Love Letter - de Shunji Iwai (1995) Ecrit par Hyewon le 10.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Etant donné que c’est le mois du film japonais, j’ai choisi de regarder “Love Letter”. Ce film a donné aux Coréens l’occasion de découvrir le cinéma japonais. (Encore aujourd’hui, la Corée n’ouvre pas facilement la porte à la culture japonaise.) Il y avait plusieurs essais pour importer des films. Si je me souviens bien, ce film est un des premiers films japonais qui est sorti dans les cinémas coréens.

Ce film, cependant, était déjà populaire avant sa sortie : il existe une rumeur comme quoi deux cent mille vidéos illégales circulaient déjà en Corée. Ma professeur de Coréen au collège, elle aussi, l’a regardé en cachette dans une salle de l’université avec quelques amis. C’est elle qui m’a recommandée ce film. Quand il est sorti, plus d’un million de personnes ont accouru vers le cinéma.

Love Letter

Une jeune femme dont le fiancé est mort il y a deux ans, décide de lui écrire une lettre à son ancienne adresse. Curieusement, elle reçoit une lettre de Fujii Itsuku, une femme ayant le même nom que son fiancé défunt. Elles échangent des lettres pour partager chacune des souvenirs.

Ce qui m’attire dans ce film, plus que l’intrigue, ce sont les scènes qui nous montrent la beauté de l’hiver et la musique. En particulier, la scène, qui est devenue “la scène culte” où l’héroïne crie vers la montagne, est toujours belle. A cause de cette scène, beaucoup de jeunes coréennes ont commencé à apprendre la langue japonaise.

Même si ce film est un peu vieux (13 ans à peu près), il n’est pas démodé ou enfantin. Je vous conseille de le regarder. Avec quelqu’un si c’est possible. :)

Mes films japonais préférés Ecrit par Pierre le 06.07.08

Je réponds là à la question ouverte de Wildgrounds dans le cadre du fameux Cycle Cinéma Japonais, qui demande à tous les lecteurs et participants de citer la liste des films japonais qu’ils préfèrent.

Cycle Cinéma Japonais

Question toujours difficile même si ma liste de films à voir excède peut-être celle des films vus. Voici donc ce que je dirais en désordre :

- Les Sept Samourais : le plus grand film de tous les temps ?

- Dersou Ouzala : peut-être le premier film japonais que j’ai eu l’occasion de voir, quand j’étais encore tout jeune. Je me souviens qu’il m’avait profondément marqué.

- L’Eté de Kikujiro : pas facile d’en choisir un dans la filmographie de Kitano ! J’ai mis celui qui évoque le plus son côté poétique et empreint de fantaisie.

- Le Tombeau des Lucioles : celui qui ne verse pas une larme à la vue de ce film absolument bouleversant ne peut pas être humain ! Sur un thème proche je conseille à tous la lecture du manga “Gen d’Hiroshima“.

- Le Château dans le Ciel / Le Voyage de Chihiro : je n’arrive pas à me décider entre ces deux films sublimes de Miyazaki (j’ai toujours trouvé Princesse Mononoke un peu en deçà, mais je sais que beaucoup ne partagent pas cet avis).

- Baby Cart : j’en parlais encore récemment, ses jets d’hémoglobine et son héros bourru ont rendu la série culte. L’épisode 2, avec ses trois méchants tout droit venus de l’Enfer, est à mon sens le plus marquant (voir la critique d’Epikt à ce sujet).

- Noriko’s Dinner Table / Strange Circus : leur vision est encore récente et j’aurais besoin de les revoir pour totalement les digérer. Il s’agit en tout cas de deux des films les plus fascinants et dérangeants que j’ai eu l’occasion de voir !

- Battle Royale : un concept tellement jubilatoire !

- Cure : mon Kiyoshi Kurosawa préféré, mêlant suspense et horreur à la perfection.

Les Sept Samourais

Zatoichi - de Takeshi Kitano (2003) Ecrit par Pierre le 01.07.08

(Cet article fait partie du Cycle Cinéma Japonais, dont vous pouvez retrouver tous les articles chez WildGrounds)

Pour débuter ce cycle, quoi de meilleur que de revoir un excellent Kitano ? Je ne suis pas un expert du cinéma japonais, surtout ancien (j’ai été biberonné aux Kurosawa et Baby Cart, mais ça s’arrête là) et n’ai jamais vu un des Zatoichi originaux, mais ce film constitue pour moi une synthèse parfaite entre les “vieux classiques” et le cinéma contemporain, avec un de ses plus glorieux étendards aux commandes. Je conseille donc vivement à tous les néophytes de voir ce film qui devrait attiser leur envie de découverte.

