FFCF 2009 #5: A.U.D.I.T.I.O.N. – de Kim Seong-Jun et Lee Je-Cheol (2009) Ecrit par Pierre le 12.11.09

Suite du FFCF 2009 avec “A.U.D.I.T.I.O.N.”, un petit film “made in Busan”. J’ai cru comprendre que le film n’avait guère été apprécié, ce qui m’étonne assez puisqu’il m’a personnellement beaucoup plu.

Hyun-Ji, une jeune fille sourd-muette, vit renfermée sur elle-même. Un beau jour, elle fait la connaissance de Won-Jun, un B-Boy qui danse devant de temps en temps chez elle. Celui-ci demande à Hyun-Ji de lui apprendre la langue des signes.

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En repensant au film, je me dis qu’en effet le déroulement de l’histoire n’est guère original (le choix des personnages l’est plus), que la réalisation n’est pas particulièrement remarquable ou encore que le film frôle à quelques reprises le mélo culcul. Et pourtant… Il est parfois difficile d’expliquer pourquoi on a apprécié un film. En le décortiquant a posteriori, on lui trouve défaut après défaut, on note toutes ses petites imperfections, et pourtant l’impression au sortir du film était toute autre : celle d’un bon moment passé devant un film simple et attachant. On rembobine.

“A.U.D.I.T.I.O.N.” débute sur la rencontre assez improbable de deux personnes a priori éloignées mais pourtant avides de communiquer. Toute la première partie du film sera consacrée à leur apprentissage, leur découverte mutuelle. Lui est un éternel impatient, qu’on imagine avoir abandonné l’école, et qui pourtant se retrouve fasciné par cette gestuelle pas si éloignée de la danse qu’il pratique, et retrouvant le désir d’apprendre (de manière parfois honteuse et maladroite). Elle se demande ce qui peut bien intéresser ce garçon, mais se décide peu à peu à sortir de son trou et à apprivoiser le regard des autres. Par petites touches, avec simplicité et humour, chacun apprend à mieux connaitre l’autre.
La seconde partie reprend un schéma plus classique, celui du film de concert/théâtre/sport ou toute autre performance de groupe : galères des répétitions, personnage absent à l’heure H, qui finalement arrive au dernier moment… Peu de surprises au programme, reste le plaisir de voir cette fille complètement rigide au départ s’éveiller au rythme de la musique. La relation difficile entre Hyun-Ji et son père est traitée de manière assez étrange puisqu’ils ont très peu de scènes ensemble, le film préférant montrer les errances solitaires et saugrenues du père. Dommage que tout soit “expliqué” à la fin du film via un flashback/piano bien inutile. Car tout le reste du film parvient justement très bien à éviter la lourdeur de beaucoup de films du même genre. Contrairement à ce que j’ai pu lire, j’ai trouvé les deux jeunes interprètes très convaincants et ils sont pour beaucoup dans la fraîcheur de ce film profondément humain. Bref, j’ai marché.

FFCF 2009 #4: Viva! Love / First Love – (Re)découverte de l’amour Ecrit par Pierre le 11.11.09

J’ai choisi de mettre en parallèle ces deux films “d’amour” vus presque coup sur coup au FFCF. Au delà de leurs titres quasi-similaires, ces deux films possèdent quelques points de comparaison (une femme à la (re)découverte de l’amour) mais empruntent des directions diamétralement opposées.

First Love – de Lee Myung-Se (1993)
Young-Shin est une étudiante en première année d’école d’art. Elle attend avec impatience la vie étudiante mais rien ne se passe comme elle l’espérait. Un jour, elle rencontre Chang-Wook, le directeur d’un théâtre qu’elle trouve indécent. Mais peu à peu, elle tombe amoureuse de lui. (source)

Viva! Love – de Oh Jeoum-Kyun (2007)
Bong-Soon, propriétaire d’une maison, tombe enceinte après avoir passé la nuit avec un copain de sa fille. Ce film nous présente l’histoire d’amour d’une femme bien plus âgée que son amant. (source)

