Portrait #8 : Son Ye-Jin, la fragilité Ecrit par Pierre le 11.08.07

Son Ye-Jin est encore une jeune actrice, mais avec déjà pas mal de films et de dramas au compteur, dont certains ont du faire couler pas mal de larmes.

Son Ye-Jin est découverte dans le mélo “Lover’s concerto” aux côtés de Cha Tae-Hyeon (”My Sassy Girl”) et de la regrettée Lee Eun-Ju (qui mériterait sa place en haut de cette série de portraits si elle était encore en vie). Même si elle est encore un peu en retrait par rapport aux deux autres, on découvre une personnalité sensible et attachante. La séquence où elle chante pour ses deux amis est particulièrement émouvante.

Son Ye-Jin

Elle va ensuite enchaîner les films, le plus souvent romantiques et dramatiques. Deux d’entre eux me paraissent sortir du lot. Dans “A moment to remember”, elle interprète une jeune femme souffrant de la maladie d’Alzheimer. Dans “April Snow”, son mari est victime d’un accident de voiture et se retrouve dans le coma ainsi qu’une autre femme. Elle commence alors une relation compliquée avec le mari de cette femme. Les plus blasés ricaneront devant ces mélos au fort potentiel lacrymal, les autres seront bouleversés par son air innocent et fragile.

Son Ye-Jin

Apparemment désireuse de changer de registre, elle joue ensuite dans la comédie “The art of seduction”, où elle interprète une croqueuse d’homme en “guerre” contre un séducteur du même type qu’elle. Le film est sympa, sans plus, et son jeu un peu trop appuyé. Elle remettra ça malgré tout prochainement dans le thriller “Open city”, dans le rôle d’une femme fatale chef d’une organisation criminelle (!). Pas sûr qu’elle parvienne à nous toucher comme elle le fait dans des films dramatiques.

Son Ye-Jin

Si vous trouvez qu’il s’agit d’une des toutes meilleures actrices coréennes, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.

Portrait #7 : Hwang Jeong-Min, bourru au grand coeur Ecrit par Pierre le 10.08.07

Avec son physique assez “rustique”, Hwang Jeong-Min a plus l’air d’un campagnard que d’un des acteurs les plus en vue. Pourtant, après avoir fait ses classes au théâtre dans les années 1990, il est à l’affiche de 11 films entre 2001 et 2006, et ce n’est pas fini.

Hwang Jeong-Min

Après une micro-apparition dans le blockbuster “Shiri”, il joue les seconds rôles dans pas mal de films, se faisant remarquer peu à peu. Dans “Une femme coréenne”, il joue un mari assez odieux trompant sa femme, tandis que sa partition est plus amusante dans le drame “This charming girl”, où il incarne un amoureux transi par la timidité. Sa prestation apporte d’ailleurs un peu d’air à ce film assez sombre et déprimant. Enfin, on le retrouve en gangster balafré dans “A bittersweet life”, où son accent et ses mimiques en font un parfait méchant.

Hwang Jeong-Min

C’est dans le mélo “You are my sunshine” qu’il explose réellement. Qu’on aime ou pas son histoire d’amour avec une fille au passé trouble, il faut reconnaitre que sa prestation est excellente. Voir cette homme à l’allure de brute ouvrir son coeur de manière si sincère et maladroite est désarmant. Récompensé de la statuette du meilleur acteur aux Césars coréens, Hwang Jeong-Min à d’ailleurs fait fondre toute la salle, comparant son travail à un immense repas entièrement préparé par les techniciens, le metteur en scène, et qu’il n’a eu qu’à déguster. Dans un discours particulièrement émouvant, il a déclaré qu’il se serait volontiers satisfait d’avoir simplement les orteils de la statuette.

