Compte-Rendu du FFCF 2008 – Jour 1 Ecrit par Pierre le 21.12.08

Première partie du compte-rendu de l’édition 2008 du Festival Franco-Coréen du Film, où j’ai pu me rendre pendant 3 jours et un peu plus d’une dizaine de films visionnés. Comme toujours quand je regarde un grand nombre de films à la suite, impossible de faire une critique détaillée pour chacun d’entre eux, je regrouperai donc mes impressions dans un article par journée.

my_dear_diary

My Dear Diary (de Kim Baek-Jun et Jeong Seong-Wuk, 2008)
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce premier film ne m’a pas laissé une marque indélébile ! Pour dire les choses honnêtement, je l’ai trouvé carrément mou et chiant, et le meilleur moment du film réside dans son générique de fin, jolie séquence en animation qui tranche par son originalité avec le reste du film. “My Dear Diary” suit les hésitations existentielles d’un jeune homme, tiraillé entre le souvenir de sa petite amie partie s’installer en France et le désir d’aller de l’avant. Le film souffre d’un vrai manque de rythme, avec un silence vraiment plombant dans certaines scènes, pas grand chose à raconter, bref ça m’a fait penser à du mauvais Hong Sang-Soo (tiens, comme par hasard, les héros sont aussi des cinéastes !).

dodari

Flounder (de Park Jun-Beom, 2007)
J’avais à l’origine prévu d’aller voir “Dans la chambre de Na”, mais un aléa technique a contraint les organisateurs à diffuser “Dodari” (“Flounder” en anglais) à la place. Je ne sais pas si on a gagné ou perdu au change, mais ce film reste une vraie bonne surprise. Programmé comme le film précédent dans le cadre du cycle “Made in Busan” (il montre d’ailleurs la ville sous un angle bien plus intéressant), “Flounder” retrace le parcours difficile de 3 jeunes tout juste entrés dans la vie active, une sorte de réponse masculine à “Take Care of my Cat”. Chacun essaye de s’en sortir à sa manière avec plus ou moins de succès, et ils vont réaliser cruellement que leurs rêves de jeunesse ne font pas le poids face à la réalité du quotidien. Bien interprété, “Flounder” est un film bien vivant (et au langage fleuri !), une belle et dure histoire d’amitié.

beetles

Beetles (de Kim Eun-Hee, 2006)
Il s’agit là d’un des pires films que j’ai eu l’occasion de visionner (ouch’). Pour résumer, on va dire que “Beetles” est une suite de scènes représentant : des scarabées en milieu naturel, une opération du cerveau, des danseurs de tango et des acteurs déclamant un texte tantôt tiré de revues scientifiques, tantôt philosophique, le tout sans relations ou presque et pendant deux bonnes heures. On passe par tous les états : incompréhension au départ, puis ennui, vient ensuite la colère (limite l’envie de meurtre) et le rire nerveux (la fin qui n’en finit plus). Je remercie d’ailleurs Carth grâce à qui je me suis senti un peu moins seul dans mes soupirs. Bref, un vrai calvaire, et je ne sais même pas comment j’ai fait pour rester jusqu’au bout. D’ailleurs je lance un appel à toute personne ayant apprécié (ou simplement compris, n’en demandons pas trop), s’il pouvait nous expliquer un peu la finalité de ce film…

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Milky Way Liberation Front (de Yoon Seong-Ho, 2007)
C’était le film parfait pour se remettre de “Beetles”, une fantaisie loufoque et piquante sur le milieu du cinéma coréen. “Milky Way Liberation Front” suit le parcours d’un jeune réalisateur débutant cherchant à produire son premier film, une histoire de héros aphone tombant amoureux de soeurs siamoises… C’est un film certes totalement foutraque et bordélique, mais diablement drôle et sympathique. Il fourmille d’idées de toutes parts (les scènes de chat’ sont autrement plus inventives que celles de “Contact”, vu récemment), la mise en scène atteignant parfois des sommets d’onirisme. Ca va même des fois un peu trop vite (tout le monde qui parle en même temps, voire en accéléré !) et il gagnerait à se poser un peu plus par moments. Toujours est-il qu’à peine deux jours après l’avoir vu, j’ai déjà l’irrépressible envie de le revoir, et ça c’est plutôt bon signe. J’attends maintenant avec impatience de voir ce que ce réalisateur va nous préparer, en espérant qu’il garde la même fougue.

