Cinéma coréen en 2009 : du sang neuf ? Ecrit par Pierre le 04.01.09

Je me fais fréquemment la réflexion au sujet du cinéma coréen des dernières années : mis à part quelques exceptions, la majorité des films que j’ai préféré vient d’une poignée de réalisateurs, toujours la même, et l’on assiste peu à l’émergence de nouvelles têtes. Je pense que cela tient en partie au fait que dans la fin des années 90, la réalisation des films pouvait être confiée à un peu n’importe qui, et c’est ainsi que beaucoup de réalisateurs (dont certains aux parcours très atypiques) ont pu avoir leur chance à l’époque : certes il y a eu du déchet, mais cela a tout de même permis l’émergence de ceux qui sont aujourd’hui les figures de proue du cinéma coréen.

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Pourtant, certains indices me font croire à une amélioration des choses en 2009. Tout d’abord, au regard de l’année qui vient de s’écouler, on peut remarquer que parmi le top 5 des films coréens préférés par les lecteurs de Ciné21, trois d’entre eux sont des premiers films : “The Chaser” (en tête), “Rough Cut” et “Crush and Blush”. A cela je me dois d’ajouter que la comédie surprise “Speed Scandal”, qui cartonne en tête du box-office local depuis le début du moins de décembre et dépasse déjà les 4 millions de spectateurs, est elle-aussi réalisée par un débutant, Kang Hyeong-Cheol. Voila quelques jolis coups d’essai qu’il ne reste plus qu’à confirmer.

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Autre indicateur, le livre “Korean Cinema 2008” édité par le KOFIC décompte les films sortis en 2008, mais aussi ceux attendus en 2009. J’ai eu la surprise de constater que sur les 48 films annoncés, 28 sont des premiers films ! Ce qui fait un ratio de 58% que je trouve assez énorme. A titre de comparaison, 31% des films sortis en 2008 étaient l’oeuvre d’un réalisateur débutant. Ce qui fait près du double pour 2009 (même si le ratio effectif sera sans doute un peu plus faible), dans des genres apparemment très variés. Ceci semble bel et bien venir d’une nouvelle politique visant à soutenir les nouveaux projets (confirmée par ces chiffres).
Du sang neuf comme solution à la crise ? Ceci me fait espérer que parmi ce nombre, nous pourrions bien voir éclore quelques talents.

Bilan 2008 Ecrit par Pierre le 31.12.08

En ce dernier jour de l’année 2008, voici venu le temps de faire le bilan avant de se projeter vers 2009. Cette année aura été riche en découvertes de tous genres, je vous livre ici celles qui m’ont particulièrement marquées.

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Côté cinéma coréen, deux films d’Im Sang-Soo m’auront notamment laissé un grand souvenir : “Tears” (2001) et “The President’s Last Bang” (2005). J’ai aussi découvert avec passion le cinéma trouble et génial de Sono Sion (”Suicide Club“, “Noriko’s Dinner Table” et “Strange Circus“) : je me délecte à l’avance de découvrir ses autres films, dont le prochain qui m’a l’air totalement déjanté. Côté américain, je me suis réjoui du retour en forme des frères Coen dans “No Country For Old Men” et garde un bon souvenir du voyage “A Bord du Darjeeling Limited“.
L’année s’est terminée par deux excellentes manifestations consacrées au cinéma coréen : la Rétrospective à la Filmothèque (”Art Museum By The Zoo“, “Mère Porteuse“, Shin Sang-Ok, Bae Chang-Ho, Thèmes et bilan) et le Festival Franco-Coréen du film (jour 1, jour 2, jour 3).

Côté livres, j’ai dévoré toute l’oeuvre publiée de France de Kang Full (”L’Idiot“, “Timing”, “Appartement”) et Kang Doha (”Catsby“, “Romance Killer“) en attendant la suite (j’espère). Après Shan Sa l’an dernier, c’est encore un auteur chinois qui a attiré mon attention cette année en la personne de Yu Hua (”Le Vendeur de Sang“, puis le magistral “Brothers“).