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Tous deux partent d’un amour à priori impossible : dans “First Love”, Young-Shin est d’abord dégoûtée par son professeur, ses manies de fumeur et de buveur, ses mauvaises manières. Dans “Viva! Love” la mère de famille est 20 ans plus âgée que son amant et doit faire face à la concurrence de sa propre fille, aussi séduisante qu’insupportable. Pourtant dans les deux cas, l’objet de leur amour n’opposera pas une résistance farouche et joueront très bien les victimes consentantes. Là où les deux films diffèrent totalement, c’est dans le traitement de cette romance et les relations entre les deux amants : dans le premier film cette relation est discrète, très traditionnelle (on se tient la main, on s’effleure à peine, on ne se regarde pas dans les yeux). Tout l’humour du film est basé sur la naïveté et les minauderies irrésistibles d’une Kim Hye-Su âgée alors d’une vingtaine d’années seulement. Dans le second, l’histoire d’amour est au contraire complètement assumée (alors que paradoxalement elle peut apparaitre plus “choquante” que l’autre). Dans une scène délicieusement surréaliste, la mère de famille décide de vivre pleinement son amour, quitte le lit conjugal pour rejoindre celui de son jeune locataire, sous les yeux de son mari impuissant et médusé. La force comique du film vient cette fois du comportement de cette femme qui semble pourtant revenue de tout, agissant de la sorte sans la moindre culpabilité et se retrouvant une âme de jeune fille (se livrant même à des minauderies d’un autre genre).

Si “First Love” démarre de façon très légère en illustrant les tribulations amoureuses de sa jeune héroïne par des moyens très divers (photos, animation et autres effets kitsch…), il change toutefois de ton dans sa dernière demi-heure pour devenir beaucoup plus sombre et tenter vainement de nous émouvoir (le final se révèle complètement plombant, avec des plans interminables sur les décors de studio censés illustrer les quatre saisons de l’année). Au contraire, “Viva! Love” va crescendo, mettant d’abord en avant le quotidien difficile et monotone de la mère de famille pour complètement se débrider sur la fin, la romance de cette femme déclenchant une véritable vague d’amour dans tout le village devenu hystérique. De drame social un poil ennuyeux, le film se transforme en comédie jubilatoire à tel point qu’on regrette un peu qu’il ne se soit pas lâché plus tôt.

Réalisé quelques années avant le renouveau du cinéma coréen de la fin des années 90, “First Love” vieillit assez mal au regard de la profusion de films qui lui ont succédé, mais garde toutefois un certain charme vieillot. De son côté, “Viva! Love” détourne les clichés habituels en offrant à travers cette romance originale et moderne un intéressant portrait de femme.

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FFCF 2009 #3: Regards croisés 1 Ecrit par Pierre le 10.11.09

Encore et toujours des court-métrages avec cette fois-ci la première partie de la sélection “Regard croisés” proposant des films de jeunes réalisateurs coréens et français sur le thème de l’homosexualité.

Une si petite distance – de Caroline Fournier (2008)
A l’inverse de la session précédente, c’est le premier court-métrage qui s’est révélé être mon préféré. Le pitch était déjà accrocheur : une jeune femme découvre un petit trou dans sa cloison duquel elle peut apercevoir la baignoire de sa voisine. Lorsque cette dernière la surprend, une sorte de jeu va s’instaurer entre les deux femmes. J’ai beaucoup aimé la mise en scène très soignée, le sens du cadre et l’atmosphère empreinte de mystère qui captive tout au long du court malgré son rythme plutôt lent. En très peu de temps, la réalisatrice parvient à donner une vraie identité à cet univers confiné, au moyen de quelques accessoires très bien utilisés (le rideau de perles, le ventilateur). Les deux actrices parlent peu mais jouent juste, et le film se clôt se manière sublime. Je suis conquis !

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Boy meets boy – de Kim Jho Gwang-Soo (2008)
Court-métrage tout-à-fait surprenant, “Boy meets boy” ressemble à ces clips interminables tirés des dramas coréens, à la différence près qu’il met en scène une romance entre deux jeunes garçons. C’est dégoulinant de guimauve, chaque mouvement ou émotion est renforcée par un gros plan et une musique sirupeuse. En plein milieu, un intermède musical délirant nous amène un ange (interprété par Ye Ji-Won, méconnaissable) pour une séance de karaoké, l’occasion d’une belle tranche de rire. C’est tellement gros qu’on se demande si tout n’est qu’à prendre au second degré ou pas. Là, on ne sait trop quoi penser et le film fait furieusement penser à un “film de prévention” niais qu’on pourrait montrer dans des écoles primaires.

Un peu de soleil dans les yeux – de Stéphane Botti (2009)
Plus terre à terre que les courts précédents, “Un peu de soleil dans les yeux” met en scène un jeune homme amoureux de son meilleur ami, ce dernier n’ayant d’yeux que pour une blonde ado plantureuse. J’ai craint au départ que le film n’affiche son “message” de manière beaucoup trop lourdingue (“je suis rejeté et solitaire à cause de ma différence, comme c’est malheureux”), et j’ai finalement trouvé que le film s’en sortait assez bien et plus subtilement que prévu. Plutôt que de montrer en large et en travers le quotidien difficile du jeune garçon (clairement pas les scènes les plus réussies), le film s’attarde sur sa confession étonnante devant un arbre en pleine forêt. Une confession sincère et poignante qui intrigue d’abord, émeut ensuite, portée par une excellente musique.

