FFCF 2009 #6: Courts-métrages 1 Ecrit par Pierre le 13.11.09

Suite et fin de la section court-métrage qui s’est avérée assez cool et variée cette année.

Fish – de Byun Byung-Jun (2008)
“Fish” débute sur la découverte d’un corps noyé dans une rivière. En parallèle, on suit les traces d’Eun-Jin, qui travaille à temps partiel dans un PC-bang. Ce court m’a un peu déstabilisé puisque le cerveau ramolli par le froid extérieur, j’ai mis trois plombes à comprendre ce qui est paru évident pour d’autres (c’était même écrit dans le synopsis, que je n’avais pas lu). Ce n’est finalement pas si grave, car l’intérêt du film n’est pas dans son histoire mais bel et bien dans son ambiance sombre et trouble, hyper travaillée. Le film est très bien mis en lumière et dégage quelque chose de glauque et pesant (les scènes autour du corps m’ont un peu fait pensé à “Memories of Murder”). Bien fait mais un peu long.

Stop – de Park Jae-Ok (2008)
Court très court, mais aussi et surtout très drôle. L’aventure extraordinaire d’un homme et sa vieille mère qui au cours d’un accident de voiture seront amenés à défier les lois du temps. Avec son look bricolé au crayon, “Stop” est un vrai festival de drôlerie, capable d’arrêter le temps mais sans le moindre temps mort. Un petit bijou.

hybrid

Hybrid – de Saino Kim(2008)
Un autre grand moment de rigolade. “Hybrid” est l’aventure d’un touriste français égaré dans la Corée profonde (même si après le tout le film pourrait se dérouler dans n’importe quel coin perdu). Il croise la route d’un chauffeur mutique qui le prend en stop. Etonné par l’attitude de cet homme qui n’arrête pas de boire et de pisser dans des bouteilles, notre touriste va vite tomber des nues. Le film est très simple mais parfaitement exécuté, l’incompréhension mutuelle et le contraste frappant entre les deux hommes attise à merveille la curiosité et l’attention tout au long de ce road-movie à l’issue totalement jubilatoire.

Coldblood – de Park Mi-Hee (2008)
Le film le plus surprenant du lot : un automobiliste bien beauf manque d’avoir un accident à cause d’un vélo. Furieux, il entreprend de poursuivre et punir son chauffeur. Mais sa colère se retourne contre lui. On ne sait pas trop où le réalisateur veut en venir, mais le film se révèle assez drôle, quoiqu’un peu répétitif sur la fin. Visuellement, le film comporte des choses assez chouettes, entre expérimentations graphiques (noir et blanc avec filtre vert, jeux d’ombres, cadre astucieux) et ambiance mêlant suspense et humour décalé.

coldblood

Too bitter to love – de Gone (2008)
Le maillon faible du lot qui a un peu plombé l’ambiance de cette joyeuse série. Ce court nous plonge d’abord de manière très intimiste dans une chambre pour assister au dépucelage de deux ados. C’est plutôt réaliste, mais pas particulièrement intéressant. Le pire arrive ensuite lorsque, profitant du départ du garçon, un voisin vient violer la fille. Cet acte assez immonde fini, le film se termine et nous laisse comme ça dans une position voyeuriste, sans la moindre réflexion, sur un générique silencieux. Ouch.

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9 commentaires pour “FFCF 2009 #6: Courts-métrages 1”

  1. Epikt |

    Fish est très bon.
    Même si le premier dialogue est top statique avec ses champs-contrechamps ; cette option prend (d’une certaine manière) sens par la suite, mais n’empêche que ça plombe le rythme. Pour le reste, c’est du tout bon, une superbe photo, un vrai sens du cadre, de la composition et du mouvement (et c’est pas long, scrogneugneuh !).
    Le meilleur film du festival, so far.

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  2. Epikt |

    Fouque auffe, au début j’ai cru à un homonyme, mais ce Byun Byung-Jun est bel et bien le même que le dessinateur (propagande : lisez Mijeong).
    Décidément, j’aime ce bonhomme.

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  3. Pierre |

    @Epikt: c’est donc le même ? Je suis tombé sur le manhwa en cherchant des illustrations pour l’article hier, je pensais aussi à un homonyme :)

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  4. Epikt |

    Le plus mieux, c’est qu’il n’a pas réalisé qu’un seul film (~quatre). Et si je ne m’abuse, il en a fait un qui s’appelle Bird qui doit avoir un rapport avec Fish, puisqu’on y retrouve la même fille. Ca suffit à me rendre jouasse pour la soirée.

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  5. David |

    Le film aurait vraiment été jouissif s’il s’était concentré sur la découverte du cadavre et les pérégrinations statiques des deux flics autour de cette mare. Le contrepoids de la mise en parallèle avec le PC Bang est de trop je trouve. Ca rend le film didactique et trop évident. Mais le segment des flics est vraiment excellent.

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  6. Epikt |

    Nein, car Byun (comme moi) aime les héroïnes et qu’il n’y a pas de bon film sans héroïne ! Point final. Les filles c’est la vie !
    Plus sérieusement, seule, la partie avec les flics n’aurait pas été intéressante, pas tant que ça. Il faut ce petit éclatement du récit pour le rendre vivant. Quand à “didactique et trop évident”, étrange car justement si la partie avec les flics est d’une limpidité sans nom, celle avec la fille est tout de suite beaucoup plus tordue.

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  7. David |

    Elle est tordue parce qu’elle ne mène à rien mais est limpide parce qu’on sait presque tout de suite que la fille du PC Bang est celle de la mare. Une atmosphère suffocante s’y développe donc, mais sans finalité aucune. On sait vite où la fille va finir mais le réalisateur ne s’intéresse pas du tout à comment elle va y finir, pourquoi elle va finir, ni par qui elle va y finir. En soit ce n’est pas gênant, je suis pour ce genre de flou, mais du coup cela se marie très mal au niveau du montage avec l’autre partie. D’où mon ressenti que l’une des deux parties aurait suffi, et quitte à choisir l’autre possède plus de potentiel. PLus fluide, avec du mystère, du burlesque, des personnages décalés.
    Mais ça aurait manqué d’héroïne c’est sûr ;-)

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  8. Epikt |

    Si ce genre de flou t’intéressait vraiment tu ne te poserais pas ces questions (comment, pourquoi, par qui). De la même manière, la finalité n’est pas de savoir comment on va finir (car on sait tous comment on va finir, n’est-ce pas ?).

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  9. David |

    Bien sûr que la finalité n’est pas de savoir comment on va finir, justement c’est ce que je dis par rapport à “Fish”, ça on le sait tout de suite comment elle va finir ^_^
    Mais on ne sait pas comme elle va y finir. Qu’est-ce qui va l’amener du point A au point B. La mise en parallèle est intéressante, mais tout à fait inutile, puisque qu’aucune des deux parties ne sert l’autre narrativement, sinon pour nous dévoiler d’entrée de jeu que l’héroïne va se retrouver quelques heures plus tard refroidie dans une mare. Le réalisateur créé une attente, un climat, qui n’est jamais satisfait pour le spectateur. Alors que pris séparément, les deux segments du court sont intéressants, ils sont juxtaposés maladroitement et ne trouvent pas d’harmonie.

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