Je termine sur deux mines d’or : le compte youtube d’orienkorean et ses 1594 vidéos (à l’heure où j’écris ces lignes) bourrées de pépites musicales en provenance de Corée (3rd Line Butterfly par exemple) et le compte flickr de Sudoksa qui m’apporte chaque jour ma dose quotidienne de rêve et de bonne humeur.

Année riche en rencontres également, pendant laquelle j’ai pu croiser pas mal de monde, autres bloggeurs, lecteurs du blog, passionnés de cinéma asiatique ou expatriés en Corée : Jérôme, Epikt, Sudoksa, Sébastien “Le Zèbre”, Gilles, Xavier, Aurélien, Rose, Laurent, Qi-Fen, Morgan, Loki5, Slimdods (et j’en oublie sûrement)… Moments souvent passionnants (et trop courts !) qui se reproduiront je l’espère à l’avenir.

A chacun d’entre vous ainsi qu’à tous les lecteurs du blog, nous souhaitons une bonne année 2009 !

Et vous, quelles auront été vos grandes découvertes de 2008 ? :P

Compte-Rendu du FFCF 2008 - Jour 3 Ecrit par Pierre le 26.12.08

Dernier épisode du compte-rendu du Festival Franco-Coréen du Film avec une journée entièrement consacrée à la réalisatrice Lim Soon-Rye. L’ensemble de sa filmographie y était présentée : un court-métrage, un documentaire et deux longs aux parcours très différents (le premier est un petit film indépendant salué par la critique, le second une grosse production qui a cartonné l’hiver dernier au box-office coréen).

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Waikiki Brothers (2001)
Ce premier long-métrage de Lim Soon-Rye suit les traces d’un groupe de musiciens sur le déclin, obligés de se produire dans des petites villes de province. Leurs rêves de jeunesse sont bel et bien envolés, et chacun se questionne sur la suite à donner à l’aventure. J’ai trouvé ce portrait de loosers attachants assez réussi, alternant scènes pleiness d’humour (notamment lors de leurs prestations dans des lieux et ambiances pas possibles) et moments plus difficiles. Il jette également un regard désabusé sur la société d’aujourd’hui, où la place des artistes en est réduite à son plus strict minimum (le héros finit par jouer de la guitare nu pour un groupe de PDG en pleine orgie) et où l’individualisme est la seule issue. Joli coup également de Lim Soon-Rye qui a su dénicher d’excellents acteurs dont quelques-uns sont devenus de vraies stars à présent (Lee Eol et Park Hae-Il jouaient dans leur premier film, Hwang Jeong-Min son second). Le film traine et devient un peu dépressif sur la fin mais reste tout de même bien sympathique :D

Keeping the Vision Alive (2002)
Ce documentaire engagé porte sur un sujet peu commun : les femmes dans l’industrie du cinéma coréen. En effet, celles-ci sont plutôt rares notamment à la réalisation, et la réalisatrice (qui a du elle-même éprouver des difficultés à produire ses films) s’interroge sur les raisons d’une telle situation. De manière assez intéressante, elle remonte jusqu’à la première femme réalisatrice, Pak Nam-Ok (”The Widow”, 1955), qui raconte les conditions épouvantables dans lesquelles elle a du réaliser son film (avec son enfant sur le dos !). Le tout est entrecoupé de scènes de films réalisés par des femmes (”The Affair”, “Art Museum By The Zoo” ou encore “Take Care of my Cat”, dans des extraits particulièrement bien choisis) ou mettant en scène des actrices passées à la réalisation (notamment Choi Eun-Hee, la muse de Shin Sang-Ok). On sent vraiment à travers le film la révolte de la réalisatrice envers ce machisme et ce manque de confiance accordé aux femmes.