Zatoichi

“Zatoichi” nous fait suivre un bout de chemin du fameux masseur aveugle qui cache en réalité un redoutable samouraï. Alors qu’il fait escale dans une ville, Zatoichi fait la connaissance d’un couple de geishas qui va l’amener à affronter les membres de la pègre locale et le terrible ronin que ceux-ci ont engagé.

Ce film nous replonge avec délice dans l’ambiance des Baby Cart, avec ses méchants hirsutes et mal élevés, ses membres tranchés et ses jets d’hémoglobine. Hormis bien sûr les combats superbement réalisés, Kitano a apporté une délicieuse note d’humour omniprésente tout au long du film. Que ce soit la galerie de personnages pittoresques, les situations absurdes ou encore les géniales trouvailles de mise en scènes (voir les séquences avec les ouvriers et la musique !), ce film regorge de petits plaisirs et se laisse regarder avec jubilation.
Avec un film plutôt éloigné de ce qu’il a l’habitude de faire, Kitano s’en sort parfaitement tout en gardant sa patte personnelle qui le rend si attachant de film en film, une vraie réussite donc.

Zatoichi

(et en plus, Hyewon a aimé, oui oui un film japonais !)

Sorties DVD de Juin Ecrit par Pierre le 13.06.08

Quelques mois après l’excellent coffret “Suicide Club”, Kubik reviendra le 24 Juin prochain avec une double sortie pour le moins intéressante.

Crying Fist

Le premier des deux est un film coréen encore inédit en France et que j’ai eu la chance de voir en Corée. Le réalisateur n’est pas inconnu puisqu’il s’agit de Ryu Seung-Wan, dont les films “No Blood, No Tears”, “City of Violence” sont déjà sortis ici. Ce film qui est un de ses meilleurs met en scène l’histoire parallèle de deux boxeurs aux parcours totalement différents, tout deux très difficiles, qui sont amenés à s’affronter. Deux personnages excellemment joués par le propre frère du réalisateur (Ryu Seung-Beom) et par Choi Min-Sik (”Old Boy”, “Ivre de femmes et de peinture”…), dans ce qui reste son dernier film à ce jour (en attendant un prochain retour). Un film dur et prenant qui monte crescendo jusqu’au final ahurissant, et qui m’avait laissé un très bon souvenir.

Tokyo Zombie

Je n’ai encore jamais vu le second, mais cela fait un moment qu’il me tente. “Tokyo Zombie” a l’air d’un film totalement barge et (je l’espère) jubilatoire. Il suffit de voir le pitch pour cerner l’ambiance : “Adaptation du manga de Hanakuma Yusaku, “Tokyo Zombie” dépeint la morne existence des collègues de travail Fujio et Mitsuo, qui passent leur temps à s’entraîner au jujitsu. Leur quotidien sera passablement bouleversé par l’intrusion de zombies, cadavres vivants se soulevant de la proche décharge “Black Fuji”. Fujio ne résistera pas à l’attaque des mort-vivants. Cinq ans plus tard, tout le Japon est sous emprise des zombis; seule une poignée d’humain sa réussi à se cloîtrer dans une grosse tour, où ils organisent des jeux de combat à vie et à mort entre morts et vivants. Mitsuo aura à affronter son ancien sensei, Fujio en un dantesque duel.“. ;)

Cycle cinéma japonais à venir Ecrit par Pierre le 05.06.08

A l’initiative de l’excellent blog Wildgrounds, un groupe de bloggeurs va consacrer durant le mois de juillet une série d’articles sur le cinéma japonais, afin de faire découvrir des pépites méconnues, de donner son point de vue sur des monuments sacrés ou tout simplement de partager ses coups de coeur.

Cycle cinéma japonais

L’idée est de proposer une sélection éclectique et une belle émulation entre les différents participants. Si jamais vous être intéressés, rejoignez-nous, c’est ouvert ! Faites un petit tour sur Wildgrounds qui regroupera centralisera l’activité du cycle et le tour est joué ;)

Bon, pour ma part il est difficile de convaincre ma coréenne d’épouse de regarder des films japonais (en plus je l’ai traumatisée avec les films de Sono Sion), mais je vais tenter de faire de mon mieux ! Attendez-vous donc à voir plus de cinéma japonais que coréen en juillet sur ce blog ;)

[Test DVD] Coffret Suicide Club Ecrit par Pierre le 27.04.08

Voici comme promis le test complet du tant attendu (au moins par moi-même) coffret “Suicide Club”.

