Portrait #17 : Seol Gyeong-Gu, force et charisme Ecrit par Pierre le 21.10.07

Seol Gyeong-Gu est un acteur assez rare dans les médias, mais doté d’un grand talent.

Seol Gyeong-Gu

Même s’il a tourné dans un grand nombre de films, il est en France essentiellement associé aux films de Lee Chang-Dong : “Peppermint Candy” et “Oasis”. C’est dans le premier des deux qu’il a été découvert par le grand public, aussi bien Corée (il fut couronné du prix du meilleur espoir masculin au festival de Daejeong en 2000) que dans le monde (le film s’est bien exporté).

Couronnement encore plus important deux années plus tard pour son rôle de jeune homme en marge de la société pris d’un amour incompris pour une handicapée (performance incroyable de Moon So-Ri). Sans changement physique apparent, il est d’une telle sincérité qu’il apparaît comme rajeuni de 10 ans.

Seol Gyeong-Gu

Cependant, il est en Corée associé à un autre rôle marquant, celui de flic aux méthodes un peu limites de “Public Enemy”. Un personnage très charismatique qu’il habite avec force dans ce thriller qui le met sur les traces d’un serial killer machiavélique. Un rôle qu’il retrouva dans la suite “Another Public Enemy”, et dont le troisième opus sortira l’année prochaine. Un rôle de mec blasé semblant revenu de tout qui lui convient bien, et qu’il reprend dans d’autres films, comme “Silmido”.

Seol Gyeong-Gu

Il sait cependant varier les rôles et toucher dans des films plus romantiques comme “I wish I had a wife”, où il joue un employé de banque littéralement obnubilé par l’idée de se marier.
Si vous trouvez qu’il s’agit d’une des tout meilleurs acteurs coréens, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.

Portrait #16 : Lee Na-Young, rare et précieuse Ecrit par Pierre le 29.09.07

Lee Na-Young est une actrice qui éclaire chacun de ses films, mais qui malheureusement se fait extrêmement rare par rapport à ses qualités.

Lee Na-Young

Après un premier film qui s’est révélé être une vraie daube, “Dream of a Warrior” (mais bon, il faut bien commencer), on peut la voir à l’affiche d’une comédie romantique plutôt sympathique intitulée “Who are you” (2002). Mais ce sont ses trois films suivants (elle n’en a pas tourné d’autre à ce jour) qui vont la mettre au premier plan, scellant sa réputation d’excellente actrice. Ils faut que dire que ces trois rôles sont complètement différents, chacun encore meilleur que le précédent.

Le premier est dans la comédie hilarante “Please Teach Me English”, vision amusante des difficultés des coréens avec l’anglais, tournée sous une forme ludico-kitsch pleines de fioritures hilarantes et inutiles (dont la plus amusante est le test d’anglais version Mortal Kombat). Lee Na-Young y joue une fille censée être repoussante et coincée, affublée d’énormes lunettes. Vraiment pas facile, mais pourtant son charisme permet au film de ne pas sombrer dans la comédie affligeante, lui donner un vrai intérêt.

Lee Na-Young

C’est surtout dans la comédie suivante, plus romantique et décalée que la précédente, qu’elle va exploser au grand jour : “Someone Special” en 2004. Ce qui frappe avant tout, c’est son naturel. Elle n’a pas l’air de jouer mais dégage un enthousiasme et un charme inné, à l’opposé du superficiel. C’est d’ailleurs le film culte d’un de mes amis coréens.

Enfin, après deux ans d’absence sur grand écran, elle revient en 2006 dans “Maundy Thursday”, film bouleversant suivant les derniers jours d’un condamné à mort. Discutant avec lui d’abord par contrainte, elle finit par découvrir un homme seul et blessé au plus profond, comme elle l’est également. Une fois de plus, Lee Na-Young possède ce naturel qui nous retransmet ses émotions à fleur de peau. Le film a très bien marché, attirant plus de trois millions de spectateurs dans les salles.

Je ne pourrai conclure ce portrait sans parler de sa prestation qui m’a le plus touché : non pas dans un film mais dans un drama, en l’occurrence “Ruler of your own world“, où elle est tout bonnement époustouflante. Sincère, naturelle, c’est comme ça qu’on l’aime.

Lee Na-Young

Si vous trouvez aussi qu’il s’agit d’une des toutes meilleures actrices coréennes, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.
D’ailleurs, vous pouvez aussi participer au concours futile et amusant des Cinémasie Awards et de Miss Cinémasie, où elle se trouve en bonne position. :)

Portrait #15 : Choi Min-Sik, le monstre sacré Ecrit par Pierre le 24.09.07

Choi Min-Sik est certainement un des acteurs coréens les plus réputés et récompensés. On a pu voir pas moins de 6 films avec son nom en haut de l’affiche sur les écrans français entre 2001 et 2005, ce qui est énorme quand on connait le peu de films coréens franchissant les frontières.

Choi Min-Sik

A l’origine grand acteur de théâtre, il explose réellement au cinéma dans la fin des années 90, en participant notamment au drame social “Happy End”, puis au carton national “Shiri”, pour lequel il obtient ses premières récompenses. Ce grand succès au box-office coréen marque le début d’une série impressionnante de succès dans lesquels il est toujours irréprochable.