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Run, Vino – de Hong Dong-Myung (2007)
Une jeune femme donne des cours de soutien à une lycéenne. Une relation forte se noue entre les deux. “Run, Vino” est un film frustrant, mais dans le bon sens du terme, puisque j’aurais aimé qu’il dure plus longtemps, intéressé par ses personnages et surpris par sa fin abrupte. Le court est notamment ponctué d’une étonnante course entre une grosse moto et une petite mobylette, à la fois drôle et intense. J’ai beaucoup aimé cette façon de scruter le regard profond des personnages sans dévoiler ce qui se cachait à l’intérieur. Plutôt mignon et attachant.

Les filles de feu – de Jean-Sébastien Chauvin (2008)
Je vais avoir du mal à parler du film parce que je suis complètement passé à côté, pour faire simple je n’ai rien compris. “Les filles de feu” met en scène la rencontre, puis la séparation et les retrouvailles de deux femmes. Filmé dans un 4:3 glauque, le court dégage une atmosphère pesante sans qu’on en décèle vraiment les raisons. Il est agrémenté de dialogues surréalistes répétés à foison, faisant penser à certaines pièces de théâtre contemporain. Pour moi l’expérience a été particulièrement désagréable. Le prix Beetles de l’année ?

Vivement la suite !

FFCF 2009 #2: Courts-métrages 2 Ecrit par Pierre le 08.11.09

Vous pouvez retrouver au jour le jour mes articles, mais aussi et surtout ceux d’autres bloggeurs (plus réguliers et productifs que moi !) sur le “Daily Blog” officiel du festival.

Retour sur la première séance de courts-métrages diffusés lors du FFCF 2009. Comme toujours avec ce genre de sélection : il y a du bon et du moins bon, mais globalement cela reste toujours agréable de découvrir des genres, des personnalités, des univers bien différents.

Unfamiliar Dreams – de Kim Ji-Gon (2008)
Ce premier court est une succession de longs, très longs plans fixes au sein d’un vieux cinéma. Au fond, on aperçoit le vieux projectionniste qui regarde la télévision, et toutes ces images et ces sons se mélangent pour former une ambiance particulière. Que dire de plus si ce n’est que le film se révèle très aride et avare envers le spectateur qui n’aura pas grand chose à se mettre sous la dent pendant ces plans interminables. C’est parfois intrigant, mais trop souvent l’ennui prend le dessus. Pour vous donner une idée, le film ressemble un peu à “24 City” de Jia Zhang-Ke mais sans les personnages qui racontent leurs histoires. Il y a un public pour ce genre de film, personnellement j’ai du mal. Heureusement ça reste un court.

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Dust Kid – de Jung Yumi (2009)
Très joli petit film d’animation que ce second court-métrage. Une femme se lève et entreprend de nettoyer son appartement. Elle ne cesse de tomber sur des “enfants-poussières”, petites miniatures d’elle-même qui aiment se cacher un peu partout. Les “décors” sont graphiquement très réussis, tout comme le traitement sonore qui donne vie à chaque mouvement. J’ai bien aimé l’animation avec peu d’images par seconde, elle donne un aspect direct, presque enfantin aux personnages. Un bel instant poétique.

Balcon à part – de Gwak Mi-Sung (2008)
Un jeune coréen à Paris galère pour obtenir un titre de séjour et doit faire face à une invasion de pigeons. Au delà de ses bonnes intentions (métaphore du pigeon pour représenter l’immigré), le court se révèle plombé par son pauvre jeu d’acteurs et une diction monocorde insupportable. Il n’y a aucun ton dans ce qui sort de la bouche de l’acteur principal (si vous croisez Xavier, il en fait une imitation fantastique), ce qui pose un vrai problème puisque tous les dialogues paraissent complètement faux et écrits. Il n’y a qu’à la fin, lorsque les deux personnages se livrent à une joute théâtrale en vers, que cette diction est moins gênante. C’est dommage car on trouve quelques bonnes idées, quelques plans chouettes bien aidés par la musique, et l’on pourra se révéler indulgent puisqu’il s’agit d’un premier court-métrage.

Untitled – de Bak Junyeong (2007)
Le film s’appelle “Sans titre”, il aurait aussi pu s’appeler “Sans contenu”, tellement il est vide de toute ambition. Un écrivain va faire photocopier son manuscrit, puis revient le chercher le soir venu, c’est à peu près tout. On peut critiquer les autres courts, mais au moins ceux-ci possèdent une démarche, quelque chose à exprimer qui m’a paru totalement inexistant ici.