Bilan du jour : un film mou vite oublié, une insoutenable expérience de cinéma et deux bonnes surprises ! :P

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12 commentaires pour “Compte-Rendu du FFCF 2008 – Jour 1”

  1. Xavier |

    Ce fut un plaisir de faire ces quelques séances en ta compagnie Pierre. C’était même marquant puisque l’on a assisté ensemble à une branlette cérébrale honteuse INCROYABLEMENT prétentieuse avec Beetles, l’un des pires films asiatiques et sans aucun doute le pire film coréen que j’ai pu voir de toute ma vie. Je n’ai d’ailleurs pas quitté la salle par respect et parce que je voulais à tout prix rendre le coupon “avis du public” aux organisateurs avec un “NUL” écris en gros dans un espace où il était juste marqué “cochez la case”. Quel plaisir d’avoir joué son vilain garçon ^^ ! Bonne continuation à toi et Hye-won, et à votre blog évidemment!

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  2. Pierre |

    @Xavier: plaisir partagé ;) et j’attends avec impatience ta critique de Beetles :D

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  3. Gilles |

    Beetles a gagné le prix du public..

    Nan je déconne :)

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  4. antennerelais |

    Je pense que le gars qui a rédigé cette critique de Beetles est un incompétent complet.

    Il faut en effet être gravement à côté de la plaque (ou/et d’une inculture manifeste), pour ne pas sentir derrière ce film “quelque chose”. Certes c’est assez mystérieux et obscur. Mais je le répète seul un trépané de naissance peut rester insensible devant ce film. Il est absolument évident, limpide (je parle en mon nom et en celui de la personne qui m’accompagnait à la séance de Beetles), que derrière chaque plan du film, derrière chaque effet de montage ou de découpage, préside une sensibilité, un instinct, ou pour résumer : ce que l’on appelle “la personnalité de l’auteur”.

    C’est “la personnalité de l’auteur” qui nous touche prioritairement derrière tel ou tel chef-d’œuvre, qu’il soit signé Ozu ou Ford.
    Certes Beetles n’est sans doute pas abouti : on peut raisonnablement supposer que la réalisatrice n’est pas satisfaite de son film. Qu’elle a rencontré, sans doute, aléas de production ou de financement, que sais-je.
    Il n’en reste pas moins que cette “personnalité de l’auteur”, à la vision de Beetles, est apparue pour certaines personnes, marquante et de tout premier ordre. On ressort de ce film véritablement obsédé, comme si l’on venait de participer à “quelque chose”, dont l’on ne détient certes pas toutes les clés : mais il est rigoureusement évident (c’est la sensibilité éduquée de quelqu’un de familier à de nombreux arts, qui parle ici) qu’il n’y a rien de gratuit dans Beetles. Que tout obéit dans ce film à une inspiration authentique. Le fait est que je n’ai pas vu le temps passer pendant ce film, j’étais à la fois captivé et comme fasciné, d’ailleurs en sortant j’étais étonné que presque 2 heures se soient écoulées (quand d’autres parlent d’ennui, voire de “colère”… Pauvres nains !).

    Je trouve qu’il est quand même grave de pouvoir écrire n’importe quoi sur internet, et que cela se retrouve ensuite archivé par google, comme s’il s’agissait des derniers rouleaux de la Mer Morte…

    Enfin l’auteur de ce blog n’est sans doute pas un méchant bougre : il lui manque une sensibilité éduquée, la patiente fréquentation des grandes œuvres (y compris celle des avants-gardes présentes ou passées).

    Il y a fort à parier que l’auteur de la “critique” ci-dessus aurait, devant n’importe quel film de Tarkovski présenté pour la première fois dans un festival, affirmé fièrement : “c’est nul, c’est à chier, c’est prétentieux”, etc.

    PS. J’ai un peu confondu le texte du compte-rendu lui-même, avec le révoltant commentaire du “Xavier” ci-dessus. Donc pardon à l’auteur du “compte-rendu” (néanmoins d’une faiblesse insigne).
    Question à Xavier : tu as 12 ans ?

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  5. Pierre |

    @antennerelais: magnifique ce troll de fin d’année :D
    Et bien au nom de tous les “trépanés de naissance” ou autres pauvres nains incultes et incompétents (on doit être nombreux parce que beaucoup de personnes ont ressenti la même chose), je m’incline devant ta science infuse à la sensibilité si éduquée et m’excuse d’avoir osé (quel scandale tout de même !) présenté mon opinion au sujet d’un film sur mon blog personnel. :)

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  6. Gilles |

    Mais que je vous rassure, au niveau du prix du public, ya eu pire comme score.