Il émeut d’abord le public dans “Failan”, où il incarne un looser ayant contracté un mariage blanc pour un peu d’argent. Un an plus tard, il revient sur les traces de sa femme décédée, découvrant peu à peu son existence. Puis vient le magnifique “Ivre de femmes et de peinture”, du vétéran Im Kwon-Taek, premier couronnement du cinéma coréen à Cannes. Choi Min-Sik habite littéralement son personnage, ressentant pulsions et émotions comme s’il les vivait.

Choi Min-Sik

Son film suivant est nettement mon préféré, et sa performance y est pour beaucoup. Je veux bien sûr parler d’”Old Boy”, récompensé du Grand Prix du Jury par Tarantino au festival de Cannes 2004. Il aurait d’ailleurs bien mérité la Palme du meilleur acteur à mon goût, mais on ne va pas faire la fine bouche. Sa performance est ahurissante, il habite chaque plan de sa présence animale, irréelle comme sorti d’un manga. Il est indestructible, sans limites, capable de tout : manger un poulpe vivant, affronter trente hommes armé d’un marteau, se couper la langue… sa fureur porte le film. J’ai rarement vu un acteur exécuter de telles actions avec une telle maîtrise, un tel naturel, et cela sans être hystérique.

On le retrouve dans deux rôles marquants en 2005, dans le rôle du salaud dans “Lady Vengeance”, où il va cette fois être l’objet spectateur de la terrible vengeance de Geum-Ja. Et il reprend dans “Crying Fist” ce rôle de looser au grand coeur qu’il incarne si naturellement, en joueur de boxe fauché et sur la retraite, désirant retrouver sa dignité dans un dernier combat.

Choi Min-Sik

Porte-étendard de la révolte contre la suppression des quotas de films coréens diffusés dans les cinémas locaux, il va même jusqu’à accompagner Bong Joon-Ho à Cannes pour manifester, alors qu’il n’y présente aucun film. Cependant, il va ensuite être assez décrié pour ses actions, étant accusé de penser à son argent avant tout. Il n’a d’ailleurs pas retourné depuis 2005, se consacrant désormais au théâtre. Espérons tout de même que ce talent de génie nous revienne de l’autre côté de la pellicule !
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Portrait #14 : Yeom Jeong-Ah, talent discret Ecrit par Pierre le 15.09.07

Je continue la série de portraits avec l’actrice la moins connue du lot. J’ai même beaucoup hésité à la mettre ici, mais je me suis dit que sa présence dans deux très bons films ayant eu les honneurs d’une sortie française n’était pas due au hasard.

Yeom Jeong-Ah

Je ne pourrai d’ailleurs pas parler d’elle en long et en large, puisque je n’ai vu que quatre de ses films, dont le premier, “La sixième victime” (aka “Tell me something”) commence déjà à dater. Cependant, c’est dans le film d’horreur “Deux Soeurs” qu’elle apparaît vraiment au grand jour, dans un rôle assez traumatisant pour le lecteur. Belle-mère de l’héroïne du film (pour ne rien dévoiler), elle est source de tous les cauchemars. Avec son apparence et son jeu soignés, elle colle parfaitement à l’ambiance esthétique léchée du film, accentuant l’impression de schizophrénie dans l’atmosphère.

Yeom Jeong-Ah

Après quelques comédies sans grand intérêt, et un bon rôle assez émouvant dans le choral “Sad Movie”, elle revient en force sur les écrans français dans le magnifique film d’Im Sang-Soo, “Le vieux jardin”, adapté du roman de Hwang Sok-Yong. En femme tiraillée entre raison et amour impossible d’un jeune révolutionnaire, elle dégage une incroyable sensibilité tout au long du film.

Yeom Jeong-Ah

On la retrouvera en 2007 dans une comédie intitulée “My Worst Boyfriend Ever”… je continuerai donc à la préférer dans des rôles plus dramatiques :D
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Portrait #13 : Park Hae-Il, l’avenir ? Ecrit par Pierre le 09.09.07

Park Hae-Il est un acteur talentueux découvert depuis quelques années, avec encore un bel avenir devant lui.

Park Hae-Il

Même s’il se fait d’abord remarquer dans de petits films, c’est dans un rôle au théâtre qu’il tapera dans l’oeil de Park Chan-Wook et Bong Joon-Ho, qui l’engage pour son polar “Memories of murder”, grande perle d’humour noir. Et il ne décevra pas ses maîtres, apportant tout le crédit nécessaire à son personnage, principal suspect de cet affaire inextricable. L’air trop gentil, ménageant un part d’ombre autour de lui, il parvient ainsi à laisser le doute sur sa culpabilité jusqu’au bout.

Park Hae-Il

Après un retour aux comédies, on le retrouve de manière assez inattendue dans la comédie romantique décomplexée “Rules of dating”. Personnage assez cru et peu délicat, il tient la dragée haute face à une Kang Hye-Jeong très attendue après Old Boy. Il participe ensuite à l’énorme succès populaire “The Host”, dans le rôle du frère de la famille noyant dans l’alcool son désespoir dû au chômage.

Park Hae-Il

Possédant désormais les épaules assez larges pour qu’on monte un film centré sur son personnage, il tient cette année le premier rôle du thriller “Paradise Murdered”, dont l’accueil est plutôt mitigé. Je préfère sa présence amusante et décalée dans “Shim’s Family” en prof de cinéma borderline et gourou d’une de ses élèves. Il faudra compter sur lui dans les années à venir.
Si vous trouvez qu’il s’agit d’une des tout meilleurs acteurs coréens, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.