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Suicidal Variations – de Kim Gok et Kim Sun (2007)
LA claque de cette mini-sélection (et de ce début de festival). Film qui sera au moins autant détesté qu’apprécié, “Suicidal Variations” met en scène et en noir et blanc le suicide d’une femme effrayée par une mystérieuse boite. Sous sa forme, le film se révèle totalement expérimental et hallucinant, comme si tel un DJ frénétique le réalisateur avait “mixé” son film. Effet stroboscopique, montage ultra-découpé, profusions d’images à la limite de l’abstrait pour une immersion totale dans la folie et l’angoisse de cette femme. J’ai cru à un moment que j’allais y perdre la vue mais le film m’a fait l’effet d’un Grand 8 dans un parc d’attraction : la tête en arrière collée au siège, les yeux plissés et le souffle coupé, avec un sentiment particulièrement jouissif. Je suis vraiment content d’avoir pu découvrir ce film radical en salles et d’avoir ainsi pu en ressentir l’effet maximum. A déconseiller (sérieusement !) aux épileptiques.

FFCF 2009 #1: Breathless – de Yang Ik-June (2008) Ecrit par Pierre le 05.11.09

Film d’ouverture du FFCF 2009, “Breathless” est un film que j’avais déjà vu au festival de Deauville en avril dernier (voir mon avis de l’époque). Il m’avait laissé une impression très mitigée : si j’avais été séduit par la première partie, la seconde et notamment les 30 dernières minutes m’avaient horripilé. Je suis donc retourné le voir avec la ferme intention de comprendre son succès festivalier (le film a remporté le grand prix à Deauville mais aussi dans d’autres festivals). Assez étonnamment, cette seconde vision m’a fait voir le film sous un angle tout à fait différent, je l’ai même beaucoup apprécié !

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Sang-Hoon, un recouvreur de dettes, met en rage tout son entourage. Rien ne lui fait peur mise à part une vieille blessure familiale. Un jour, il rencontre une lycéenne, Yeon-Hee. Il commence à s’intéresser à elle pour son fort caractère mais, apprenant que son père vient d’être libéré après 15 ans de prison, la colère s’empare de lui… (source)

Dès les premières minutes, j’ai été surpris par la richesse du film : montage de grande qualité, coupes bien senties, utilisation intelligente du cadre (la première rencontre entre Sang-Hoon et Yeon-Hee est un coup de foudre original tonitruant), Yang Ik-June cultive l’inattendu. Filmant très près de ses personnages, il n’a cesse de nous surprendre et nous prendre à rebrousse-poil. J’avais d’ailleurs également oublié à quel l’humour était omniprésent tout au long du film (j’ai encore du mal à me remettre de la trogne d’abruti fini du collègue lycéen de Sang-Hoon).

Le traitement de la violence m’était apparu assez caricatural au premier abord, il se révèle finalement bien construit. Le film débute sur un homme en train de tabasser une femme. Sang-Hoon surgit, et frappe violemment l’homme. Une fois celui-ci neutralisé, il crache et gifle la femme. “Pourquoi est-ce que tu supportes ça, connasse ?” La violence est son seul moyen d’expression. Initialement présentée sous un angle comique et absurde (Sang-Hoon est un vrai bourrin, frappe tout le monde, jure à tout va…), elle va peu à peu apparaitre de plus en plus froide et crue. Après avoir été entrevue à travers une vitre floue, la violence éclate à l’écran, plein champ, brutale et excessive jusqu’à provoquer un malaise chez le spectateur, jusqu’à nous faire ressentir le dégoût que Sang-Hoon s’inspire à lui-même. C’en est presque étouffant, et ça explique peut-être pourquoi j’étais passé à côté d’une partie du film la première fois.

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L’interprétation est assez exceptionnelle, le duo d’acteurs principaux se révèle bouleversant, en particulier lors de cette scène, véritable tournant du film, où Sang-Hoon exhorte avec une violence incroyable un médecin de sauver son père. Peu après, il retrouve Yeon-Hee et chacun, excédé par ses propres problèmes, montre son vrai visage à l’autre et pleure à chaudes larmes. C’est après cette scène, tellement belle que j’aurais aimé qu’elle close le film, que l’histoire avait commencé à m’agacer la première fois, alors que j’ai été beaucoup moins gêné cette fois-ci.

Car dès lors, le scénario a tendance à devenir sérieusement caricatural voire tire-larmes alors que le film conservait une certaine pudeur jusque là. C’est dommage car le film sait par moments très bien toucher sans trop appuyer, mais mêler (sans trop en dévoiler) repentance du héros, histoires familiales, flashbacks ultra-dramatiques et spectacle d’école du neveu de Sang-Hoon (fut-il déguisé en leprechaun !), c’est too much. Malgré tout, cela se révèle anecdotique au vu du reste du film et le dernier plan sublime s’attardant sur le regard de Kim Kot-Bi m’a presque fait pardonner au film tous ses défauts.