur des gags lourdingues (à base de grosses gamelles) pour tenir le rythme, il est en plus beaucoup trop long. Non, c’est le déroulement improbable du scénario qui m’a le plus fait rire (jaune).

Il reste tout de même des aspects intéressants dans ce film, notamment sa manière plutôt frontale d’aborder le sujet des violences conjugales faites aux femmes. La première scène de violence entre Ha-Eun et son mari est brutale et interpelle, d’autant que si les hommes sont souvent violents, de telles images sont rarement montrées aussi directement dans le cinéma coréen. Mais je ne suis pas convaincu que traiter ce sujet grave de manière aussi légère et utopique fasse avancer quoique ce soit.

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FFCF 2009 #7: Norwegian Woods – de No Zin-Soo (2009) Ecrit par Pierre le 14.11.09

Voilà un film que j’attendais avec une certaine impatience depuis cet article il y a quelques semaines, il s’est révélé être au-delà de mes espérances, et mon gros coup de coeur de ce festival (pour le moment).

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Un coupe adultère venu s’envoyer en l’air dans une voiture, trois lycéens adeptes de drogues douces et deux gangsters investis d’une étrange mission se retrouvent dans une même forêt. La présence d’un étrange psychopathe va mêler leurs destins…

Le film débute en trompe-l’œil sur une espèce de scène à la Blair Witch en noir et blanc… qui représente finalement tout ce que le film ne sera pas. Car le but n’est pas d’effrayer le spectateur, et les séquences “gores” seront assez rares. Non, la grande force du film, c’est son humour ravageur, son ton constamment décalé. Plus qu’aux films horrifiques ou autres comédies gore, “Norwegian Woods” m’a fait penser au cinéma des frères Coen, tendance “Fargo” ou “Blood Simple”. Personnages bavards avides de débats futiles et absurdes, loosers magnifiques engendrant gaffes en chaîne, humour très noir… Ce film est un véritable festival qui m’a captivé et amusé du début à la fin sans le moindre temps mort.

Au-delà de son excellente écriture (dialogues savoureux et quiproquos hilarants s’enchainent), le film se distingue par sa réalisation imaginative et dynamique. Le réalisateur abuse de caméras subjectives (un autre point commun avec les Coen) ou collées face aux personnages pour mieux nous plonger au coeur de l’action et constamment nous surprendre par des contre-pieds astucieux. Une partie des effets comiques vient d’ailleurs du montage qui vient accentuer les contrastes de point de vue entre les personnages. Ajouté à cela une musique champêtre tout aussi décalée, on obtient une vraie petite bombe totalement jubilatoire.

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Le réalisateur a d’ores et déjà prévu de boucler sa “trilogie norvégienne” avec “Norwegian Hotel” (comédie sexy et gore) et “Norwegian Hospital” (comédie plutôt sociale). J’attends vivement la suite (je vais même aller le revoir, tiens) !

FFCF 2009 #6: Courts-métrages 1 Ecrit par Pierre le 13.11.09

Suite et fin de la section court-métrage qui s’est avérée assez cool et variée cette année.

Fish – de Byun Byung-Jun (2008)
“Fish” débute sur la découverte d’un corps noyé dans une rivière. En parallèle, on suit les traces d’Eun-Jin, qui travaille à temps partiel dans un PC-bang. Ce court m’a un peu déstabilisé puisque le cerveau ramolli par le froid extérieur, j’ai mis trois plombes à comprendre ce qui est paru évident pour d’autres (c’était même écrit dans le synopsis, que je n’avais pas lu). Ce n’est finalement pas si grave, car l’intérêt du film n’est pas dans son histoire mais bel et bien dans son ambiance sombre et trouble, hyper travaillée. Le film est très bien mis en lumière et dégage quelque chose de glauque et pesant (les scènes autour du corps m’ont un peu fait pensé à “Memories of Murder”). Bien fait mais un peu long.

Stop – de Park Jae-Ok (2008)
Court très court, mais aussi et surtout très drôle. L’aventure extraordinaire d’un homme et sa vieille mère qui au cours d’un accident de voiture seront amenés à défier les lois du temps. Avec son look bricolé au crayon, “Stop” est un vrai festival de drôlerie, capable d’arrêter le temps mais sans le moindre temps mort. Un petit bijou.

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Hybrid – de Saino Kim(2008)
Un autre grand moment de rigolade. “Hybrid” est l’aventure d’un touriste français égaré dans la Corée profonde (même si après le tout le film pourrait se dérouler dans n’importe quel coin perdu). Il croise la route d’un chauffeur mutique qui le prend en stop. Etonné par l’attitude de cet homme qui n’arrête pas de boire et de pisser dans des bouteilles, notre touriste va vite tomber des nues. Le film est très simple mais parfaitement exécuté, l’incompréhension mutuelle et le contraste frappant entre les deux hommes attise à merveille la curiosité et l’attention tout au long de ce road-movie à l’issue totalement jubilatoire.

Coldblood – de Park Mi-Hee (2008)
Le film le plus surprenant du lot : un automobiliste bien beauf manque d’avoir un accident à cause d’un vélo. Furieux, il entreprend de poursuivre et punir son chauffeur. Mais sa colère se retourne contre lui. On ne sait pas trop où le réalisateur veut en venir, mais le film se révèle assez drôle, quoiqu’un peu répétitif sur la fin. Visuellement, le film comporte des choses assez chouettes, entre expérimentations graphiques (noir et blanc avec filtre vert, jeux d’ombres, cadre astucieux) et ambiance mêlant suspense et humour décalé.

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Too bitter to love – de Gone (2008)
Le maillon faible du lot qui a un peu plombé l’ambiance de cette joyeuse série. Ce court nous plonge d’abord de manière très intimiste dans une chambre pour assister au dépucelage de deux ados. C’est plutôt réaliste, mais pas particulièrement intéressant. Le pire arrive ensuite lorsque, profitant du départ du garçon, un voisin vient violer la fille. Cet acte assez immonde fini, le film se termine et nous laisse comme ça dans une position voyeuriste, sans la moindre réflexion, sur un générique silencieux. Ouch.