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  7. Xavier |

    Cher antennerelais, si tu as trouvé Beetles merveilleux, subtile et sensible et (liste d’adjectifs non exhaustive), tout le monde se doit donc d’être de ton avis. C’est comme ça que ça marche dans notre société et pas autrement, je te l’accorde. PS : Stalker est un de mes films préférés. J’apprécie aussi particulièrement Béla Tarr. On boit un verre ensemble un jour? Bisous.

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  8. antennerelais |

    @ Pierre
    J’accepte tes excuses :) (je suis d’un naturel magnanime) ; au reste le “blog personnel” n’est qu’une excuse relative sachant que google flique tout (je ne me serais pas fendu d’une telle dissertation sans cela).

    @ Xavier
    “si tu as trouvé Beetles merveilleux, subtile et sensible”

    Il ne me semble pas avoir écrit cela. Je pense que ce film est sans doute plus ou moins “raté”, au sens où le projet de l’auteur, pour je ne sais quelles raisons, n’a sans doute pu vraiment voir le jour (mais on peut apprécier un film “raté” – d’autres parlent de “film malade”). On peut sentir à l’évidence que le film pourrait être meilleur, pourrait mieux fonctionner. Par exemple l’acteur qui fait le docteur me semble très problématique, cela m’étonnerait quand même que sa “performance” ait été voulue comme telle (par l’auteur). L’actrice principale est bien, mais celle qui apparaît juste à la fin est tout simplement magnifique (il y a un gros plan admirable en tous points lorsqu’elle se trouve face au docteur “idiot”) : il est certain que si tous les acteurs avaient été de cet acabit, il y aurait eu effet boule de neige, le film aurait eu une tout autre gueule, bref aurait été autre. Il faut savoir relativiser parfois. On a l’impression que l’auteur s’efforce de fabriquer quelque chose avec divers matériaux (dont les acteurs) – on sait que tout ceci coûte de l’argent – et que bref tout n’a pas été simple (cela sent quand même le budget très comprimé). Il reste que ce film fut marquant comme j’ai expliqué, et ce pour au moins 2 personnes dans la salle (preuve que je n’ai pas déliré – d’ailleurs j’ai l’habitude d’aller contre le vent dominant, par exemple dès le milieu des années 80 j’affirmais que Clint Eastxood était un des 3 meilleurs cinéastes américains sinon le meilleur (à cette époque il était traité de haut, considéré comme “réactionnaire” etc.), c’est à la vue de “Pale Rider” (1985) que ceci m’avait sauté à la gueule).

    “tout le monde se doit donc d’être de ton avis”

    Je te propose de méditer cette sage parole : celui qui admire a toujours raison
    (corollaire : celui pour lequel il ne se passe rien – tandis qu’il constate que pour d’autres à côté il a l’air de se passer quelque chose : celui-là devra s’efforcer d’exercer, à son propre endroit, ce que l’on appelle une remise en question (“je suis peut-être fatigué”, “je n’ai peut-être pas capté ce qu’il y avait à capter”, “je ne suis peut-être pas au niveau”, etc. – avant, si possible, de barbouiller quelque chose sur le net (où on le sait tout se trouve indexé et archivé)

    Je suis d’ailleurs en train de me rendre compte que c’est sans doute toi qui avait rédigé la critique du film sur “cinémasie”. Il y avait par exemple cette phrase révoltante :

    “Beetles se contrefiche du spectateur à chaque millième de seconde”

    Cette phrase signe en quelque sorte ton brevet d’ahurissement. En effet l’artiste authentique se signale justement, très précisément, par l’écoute scrupuleuse de sa voix intérieure, et non par je ne sais quelle préoccupation de ce qui plairait au public (ou de ce qu’est censé capter “le public”). De multiples artistes ont exprimé cette vérité fondamentale, j’ai la flemme d’aller chercher des citations sur google tu peux le faire par toi-même.

    Ce sont surtout des écrivains qui ont parlé de ça, mais il y a un musicien qui disait à peu près : “s’il se trouve UNE personne dans le public, pour apprécier et capter véritablement ce que tu fais, alors ton travail n’aura pas été vain ; concentre-toi en jouant sur cette personne.”