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The ‘Weight’ of Her (2003)
Il s’agit là d’un court-métrage extrait du film omnibus “If You Were Me” (qui en est aujourd’hui à sa 4ème édition). Il met en scène une jeune lycéenne complexée par ses formes trop rondes et ses yeux trop bridés à l’heure où toutes les filles subissent des opérations chirurgicales. En misant sur l’exagération et l’humour, le film dénonce le culte de l’image dans la société coréenne, où l’on apprend aux filles que leur apparence est la chose la plus importante si elles souhaitent trouver un travail. Une fois de plus, on sent que la réalisatrice est révoltée contre cette attitude et ne fait pas dans la finesse, mais le résultat est tout de même très amusant

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Forever the Moment (2007)
J’avais déjà vu et chroniqué le film (voir la critique) en mai dernier. J’ai ressenti les choses un peu différemment cette fois-ci, ayant vécu les Jeux Olympiques depuis la Corée cet été (et suivi entre autres les matchs de l’équipe féminine de handball !) : attisé par ces excellents souvenirs, le côté très patriotique/larmoyant du film a fonctionné à merveille (alors qu’il peut gêner quelqu’un de moins biaisé !).

Si je devais retenir 3 films du festival, je garderais “Magician(s)”, “Milky Way Liberation Front” et “Dodari”, les trois meilleures surprises que j’ai pu avoir. Et vous (enfin les chanceux/motivés qui ont pu y assister), quels ont été vos coups de coeur ?

Et en attendant que je revienne de quelques jours de vacances : Joyeux Noël et Bonne Année à tous ! ;)

Compte-Rendu du FFCF 2008 - Jour 2 Ecrit par Pierre le 23.12.08

Suite du compte-rendu avec la journée de samedi, particulièrement bien remplie avec 5 films au programme. Du petit film indépendant (”Pruning the Grapevine”) au thriller carton de l’année (”The Chaser”), en passant par le documentaire (”63 Years On”) ou l’exercice de style délirant (”Magician(s)”), cette journée reflète à merveille la diversité du festival !

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Pruning The Grapevine (de Min Byeong-Hun, 2006)
“Pruning The Grapevine” suit le parcours hésitant d’un jeune apprenti-prêtre, tiraillé entre sa foi et l’amour qu’il éprouve encore pour son ex petite amie. Un tel sujet avait de quoi me faire peur, mais j’ai tout de même trouvé le film assez bon, même s’il souffre de quelques lenteurs. J’ai notamment bien aimé la première partie se déroulant au séminaire, qui fait naitre une ambiance trouble et pesante, où la tentation de transgresser les interdits est palpable à chaque instant. De même ensuite lorsque le héros se rend au monastère, lieu qui m’évoque immédiatement “Le Nom de la Rose” (même si les deux films sont difficilement comparables !), et titille l’imagination : le père est alcoolique, le jeune moine s’éprend d’une nonne, et même le gentil moine semble cacher un passé trouble. Je ne sais pas si c’était voulu ou si mon interprétation va trop loin, mais c’est cet aspect, renforcé par le visage sibyllin de l’acteur principal (très bien choisi), qui m’a le plus intéressé, beaucoup plus que les questions sur la foi !

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For Eternal Hearts (de Hwang Gyu-Deok, 2007)
Je ne vais pas parler de l’histoire puisque celle-ci est tellement tordue que je risquerais de me tromper ! Ce film propose en tout cas un traitement original du film de fantôme, qui ne cherche pas à faire peur mais plutôt à distiller une atmosphère étrange et mystérieuse. Malheureusement, le suspense ne prend pas vraiment au vu du tour si compliqué que prend peu à peu l’histoire. Un aspect très réussi se situe dans la narration, puisque c’est un professeur qui raconte sa jeunesse à ses élèves, ce qui donne lieu à des instants plutôt comiques (”Mais comment ça vous être mort ?!”). Le film souffre de l’interprétation un peu molle et faiblarde de l’acteur principal, alors qu’au contraire les deux rôles féminins sont bien tenus. Le tout reste tout de même assez sympathique.