Hwang Jeong-Min

Il continue depuis de tourner inlassablement, comme s’il refusait de dire non à un réalisateur, trop content de pouvoir faire son métier avec passion. On le retrouvera notamment dans “Happiness” aux côtés de Lim Su-Jeong.
Si vous trouvez aussi qu’il s’agit d’une des tout meilleurs acteurs coréens, je vous invite à participer au sondage associé à cette série de portraits.

Portrait #6 : Moon So-Ri, l’indépendante Ecrit par Pierre le 09.08.07

Moon So-Ri est sûrement l’une des actrices coréennes les plus talentueuses. Souvent au générique de films d’auteurs ou de jeunes réalisateurs, elle ne passe jamais inaperçue tant ses rôles de femme à fort caractère sont marquants.

Moon So-Ri

Sa performance la plus marquante est bien entendu celle d’Oasis, où elle joue le rôle principal d’une fille handicapée. Sa performance, alors qu’il s’agit seulement de son deuxième film (après “Peppermint Candy”, du même réalisateur), est tout simplement ahurissante, au point que grand nombre de spectateurs étaient persuadés qu’elle était réellement handicapée. Elle a été couronnée de prix pour ce rôle, recevant notamment le prix de la meilleure actrice au prestigieux festival de Venise en 2002. Et pourtant ce rôle était vraiment casse-gueule, puisqu’il fallait absolument éviter de tomber dans la caricature et le ridicule. Au contraire, elle est parvenu à dégager une humanité et une sincérité remarquable, rendant le film d’autant plus émouvant.

Moon So-Ri

Mais Oasis n’est pas son seul fait de gloire, elle a aussi reçu de nombreux prix pour sa prestation en femme coréenne moderne délaissée par son mari et trouvant réconfort auprès d’un homme plus jeune dans “Une femme coréenne” d’Im Sang-Soo. Un rôle marquant qui montre sa faculté à incarner des femmes fortes, différentes des rôles de potiches qu’on trouve souvent. Elle poursuit sa carrière en enchaînant pas mal de petits films non commerciaux avec plus (”Family Ties”) ou moins (”Bewitching Attraction”) de réussite.

Moon So-Ri

Preuve de son tempérament, son mari n’est autre que le réalisateur du cinglé “Save the green planet”. Son prochain film est assez étonnant par rapport à ses rôles précédents puisqu’il retrace l’histoire de l’équipe de Corée de handball féminin ayant obtenu la médaille d’argent lors des Jeux Olympiques d’Athènes en 2004.
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Portrait #5 : Lee Byeong-Heon, la gueule d’ange Ecrit par Pierre le 08.08.07

Lee Byeong-Heon possède un visage angélique qui lui donne un air un peu sorti d’ailleurs dans ses films. Logiquement, il a joué dans bon nombre de comédies romantiques et de dramas plus ou moins réussis, surtout à ses débuts. Mais c’est sans conteste dans ses films les plus troubles et sombres qu’il est le plus intéressant.

Lee Byeong-Heon

Son physique intrigant colle à merveille dans des rôles ambigus comme “JSA”, où il interprète un soldat tiraillé entre le devoir d’obéissance et l’amitié qu’il a développée avec l’ennemi. Dans “Bungee”, il incarne un prof peu à peu persuadé que son amante décédée quelques années auparavant s’est réincarnée dans l’un de ses élèves (un garçon), pour lequel il ressent une forte attirance. Un rôle courageux dans le contexte assez homophobe de la Corée, même si le film ne va pas si loin que ça.

Lee Byeong-Heon

Il joue aussi à merveille les héros sages et purs revenus de tout, comme dans “A bittersweet life”, où il subit mille tortures et trahisons sans broncher, avant de repartir plus flamboyant que jamais. Cette image atteint son paroxysme dans “Everybody has secrets” : jeune homme séduisant venu de nulle part, il s’incruste dans un famille en séduisant tour à tour les 3 soeurs (un peu comme dans “Théorème” de Pasolini, mais en version light). Ce film aurait pu tomber bien bas avec un acteur banal, mais son insolente beauté, sa schizophrénie volontaire et le mystère autour du personnage le rendent finalement très jouissif.