DVD Suicide Club

Image/Son :

Dans le premier DVD (”Suicide Club”), l’image est bizarrement au format 4:3, alors que le film est en 16:9. Pas d’inquiétude, le film n’est pas déformé mais comporte donc deux bandes noires horizontales. La qualité de l’image est tout à fait correcte, sans plus, mais sans doute est-ce dû à l’œuvre originale : Sono Sion vante d’ailleurs dans les bonus l’aspect parfois amateur/crade des films par rapport à d’autres techniquement parfaits mais totalement aseptisés.
Sur le second DVD (”Noriko’s Dinner Table”), l’image est cette fois-ci bien au format 16:9, et un peu plus propre que dans le premier.
Côté son, j’admets ne pas être un puriste de la chose, et les deux versions originales m’ont paru tout à fait correctes. La VF est atroce, j’ai envie de dire comme d’habitude et tant mieux : ça se regarde en VO !

DVD Suicide Club

Bonus :

- Interview de Sono Sion (11 min) : très intéressant même si on reste sur sa faim (c’est carrément un commentaire audio tout au long du film qu’il faudrait… ou pas). L’auteur y aborde notamment son rapport très métaphorique à la violence. Anecdote assez amusante, il exprime son désir de tourner un film à Paris, mais pas pour en faire l’éloge : si au départ il en verrait les qualités, c’est lorsqu’il en connaitrait les défauts qu’il pourrait commencer un film intéressant (par exemple Paris en flammes ?!).

- Reportage “Au pays du suicide” (16min) : il s’agit en fait d’une mini conférence de Julien Sévéon (dans une cave ?) dans un style très réussi. On en apprend ainsi plus sur le rapport très spécial des Japonais avec le suicide. J’ai notamment été très étonné d’apprendre l’existence d’un livre intitulé “The Complete Manual of Suicide“, best-seller au Japon, dont les conseils parfois assez scabreux sont suivis par bon nombre des 30 à 35000 suicidés par an !

DVD Suicide Club

Le packaging est lui aussi très réussi, je vous laisse juger sur les photos. Pour être encore plus complet, il ne manque plus que les bandes originales des deux films, et (encore mieux) le fameux roman de Sono Sion traduit (on peut toujours rêver).

Liens vers les critiques des deux films :
Suicide Club
Noriko’s Dinner Table

Noriko’s Dinner Table - de Sono Sion (2005) Ecrit par Pierre le 13.04.08

Comme promis, voici la critique du second film présent dans le coffret Suicide Club, “Noriko’s Dinner Table” (aka “Suicide Club 0″), du même réalisateur Sono Sion. Ne pas se fier au sous-titre, il ne s’agit pas d’une suite ni d’un prequel de “Suicide Club” mais plus tôt d’une variation sur les mêmes événements (pas forcément cohérente avec le premier film).

Noriko\'s Dinner Table

Une jeune fille de 17 ans, Noriko, décide de quitter sa famille paisible et la province pour Tokyo. Elle rencontre alors par l’intermédiaire d’un site internet la mystérieuse Kumiko, qui la prend sous son aile. Lorsque la soeur de Noriko, Yuka, disparait à son tour, leur père décide de partir à leur recherche et de comprendre leur lien avec le fameux “Suicide Club”.

Noriko\'s Dinner Table

Plutôt que d’apporter des réponses aux étrangetés du premier film, “Noriko’s Dinner Table” part dans une autre direction : alors que les policiers de “Suicide Club” tentaient sans succès de comprendre l’état d’esprit des membres de ce “club”, ce film est lui une constante introspection dans la tête des personnages. Avec une voix off omniprésente, on suit les pensées de chaque personnage, leurs souvenirs et leurs digressions, mais surtout leur malaise, leur incompréhension du milieu qui les entoure. Un tel dispositif pourrait faire peur (surtout devant la durée : 160 minutes), je trouve au contraire qu’il s’en dégage un aspect hypnotique et fascinant renforcé par la musique, une identification parfois effrayante aux personnages et à leur mal-être.
Cet aspect-là rapproche d’ailleurs plus le film de la première partie de “Strange Circus” que de “Suicide Club”, car au fond, la même histoire pourrait fonctionner en remplacer le “club” par n’importe quelle secte.

Noriko\'s Dinner Table

Devant un tel cheminement, il faut avouer que le dénouement plutôt brutal laisse un peu sur sa faim. On apprend d’ailleurs dans le dossier de presse que Sono Sion a publié un roman-fleuve en 3 parties (wikipedia parle de 4), la première correspondant au très bon manga de Usumaru Furuya et la seconde à “Noriko’s Dinner Table”. La dernière partie serait toujours inédite au cinéma : c’est décidé, il me la faut ! Tout indice sur une éventuelle traduction en anglais est le bienvenu…

“Noriko’s Dinner Table” me parait une oeuvre plus mature que “Suicide Club”, évitant de mélanger les genres un peu inutilement tout en gardant la même puissance. Le mystère demeure…