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63 Years On (de Kim Dong-Won, 2008)
Ce documentaire poignant traite des “femmes de réconfort”, nom donné aux nombreuses femmes (entre 100,000 et 200,000 !) qui ont servi littéralement d’”esclaves sexuelles” aux soldats japonais durant la deuxième guerre mondiale. A travers le témoignage bouleversant de 5 femmes de milieux très différents (parmi lesquelles on trouve une coréenne, une chinoise et même une hollandaise) ayant été enlevées et victimes, le film s’attache tout d’abord à dévoiler la vérité de la manière la plus directe et la plus crue. Ensuite, il montre également à quel point les blessures sont loin d’être renfermées, comment ces femmes ont souffert (et souffrent encore) tout au long de leur vie, et pourquoi les excuses que les victimes réclament au Japon revêtent une importance capitale. Terrifiant.

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The Chaser (de Na Hong-Jin, 2008)
Revu avec un grand plaisir (et surement la meilleure audience du festival), je ne m’attarde pas sur le sujet et vous invite à revoir la critique rédigée lors de ma première vision. ;)

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Magician(s) (de Song Il-Gon, 2005)
Film que j’avais envie de voir depuis longtemps, Magician(s) est un véritable tour de force. Tout simplement par qu’il est composé d’un unique plan-séquence de 96 minutes, prouesse technique assez hallucinante puisque le film se déroule dans plusieurs décors différents, en intérieur comme en extérieur (avec entre autres un suicide, un vrai concert et un fantôme !), le tout sans que la caméra ne s’arrête de tourner (et mis à part l’ombre furtive du caméraman pendant une scène et quelques autofocus capricieux en extérieur, la réalisation est parfaite). Les acteurs sont vraiment excellents, et voir comment ils passent d’une scène où ils ont l’air totalement bourrés (ils ont l’air picoler pour de vrai en plus) à une scène sérieuse et dramatique, puis à revenir à l’état précédent sans la moindre coupure est vraiment bluffant. Mais je trouve qu’il serait réducteur de cantonner le film à un pur exercice de style ou à du théâtre filmé : plein d’humour et d’idées visuelles, il s’agit du portrait touchant de quelques amis désabusés à l’heure de faire le bilan de leur vie. Si l’effet peut surprendre au début, on en arrive à ne plus vouloir que la caméra s’arrête, et la scène finale où les deux personnages masculins sortent crier ce qu’ils ont sur le coeur est magnifique. Magique !

Compte-Rendu du FFCF 2008 - Jour 1 Ecrit par Pierre le 21.12.08

Première partie du compte-rendu de l’édition 2008 du Festival Franco-Coréen du Film, où j’ai pu me rendre pendant 3 jours et un peu plus d’une dizaine de films visionnés. Comme toujours quand je regarde un grand nombre de films à la suite, impossible de faire une critique détaillée pour chacun d’entre eux, je regrouperai donc mes impressions dans un article par journée.

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My Dear Diary (de Kim Baek-Jun et Jeong Seong-Wuk, 2008)
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce premier film ne m’a pas laissé une marque indélébile ! Pour dire les choses honnêtement, je l’ai trouvé carrément mou et chiant, et le meilleur moment du film réside dans son générique de fin, jolie séquence en animation qui tranche par son originalité avec le reste du film. “My Dear Diary” suit les hésitations existentielles d’un jeune homme, tiraillé entre le souvenir de sa petite amie partie s’installer en France et le désir d’aller de l’avant. Le film souffre d’un vrai manque de rythme, avec un silence vraiment plombant dans certaines scènes, pas grand chose à raconter, bref ça m’a fait penser à du mauvais Hong Sang-Soo (tiens, comme par hasard, les héros sont aussi des cinéastes !).