    Aller chercher une comparaison avec Godard serait sans doute inconsidéré, à propos de “Beetles”, pourtant j’y ai pensé en regardant le film. En effet pour moi Godard est avant tout un poète (j’ai mis du temps à comprendre et sentir cela), et ses films (en tous cas ses derniers) avant tout des actes de poésie : une sensibilité soliloquant et s’adressant dans un deuxième temps, via l’objet d’art, à une autre sensibilité : celle du spectateur supposé réceptif. Or devant “Beetles” je me trouvais dans la même posture que devant un film de Godard. Ceci suffit pour moi à tenir le film en considération, et à juger révoltants les propos que j’ai pu lire ici ou là sur le film.

    Enfin tout cela me rappelle une scène d’un film de Moretti (j’ai hélas oublié lequel mais la scène m’est restée gravée) : Moretti vient tracasser un critique de cinéma dans son lit, lui inflige une torture mentale en lui hurlant aux oreilles, le critique pleure et demande pardon : ce critique avait en effet écrit des insanités sur un film coréen.
    Voici donc ce qui t’attend. Après on pourra aller boire un coup.

    PS. J’ai posté avant-hier sur le site “cinémasie”, attaché à ma note de 4/5, un début de réponse à la (ta?) critique de “Beetles” que j’avais pu lire sur le site.
    Or là je constate que ce que j’avais écrit a disparu.
    Se pourrait-il que mes propos aient été “effacés” ?
    Tout le monde est libre de penser ce qu’ils veut, et même de l’écrire sur le net (ce qui peut quand même se révéler problématique vu que tout s’y retrouve indexé et archivé). En somme n’importe qui peut écrire n’importe quoi : il existe une contrepartie à ceci, qui est d’accepter en retour commentaires et critiques.

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  9. Gilles |

    Comme dit sur cinemasie, l’espace pour écrire des critiques, est fait pour écrire des critique sur les films, pas sur les critiques des autres. Pour ça, il y a un forum. Si tu n’es pas d’accord avec quelqu’un c’est ton droit, mais qui es-tu pour juger le goût des gens. Tu aimes ce films, c’est très bien pour toi, si tu as vu quelque chose que les autres n’ont pas vu, tant mieux pour toi, au moins la séance n’aura pas été veine. Mais sache que des gens qui n’ont pas aimé, il y en a plus que des gens qui ont aimé, et cela, je le sais pour avoir moi-même décortiqué les avis du public (et encore je t’épargne de sa moyenne).

    Si Xavier n’a pas aimé le film, et s’il a l’impression qu’on s’est foutu de sa gueule, il a le droit de le dire. S’il s’est fait chier comme un rat mort devant une oeuvre pour lui incompréhensible, il a le droit de le décrire, même en utilisant des métaphores. Si tu n’es pas d’accord avec lui, tu as le droit de lui dire, mais sans être condescendant, surtout quand tu fais partie d’une minorité…

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  10. antennerelais |

    @ Gilles

    La loi du nombre n’a rien à faire avec le jugement esthétique (et surtout pas sur le court terme) : tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’œuvres que l’on pourrait qualifier “d’avant-garde” (en 2008 le terme est bien usé, mais quel autre employer, “au langage non conventionnel” on pourrait dire).

    La question est : se passe-t-il quelque chose pour quelques uns – et peu importe le nombre. A sa sortie “La Chartreuse de Parme” eut 50 lecteurs, et pas un article (il fallut attendre la fameuse lettre de Balzac, qui lui s’y connaissait un petit peu). Au début du XXème siècle, si l’on avait écouté “le goût du public’”, certains compositeurs auraient été pendus peut-être, à la première de leurs œuvres. Enfin la “valeur” ou “l’intérêt” esthétiques ne se décrètent pas par sondage.

    En tout état de cause, lorsque l’on a affaire à une œuvre au langage “non conventionnel”, et tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’une première œuvre, il faut être très précautionneux dans son jugement, dans son éventuelle “critique” ; il ne faut surtout pas se croire plus malin que l’auteur (péché dans lequel le critique de “cinémasia” a versé en plein). Le respect pour l’œuvre en tant que telle devrait être un réflexe premier.

    Pour exprimer le sentiment (ou le “goût”) de la “majorité”, il existe quelque chose que l’on nomme “prix du public” : c’est très sympa. On note toutefois que dans la plupart des festivals ou concours ce n’est pas le prix le plus prestigieux du palmarès (il n’y a d’ailleurs aucune chance pour qu’une œuvre au “langage non conventionnel” se retrouve distinguée par ce “prix du public” – sauf évidemment dans un festival ou concours spécialisé là-dedans).

