Portrait #12 : Bae Doo-Na, une fille à part Ecrit par Pierre le 26.08.07
Bon, je ne vous le cache pas, Bae Doo-Na est vraiment l’une des actrices coréennes je j’affectionne le plus. Il s’agit d’une actrice bien à part dans le cinéma coréen. Physiquement d’abord, elle est loin des standards formatés pour la télévision avec ses airs de garçonne et sa gouaille. Mais surtout, sa personnalité qu’elle trimballe de film en film, comme si elle jouait toujours le même personnage, une fille pas comme les autres.

Je l’ai découvert comme beaucoup pour son rôle dans le sombre “Sympathy for Mr Vengeance”, où elle joue la petite amie du héros, une anarchiste distribueuse de tracts, où elle crève littéralement l’écran. Je me suis donc englouti toute sa filmographie avec jubilation (mis à part le raté “Tube”). Et le plaisir est là à chaque film : on retrouve le même type de personnage : enquêtrice sur le meurtre de chiens dans son quartier dans le décalé “Barking Dogs Never Bite”, adolescente déboussolée dans “Take care of my cat”, elle ne fait jamais rien comme les autres et ne trouve son bonheur qu’en compagnie des plus marginaux de la société.

Même dans des films à priori moyens, elle éclabousse les autres de son talent : ainsi, son accent délicieux et ses mimiques l’emportent sur les personnages masculins bien mous de “Plum Blossom”, et ses courses poursuites à la recherche de son bébé deviennent hilarantes dans “Saving My Hubby”. “Spring Bears Love” marque sans doute une rupture dans sa carrière : elle y joue une fille incapable d’avoir une relation amoureuse normale, toujours à cause de sa personnalité un peu borderline. La parallèle avec sa carrière d’actrice est évident, peut-être était-elle lassée de rester dans ce personnage. D’ailleurs ses deux films suivants sont bien différents : elle est d’abord partie s’exiler pour jouer les lycéennes rockeuses dans “Linda Linda Linda”, puis revenue dans le mégasuccès “The Host” dans un rôle bien plus sobre que d’habitude.

Depuis, on a pu la voir uniquement dans des dramas. Il serait temps que de grands réalisateurs fassent appel à elle pour exploiter ce potentiel hors du commun que sa filmographie nous a laissé entrevoir, car on en redemande.
Je vous conseille la lecture d’un excellent portrait de cette actrice écrit par Adrien Gombaud, critique à Positif et spécialiste du cinéma coréen (voir ma critique de son très bon livre), trouvée au hasard sur le site coréen de l’actrice : Bae Doo-na et le poumon manquant du cinema coreen (en milieu de page).
Si vous trouvez aussi qu’il s’agit d’une des toutes meilleures actrices coréennes, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.











