Romance Killer vol. 1 - de Kang Doha Ecrit par Pierre le 03.03.08
Je me suis enfin procuré le tant attendu manhwa “Romance Killer”, de Kang Doha, paru le 15 février dernier dans la collection Hanguk. Quel délice !

Un tueur à gages réputé, le “Royal Killer” met fin à son activité le jour où il tombe amoureux de la femme qu’il doit exécuter. Sept années plus tard, et après l’avoir épousée, il vit paisiblement avec sa fleuriste de femme et leur ado de fille. Mais lorsqu’il rencontre la troublante Miu, une amie de celle-ci, son monde va se trouver bouleversé. Son couple, ses sentiments, sa vie, tout est remis en question.

On peut lire sur la couverture ces propos de Kang Doha “Dès que je commence à dessiner, je n’arrive plus à respirer et j’ai l’impression de marcher sur de la glace très fine…”. Et bien il en est de même pour les lecteurs : on se laisse peu à peu submerger par son inspiration, incapable de décrocher, happé par la narration à la première personne, par le dessin si particulier. La structure du livre rappelle celle de Catsby : une constante introspection dans la tête du héros, un flot d’idées et de ressentis troublant de réalisme.
Dans un autre style, on retrouve là des similitudes avec le roman d’Haruki Murakami, “Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil”, le récit d’un homme tiraillé entre sa famille aimée et le retour de son amour d’enfance. “Romance Killer” aborde également ces âges difficiles bordés de doutes, charnières d’une vie : la fin de l’adolescence et le cap de la quarantaine.

Je suis définitivement dingue du style de Kang Doha : en peu de traits bien nets, il dessine à merveille les visages et leurs émotions. Une telle originalité créée avec cette simplicité rapproche chacun de ses dessins d’une épure qu’on ne se lasse pas d’admirer, à la manière d’un haïku, poème sublime en si peu de mots. Derrière, tout autour, la cadre sublime est lui très travaillé : Séoul, les temples, la nuit… plaçant les préoccupations des personnages au coeur de la société d’aujourd’hui.
Je me suis littéralement régalé en dévorant les 431 pages de cette oeuvre si généreuse, à lire et relire absolument en attendant la deuxième partie qui, je l’espère, ne tardera pas.