Lee Byeong-Heon

A noter pour l’anecdote, Lee Byeong-Heon est un vrai francophile. Il est titulaire d’un diplôme de Bachelor en littérature française et a récemment reçu la décoration de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres (il est parait-il grand amateur de cinéma français). On le retrouvera dans le rôle du méchant dans le très attendu “The Good, the Bad and the Weird”. Un choix étonnant au premier abord (j’étais persuadé qu’il jouerait le gentil), mais qui finalement s’avère encore plus alléchant.
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Portrait #4 : Kang Hye-Jeong, du gâchis depuis Old Boy Ecrit par Pierre le 02.08.07

Il y a des acteurs que vous découvrez au détour d’un film, que vous commencez à apprécier en découvrant l’évolution au fur et à mesure qu’ils s’affirment. Bizarrement, j’ai connu la réaction inverse avec Kang Hye-Jeong. Je l’avais littéralement adoré dans “Old Boy”, son premier grand rôle, avant d’être petit à petit déçu par ses prestations suivantes (et je pense ne pas être le seul dans ce cas).

Kang Hye-Jeong

Ce qui frappait justement dans Old Boy, c’était son physique assez inhabituel, loin des canons de beauté traditionnels. Son jeu aussi était d’un naturel plutôt charmant, sa voix, son attitude, bref sa prestation a été très remarquée. Ses rôles suivants ont été tout de même assez réussis : “Rules of dating” est une comédie romantique moderne assez bien pensée, mais je pense surtout à “Welcome to Dongmakgol”. Elle y joue une villageoise un peu attardée hilarante, et participe à des scènes d’anthologie (la pluie de pop corn…).

Kang Hye-Jeong

Mais bizarrement, sa carrière a commencé à s’effriter tout comme son physique, puisqu’elle est visiblement passé sur le billard pour se faire refaire le visage… Le résultat est presque affligeant, son visage est beaucoup plus commun qu’avant, et sa bouche est franchement pas réussie… En même temps elle enchaîne dans la comédie romantique culcul “Love Phobia” ou encore dans “Herb” où elle joue une fille de 7 ans d’âge mental. Elle a tout de même participé au film du réalisateur thaïlandais “Vagues Invisibles” de Pen-ek Ratanaruang, ce qui reste un choix cinématographique intéressant.

Kang Hye-Jeong

En résumé, je suis très déçu de la tournure qu’a pris sa carrière depuis le génial Old Boy où elle crevait pourtant l’écran. Espérons que ça s’arrange à l’avenir…
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Portrait #3 : Shin Ha-Gyun, talent multi-facettes Ecrit par Pierre le 31.07.07

Je dois l’avouer, Shin Ha-Gyun est mon préféré parmi la liste des acteurs que j’ai retenu. Il est tout simplement incroyable, à sa manière de composer des personnages ambigus toujours très différents de film en film, mais toujours remarquables.

Shin Ha-Gyun

Shin Ha-Gyun a d’abord commencé en interprétant de petits rôles (on peut notamment le voir en voyou dans “The Foul King” !), avant de prendre peu à peu une importance croissante dans ses films. Il participe notamment au carton “JSA”, même s’il est encore en retrait par rapport à des acteurs comme Song Kang-Ho ou Lee Byeong-Heon (il obtient tout de même un prix du meilleur second rôle aux “Césars” coréens). Son rôle dans le thriller décalé “Guns and Talks” est son premier passage mémorable : il y interprète un tueur timide incapable d’exécuter sa victime puisqu’il en tombe amoureux ! On retrouvera ce genre de rôle dans “No mercy for the rude”, dont je parlais récemment ici, où sa performance porte le film.