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Flounder (de Park Jun-Beom, 2007)
J’avais à l’origine prévu d’aller voir “Dans la chambre de Na”, mais un aléa technique a contraint les organisateurs à diffuser “Dodari” (”Flounder” en anglais) à la place. Je ne sais pas si on a gagné ou perdu au change, mais ce film reste une vraie bonne surprise. Programmé comme le film précédent dans le cadre du cycle “Made in Busan” (il montre d’ailleurs la ville sous un angle bien plus intéressant), “Flounder” retrace le parcours difficile de 3 jeunes tout juste entrés dans la vie active, une sorte de réponse masculine à “Take Care of my Cat”. Chacun essaye de s’en sortir à sa manière avec plus ou moins de succès, et ils vont réaliser cruellement que leurs rêves de jeunesse ne font pas le poids face à la réalité du quotidien. Bien interprété, “Flounder” est un film bien vivant (et au langage fleuri !), une belle et dure histoire d’amitié.

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Beetles (de Kim Eun-Hee, 2006)
Il s’agit là d’un des pires films que j’ai eu l’occasion de visionner (ouch’). Pour résumer, on va dire que “Beetles” est une suite de scènes représentant : des scarabées en milieu naturel, une opération du cerveau, des danseurs de tango et des acteurs déclamant un texte tantôt tiré de revues scientifiques, tantôt philosophique, le tout sans relations ou presque et pendant deux bonnes heures. On passe par tous les états : incompréhension au départ, puis ennui, vient ensuite la colère (limite l’envie de meurtre) et le rire nerveux (la fin qui n’en finit plus). Je remercie d’ailleurs Carth grâce à qui je me suis senti un peu moins seul dans mes soupirs. Bref, un vrai calvaire, et je ne sais même pas comment j’ai fait pour rester jusqu’au bout. D’ailleurs je lance un appel à toute personne ayant apprécié (ou simplement compris, n’en demandons pas trop), s’il pouvait nous expliquer un peu la finalité de ce film…

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Milky Way Liberation Front (de Yoon Seong-Ho, 2007)
C’était le film parfait pour se remettre de “Beetles”, une fantaisie loufoque et piquante sur le milieu du cinéma coréen. “Milky Way Liberation Front” suit le parcours d’un jeune réalisateur débutant cherchant à produire son premier film, une histoire de héros aphone tombant amoureux de soeurs siamoises… C’est un film certes totalement foutraque et bordélique, mais diablement drôle et sympathique. Il fourmille d’idées de toutes parts (les scènes de chat’ sont autrement plus inventives que celles de “Contact”, vu récemment), la mise en scène atteignant parfois des sommets d’onirisme. Ca va même des fois un peu trop vite (tout le monde qui parle en même temps, voire en accéléré !) et il gagnerait à se poser un peu plus par moments. Toujours est-il qu’à peine deux jours après l’avoir vu, j’ai déjà l’irrépressible envie de le revoir, et ça c’est plutôt bon signe. J’attends maintenant avec impatience de voir ce que ce réalisateur va nous préparer, en espérant qu’il garde la même fougue.

Bilan du jour : un film mou vite oublié, une insoutenable expérience de cinéma et deux bonnes surprises ! :P

Tears - de Im Sang-Soo (2001) Ecrit par Pierre le 14.12.08

Ayant revu récemment avec un grand plaisir “The President’s Last Bang” et encouragé par Epikt qui considère ce film comme le meilleur Im Sang-Soo (malgré qu’il soit le plus méconnu), je me suis décidé à voir son second film, “Tears”. Et bien je ne suis pas loin de rejoindre son avis ! (je garde tout de même un faible pour son thriller politique susnommé, même si les deux films sont difficilement comparables).

