[Un Certain Regard] Nymph – de Pen-ek Ratanaruang (2009) Ecrit par Pierre le 02.06.09

Nouveau film vu lors de la reprise de la sélection “Un Certain Regard” à Paris cette semaine, “Nymph” m’a beaucoup déçu (mince c’est quoi cette propension à vous parler de mes déceptions alors que j’ai vu des films géniaux comme “Air Doll” ! Je tâcherai de revenir dessus quand même…). On y suit les traces d’un couple en proie au doute, qui décide de passer quelques jours dans la jungle. Là-bas, l’homme s’enfonce dans la forêt et finit par disparaitre…

nymph

Le film commençait pourtant très bien avec un premier plan-séquence à travers la jungle assez hallucinant. La caméra rôde, s’engouffre entre les branches, découvre des personnages, les contournent, les épient, grimpe dans les arbres, glisse le long des lianes, redescend sur une rivière pour finalement retrouver ces mêmes personnages (jolie ellipse au passage). On a l’impression de parcourir des centaines de mètres, totalement immergés par le bruit des feuilles et le crissement des branches, intrigués par les quelques évènements brièvement entrevus, qui font marcher à fond l’imagination.
Malheureusement cette séquence restera jusqu’au bout le plus beau moment du film, incapable de recréer cette tension y compris quand il se situe dans la jungle. On bascule au contraire dans un ennui mortel pendant la bonne heure suivante. Le réalisateur abuse de ce rythme lent où il ne se passe rien, les personnages dorment et se font la gueule, et même esthétiquement je n’ai pas trouvé ça folichon malgré quelques éclairs. L’acteur masculin est tellement mou qu’on a envie de le gifler pour le réveiller, alors qu’au contraire l’actrice arrive à dégager une présence intéressante.
Ce n’est que dans la dernière partie, lorsque l’homme refait son apparition, que le film glisse un peu vers le surnaturel et sort de ce faux-rythme. Mais c’est tard, trop tard pour le spectateur que je suis, décramponné par une première partie où, comme dirait le grand philosophe Calogero, les secondes sont des heures. Enfin les belles choses entrevues me donnent tout de même bien envie de découvrir d’autres films de Pen-ek Ratanaruang, avec plus de réussite je l’espère.

Mots-clefs : ,

3 commentaires pour “[Un Certain Regard] Nymph – de Pen-ek Ratanaruang (2009)”

  1. Xavier |

    En principe, totalement d’accord avec toi.
    Je pense que les films précédents de Pen-Ek sont plus denses et plus profonds aussi bien sur le fond que la forme, avec un art assez sympa de jouer avec l’imprévisible (que l’on retrouve comme tu dis, ici aussi avec la ré-apparition du mari) sans qu’on ne le sente arriver. Je te conseille vivement Last Life in the Universe, Vagues Invisibles, et Ploy, dans le genre. Ses trois précédents, quoi. ^^

    RépondreRépondre
  2. Bloguer ou ne pas bloguer » Une pensée pour panser |

    [...] : Nymph de Pen-ek Ratanaruang ; avec Wanida [...]

  3. Maxime Grave |

    Argh !!! je veux le voir, je n’ai pas lu l’article car je souhaite en savoir un minimum sur Nymph , en tout cas, j’ai beaucoup aimé Last Life in Universe et Vagues Invisibles, où je me suis laissé abandonné au voyage , mais également avec Ploy, qui m’a profondément relaxé.

    RépondreRépondre

Envoyer un commentaire