Premières fois #1: Flower Island – de Song Il-Gon (2001) Ecrit par Pierre le 05.04.09
J’entame une nouvelle série d’articles (enfin elle avait déjà plus ou moins commencé inconsciemment) consacrée aux premiers films de réalisateurs coréens. Choisis par hasard ou par curiosité, réalisateurs dont on est sans nouvelles ou ayant confirmé par la suite, déterrage de films enfouis ou pourquoi pas talents de demain, on verra bien où cela pourra nous mener !
Je commence sans trop prendre de risques par “Flower Island”, le premier film de Song Il-Gon, un réalisateur dont j’ai beaucoup apprécié les deux derniers films : “Feathers in the Wind” et “Magicians“.

“Si vous allez sur Flower Island, vous oublierez tous vos chagrins et toutes vos peines.” C’est avec ce désir que trois femmes aux destinées très différentes mais tout aussi torturées vont entreprendre un périple afin de se rendre sur cette fameuse île.
L’introduction du film est déjà très marquante : celui-ci commence par la longue tirade d’une femme qui d’une voix déchirante, face caméra, exprime par une anecdote toute l’intensité des regrets qui sont en train de la ronger. Dès lors, elle ne prononcera pratiquement plus un mot du reste du film. S’ensuit une scène d’accouchement dans des toilettes sordides, à la fois terrible et d’une puissance incroyable. Après cette exposition frontale et violente, les trois femmes prennent la décision de poursuivre un rêve commun, une dernière échappatoire. Ce qui marque dans ce premier film, c’est son identité très forte, aussi bien esthétiquement que dans l’univers qu’il met en place. Malgré la situation on ne peut plus dramatique des personnages, le film ne vise point le réalisme, mais s’affirme au contraire comme une sorte de conte à la fois très dur et empreint de poésie, de magie. Celle-ci fait irruption à chaque fois que la douleur devient insoutenable, comme un dernier recours.

Peu de mots suffisent dans ce film à ce qu’on ait l’impression de bien connaitre les personnages. La caméra est très souvent proche des visages, déchiffrant dans leurs yeux tout ce que les mots ne peuvent plus exprimer. Lors d’une très belle scène, un membre d’un groupe de musiciens rencontré en route chante tout sa rage d’une voix rauque, les visages de chaque spectateur en gros plan lui répondant comme un écho. A cet instant et comme par magie, de la souffrance naît la beauté. Et si le film connait une petite baisse de rythme au milieu, comme c’est souvent le cas dans les road-movies, son final onirique achève définitivement de nous enchanter.

A suivre : “The Unforgiven”, premier film de Yun Jong-Bin (2005), “Road Movie” de Kim In-Sik (2002), et “The Peter Pan Formula” de Cho Chang-Ho (2005)…
Mots-clefs : 1er-film, cinéma, corée
Zeeeuhh ! c’est pas drôle d’annoncer le sommaire à l’avance !
(surtout quand je le connais déjà, moi ^^)
Flower Island est mon préféré de Song Il-Gon (en attendant de voir The Magicians).
Il n’est pas encore très assuré avec sa caméra, mais il s’est pas encore embourgeoisé (même si chez lui ça passe mieux que chez, disons, Im Sang-Soo ou Moon Seung-Wook), donc c’est cool, parfois on dirait du Jang Sun-Woo. Et les vingt premières minutes sont excellentissimes.
Annoncer le sommaire c’est une façon de me forcer à le suivre ! (sinon je me connais, ça va trainer et je vais oublier progressivement les films) (pis c’est quoi, ça ?!) Mais il y aura d’autres films, cette série n’a pas de fin programmée, j’ai bien envie de déterrer des vieux trucs (si j’y arrive).
(et tu as encore casé Jang Sun-Woo !)
Je case Jang Sun-Woo à toutes les sauces et j’assume !
Ce qui est bien avec ce type, c’est qu’il a fait plein de truc super différents, donc on peut lui relier plein de monde, ce qui permet de lui faire un peu de pub. En l’occurence la gamine qui accouche dans des chiottes publiques sordides en se filmant en vidéo, ça m’évoque Bad Movie ^^
Dans Flower Island il y a cette énergie foutrak et crue qui me semble caractéristique du cinéma des 90s. On la retrouve encore un peu dans Spider Forest (principalement parce que le film est bancal comme pas possible) mais plus du tout dans Feathers in the Wind.
PS : merci pour la pub !
Quand je fais ce genre de chose, le sommaire n’est pas annoncé à l’avance, j’actualise la page à chaque mise à jour, ça préserve le suspense ^^ En fait j’ai une autre méthode pour me forcer à aller au bout : tous les articles sont écris avant de mettre en ligne le premier.