Sad Dream – de Kim Ki-Duk (2008) Ecrit par Pierre le 07.01.09
J’attendais ce film depuis un bon moment déjà, avec de hautes espérances notamment à cause d’un casting fort alléchant. Et bien c’est triste à dire pour le fanboy de Kim Ki-Duk que je suis, mais ce “Sad Dream” m’a profondément déçu.

Il y a plusieurs choses qui m’ont profondément gêné dans ce film : tout d’abord son aspect totalement fabriqué et incohérent. Des décors (quel que soit le lieu, même le commissariat de police, il s’agit des mêmes maisons traditionnelles modernisées) jusqu’aux costumes (l’alternance des couleurs fait très pataud), en passant par les personnages (qui visiblement parlent tous le japonais couramment), tout le monde qui entoure les deux protagonistes parait faux. Kim Ki-Duk abandonne toute idée de réalisme : on peut se dire “pourquoi pas”, car après tout ses derniers films étaient aussi basés sur un concept très précis mettant en scène deux personnages dans un monde un peu caricatural. Mais le problème, c’est que jamais le film ne parvient à s’envoler, il reste désespérément glacial, comme enfermé dans propre mécanique si savamment calculée. Il n’y a que lors des quelques scènes en extérieur que le film parvient à respirer un peu (notamment celles dans les hautes herbes), là où le cadre ne peut plus mentir.

Autre point problématique, il n’y a quasiment pas un instant où l’on ne repense à l’un de ses anciens films : le héros du film grave des caractères chinois comme le meurtrier dans “Printemps, été…”, Park Ji-Ah fait une réplique de son rôle dans “The Coast Guard” (ici assez insupportable), la dérive sanglante de la fin rappelle celle de “Time”, la prison évoque “Locataires”, même ses plans de sculpture (sa marque de fabrique) n’ont rien de mémorable. La déception est d’autant plus grande que le casting était à la hauteur : Lee Na-Yeong (excellente actrice trop peu et trop mal exploitée dans le cinéma coréen) et Joe Odarigi sont vraiment tombés sur le mauvais film, et on ne peut rien leur reprocher ici. Bref, même si je reste amateur de ses précédents, il est temps que Kim Ki-Duk se renouvelle et débute un nouveau cycle comme il l’a déjà fait au cours de sa carrière : le moment est venu !