Shin Ha-Gyun

Il obtient une première reconnaissance publique pour son rôle de muet aux cheveux verts dans “Sympathy for Mr Vengeance” de Park Chan-Wook. Il y incarne un mec paumé et naïf qui s’embourbe dans une série de galères jusqu’à commettre l’irréparable. Un rôle ambigu qu’il interprète à merveille, de telle sorte qu’on ne sait jamais qui est la victime dans cette affaire. Ambigu toujours dans le psychédélique “Save the green planet”, où il enlève un riche homme d’affaire, persuadé qu’il s’agit d’un alien et qu’il est le seul à pouvoir sauver la Terre. Sur ce constat qui peut paraître incongru, le film oscille entre fantastique et réalité avec un suspense grandissant, jusqu’à nous faire douter de la vérité des choses. Shin Ha-Gyun y est absolument génial, paraissant tantôt complètement fou à lier, tantôt génie visionnaire (il obtient le prix du meilleur acteur au festival de Pusan pour ce film).

Shin Ha-Gyun

Dans un registre totalement différent, il incarne le suspect d’un crime dans “The big scene”. Là encore, ni l’inspecteur chargé de l’enquête ni le spectateur n’arrivent à percer son secret et à savoir s’il est réellement coupable ou innocent. Son jeu comporte d’autres facettes : élève studieux et handicapé dans “My Brother”, il parvient à nous émouvoir aux larmes, alors que dans “Welcome to Dongmakgol” il incarne un soldat assez rude. Il a d’ailleurs cette faculté de toucher le spectateur même quand le genre du film est plus léger, par sa sincérité lorsqu’il habite un personnage. Bref, vous l’aurez compris, chacun de ses rôle m’a surpris et passionné, à sa manière. Il ne me reste qu’à vous conseiller de voir ses films pour mieux apprécier ses performances !

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Portrait #2 : Lim Su-Jeong, actrice prometteuse Ecrit par Pierre le 29.07.07

Lim Su-Jeong a réussi à s’imposer en seulement quelques films (6 à son actif pour le moment) comme une des actrices les plus en vue et les plus prometteuses du moment. Il faut dire qu’elle est également connue internationalement pour son rôle principal dans un excellent drama : “Mianhada Saranghanda”, alias “Sorry, I love you” (s’il y en a un que je conseille et qui sort de la masse des daubes, c’est bien celui-là).

lim su jeong

Après un petit rôle dans la comédie “The Romantic President”, sans grand intérêt, elle se dévoile au grand jour pour son rôle dans le film d’horreur très stylisé “Deux Soeurs”, où elle est au centre des évènements atroces qui se produisent. La même année, elle fait chavirer les coeurs dans la comédie romantique “…Ing”, très réussie dans son genre, évitant le tire-larme poussif grâce à sa grande sincérité. Elle est d’ailleurs assez bluffante dans ses deux films puisqu’elle y interprète une jeune adolescente alors qu’elle a à l’époque déjà 23 ans !

lim su jeong

Après une année consacrée au tournage du drama, elle revient dans un rôle plus mature pour le film choral “Sad Movie”, puis en jockey dans le modeste “Lump Sugar”. C’est l’année dernière qu’elle fait parler d’elle à nouveau, pour son rôle très spécial dans le complètement barge “I’m a cyborg but that’s OK” de Park Chan-Wook (”Je suis un cyborg” en français, qui sortira ici le 7 novembre prochain). Elle y interprète une fille internée dans un hôpital psychiatrique parce qu’elle est persuadée qu’elle n’est pas humaine mais… un robot. Un choix de carrière très judicieux qui, même si le film a reçu un accueil mitigé en Corée, démontre son potentiel énorme en tant qu’actrice. Elle y est complètement transfigurée : sa voix, son accent, sa gestuelle… sa performance est incroyable.

Au sujet de son actualité, on la retrouvera cette année dans le nouveau film de Hur Jin-Ho (le réalisateur d’April Snow, on peut donc espérer une sortie française), “Happiness”, aux côtés de Hwang Jeong-Min. Voici un des premiers posters du film :

lim su jeong

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