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“Tears” suit le parcours chaotique de 4 adolescents dans un quartier glauque de Séoul : violence, drogue, prostitution… Le film fait au départ penser à un documentaire : filmé en DV, image cradingue, il nous laisse assister au spectacle de ces quatre jeunes livrés à eux-mêmes accumulant les conneries pour tenter vainement d’échapper à leur quotidien : l’un s’envoie en l’air avec tout ce qui passe, l’autre sniffe du gaz enfermée dans un placard, la troisième se prostitue… sous le regard de Han, fugueur timide et introverti. Pourtant cet aspect documentaire s’estompe rapidement pour donner place à un portrait touchant de ces quatre individus un peu paumés. Sans renier leurs travers, le film suit leurs errances, leurs hésitations mais aussi leurs espoirs, dans une dernière partie très belle et très poétique malgré sa dureté. En filigrane, la place des parents est assez subtilement évoquée tout au long du film.

Malgré la pauvreté de l’image, la réalisation d’Im Sang-Soo est très intéressante, cadrant habilement en donnant caractère tantôt épique tantôt mélancolique au film, et offrant quelques scènes très réussies (une scène d’amour vue de la surface de l’eau, un bris de verre sanglant). On notera qu’Im Sang-Soo doit particulièrement aimer filmer les jeunes à moto ! J’ai particulièrement aimé un long plan sublime sur la plage, où la caméra vole, zigzague au raz du sol, s’attardant sur ces jeunes qui parviennent à oublier un instant d’où ils viennent et à s’amuser le plus simplement du monde. J’ai trouvé les acteurs assez bluffants, leur interprétation naturelle renforçant la sincérité du film. D’après mes recherches, il ne s’agissait pas d’acteurs professionnels mais de jeunes trouvés dans la rue (je cite : “J’ai commencé à faire des recherches pour le casting. Des agences me contactaient et m’envoyaient des photos de jeunes gens très beaux, mais qui ne correspondaient pas du tout à mes personnages. Alors j’ai envoyé mes assistants réalisateurs dans les rues. Ils ont repéré les 4 jeunes gens du film et leur ont donné le scénario.“, source). Deux d’entre eux sont d’ailleurs devenus assez connus après ce film (on a pu voir Jo Eun-Ji dans “Forever the Moment” et Bong Tae-Gyu dans “Family Ties”, par contre c’est dommage mais Park Geun-Yeong a disparu de la circulation).

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“Tears” m’a vraiment pris aux tripes, embarqué à 200 à l’heure, c’est quelque chose que je n’avais encore jamais vu dans le cinéma coréen et qui me fait espérer qu’il reste encore un paquet de choses sympas à découvrir.

Entre le kimchi et le fromage… Ecrit par Hyewon le 11.12.08

Il y a un proverbe français qui dit “Un repas sans fromage est une belle à qui il manque un œil.”, de même les coréens mangent du kimchi presque tous les jours avec du riz. Pour cette raison, certaines personnes appellent un couple franco-coréen : un couple “kimchi-camembert”. Ok, c’est un nom mignon sauf que moi, je n’apprécie pas le fromage, même le camembert, et Pierre n’aime pas le kimchi. Je ne sais pas si c’est le cas d’autre couples mais en général le kimchi et le fromage ne sont pas les aliments préférés des étrangers. Comparons ces deux aliments si importants. :)

fromage

A mon avis, la fermentation est la partie la plus importante du processus de fabrication de ces deux aliments. Je ne sais pas pour le fromage, mais si vous goûtez du kimchi pas fermenté, vous ne pouvez pas apprécier son goût typique.

Comme des français disent “le fromage américain n’est pas du vrai fromage”, nous les coréens disons la même chose avec le “kimuchi” (le kimchi japonais). Oui, nous sommes très fiers de notre aliment national. :)

kimchi

Les deux aliments vont bien avec d’autres nourritures. Le fromage est le meilleur ami du vin. Et fondu, il va bien également avec du pain… Le kimchi ? Les coréens peuvent faire tous les plats avec lui : galettes, potage, burger, etc. Comme les couples franco-coréens, le kimchi et le fromage peuvent faire un super plat ensemble. La prochaine fois, je vais faire un plat avec du fromage et du kimchi pour vous montrer l’unification des deux aliments. :P