    Le critique, qui lui n’est théoriquement pas le premier péquin venu (familier des “avant-gardes” de son époque, il n’aurait pas hurlé au scandale – ou pas trop fort – lors de la première de l’opus 10 de Schoenberg), ce critique doit s’élever un peu plus haut que le jugement commun, et si possible jusqu’à adopter une position d’éclaireur. S’il ne se sent pas compétent ou “en phase” pour telle ou telle œuvre, il passe la main à un collègue, qui lui aura capté quelque chose.

    Et bref : à propos d’un film qui m’avait frappé (mais certes difficile à appréhender), je trouve publiée sur le net une critique que je juge inepte et scandaleuse, sans moyen d’y apposer un commentaire direct ; je poste un début de réponse indignée par un moyen détourné (sur d’autres parties du site, tels l’endroit où l’on met sa note, ou le forum – là en fait je croyais envoyer un MP à l’auteur de la critique puisque c’était en cliquant sur “lui envoyer un message”) : mes deux interventions se trouvent censurées (pour employer le mot propre), dans leur intégralité. Aucun couinement de justification ne pourra faire trouver ceci “normal” à aucun esprit sensé. D’autant qu’il n’y avait de ma part aucun gros mot, rien d’injurieux (et pour ce qui est du “respect”, ou du fait d’être “condescendant”, je m’étais je pense placé à peu près au même niveau que le critique vis à vis du film en question – en plus magnanime peut-être).

    (d’autres détails là : http://www.cinemasie.com/fr/forum/read.php?f=5&i=6320&t=6311#p6320 )

    Je répète ce que je disais plus haut : si quiconque peut écrire ce qu’il veut sur internet, la contrepartie nécessaire est d’accepter commentaires et critiques, sur cet écrit même (et pas seulement sur l’objet de cet écrit). C’est comme une loi (non écrite, elle) du net. Ou alors écrivez-vous par mail. Mais mieux : mettez une fonction “commentaires” sous chaque texte publié !

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  11. Xavier |

    @antennerelais:

    Dans “Beetles” je ne remets pas en cause la beauté de l’actrice ou tout ce qui tourne autour. Des actrices “belles” comme elle on en trouve dans tous les coins de rue du cinéma. Mon 0 est une note symbolique, et j’exprime -rapidement certes- ce que j’ai RESSENTI moi aussi durant la projection. C’est assez rare pour le souligner, mais je n’ai jamais trouvé le temps aussi long que durant la projection de ce film. Que la cinéaste ait voulu montré telle ou telle chose, avec son PROPRE regard -s’il y en a un-, avec une démarche bien particulière à elle, pas de problème, je ne me suis pas du tout senti concerné. Je pense en avoir encore le droit qu’importe mes débordements ou mes maladresses.

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  12. antennerelais |

    @ Xavier
    “je n’ai jamais trouvé le temps aussi long que durant la projection de ce film.”

    Chez moi j’avais observé un phénomène inverse : j’ai vraiment été étonné en regardant ma montre en sortant (presque 2H de film, subjectivement j’aurais plutôt dit 1H20-1H30), et surtout pour un film comme ça.

    Question : pour rédiger une critique, vaut-il mieux dans l’absolu prendre quelqu’un qui a failli crever d’ennui, ou quelqu’un qui n’a pas vu le temps passer ? (sachant de plus que l’on a affaire à un “petit film”, “indépendant”, au langage “non conventionnel”, et en plus un premier film).

    Evidemment que tu te sois fait chier est un fait, et respectable en soi (les sensibilités ne sont pas les mêmes). D’ailleurs la teneur même de ta critique n’était pas d’un nul : simplement de quelqu’un qui n’avait rien capté (j’ai pas dit “pas compris”, moi non plus j’ai à peu près rien compris au sens propre), et qui partait de là pour démonter le film, ceci étant de plus exposé comme “parole officielle” sur un site (“cinémasie”), et en plus sans moyen d’y répondre. Il y avait quelque chose de (gravement) choquant là-dedans. Enfin le minimum serait de mettre une feature “commentaires” sous les textes publiés (rien n’empêcherait de filtrer les commentaires pour éviter les trucs injurieux et choses du genre, qui ont effectivement tendance à se multiplier ici ou là sur le net). Sinon pour être vraiment au chaud il y a la solution intranet aussi…

    “C’est assez rare pour le souligner, mais je n’ai jamais trouvé le temps aussi long que durant la projection de ce film.”

    Tu ne risques donc pas d’oublier ce film ! Excellent. “Beetles” te poursuivra toute ta vie (de même que je ne peux oublier “Alphaville” vu il y a longtemps : j’avais failli crever car je me faisais tellement ch… que j’oubliais de respirer).

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