[Un Certain Regard] Air Doll – de Hirokazu Koreeda (2009) Ecrit par Pierre le 15.06.09
Suite et fin des films du festival de Cannes vus à Paris les semaines dernières avec “Air Doll”, sûrement le meilleur d’entre eux. Au passage, je n’ai pas évoqué quelques films sur le blog, comme “Independencia” de Raya Martin ou “Karaoke” de Chris Chong, qui m’ont paru totalement hermétiques (voire soporifiques). De même pour le très attendu “Mother” de Bong Joon-Ho, qui même si je l’ai apprécié ne me semble pas au niveau de ses précédents, et dont le sommet réside dans une scène de fin géniale que je ne voudrais pas spoiler.
Avant de commencer à parler du film, je me dois d’ajouter qu’étant sérieusement atteint de doonamania depuis déjà quelques années, mon objectivité est très sérieusement mise en cause ! Et même si je suis convaincu que “Air Doll” est un excellent film bien au-delà de la présence de Bae Doona, je ne peux pas non plus l’imaginer avec quelqu’un d’autre à sa place.

Car “Air Doll” pour le fanboy de Bae Doona, c’est le fantasme absolu, le film qui exploite sûrement le mieux son caractère unique. A l’exception de courtes séquences récurrentes s’attardant sur la galerie d’êtres gravitant autour de son personnage de poupée gonflable, elle est omniprésente à l’écran. C’est comme si l’on vivait le film à travers ses yeux. Par sa démarche, ses mouvements, sa bouille et ses grands yeux écarquillés, elle fait en sorte que jamais l’on ne pose la question de savoir si la situation est crédible ou non, elle est la poupée. Je n’épiloguerai pas sur la grâce avec laquelle celle-ci déambule dans les rues en habillée en maid affublée d’un petit sac en forme de pomme : Doona est doonesque et c’est fantastique, point.
Mais ce n’est pas tout : en choisissant de donner vie à l’écran à ce Pinocchio des temps modernes, Koreeda signe un film aérien, beau et lumineux. A l’image de ces longs et doux travellings horizontaux, presque flottants, le film prend son temps et parvient à nous transmettre d’abord l’émerveillement qui déborde de son personnage, puis le doute face à un monde extérieur bien complexe. Les quelques effets spéciaux sont très discrets, amenés de manière simple et naturelle : ainsi la “naissance” de l’être inanimé revêt une émotion pure au simple son du crissement du plastique accompagnant ses premiers mouvements. Et lorsque la question de l’amour et du plaisir que peut éprouver cette poupée est brillamment évoquée, on assiste à un moment de cinéma à couper le souffle, à la fois poétique et absurde, étrange et inoubliable.

Hirokazu Koreeda signe avec “Air Doll” une fable lunaire qui pourra rebuter par son côté naïf, mais qui enchante pour peu qu’on se laisse embarquer. Et vous avez bien compris ô combien je l’ai été

[...] • [FR] Dooliblog got the chance to watch and review Koreeda’s Air Doll! [...]
C’est cool d’avoir un avis positif après les déchets lus ici et là en provenance de Cannes (encore pire, les non-avis à base de notes, bonnes comme mauvaises, qui ne veulent pas dire grand chose).
Merci pour ta critique
Il y en aura un deuxième qui viendra quand il viendra, quand j’aurai redémarré la machine… car Air Doll c’est youp-la-boom, I’m gonna stay happy et tout le toutime.
(il faudrait donc peut-être se poser la question de la part de responsabilité qu’à notre fanitude pour Bae Doo-Na dans notre aveuglement)
PS : tu as tord, Independencia c’est très beau.
@Epikt: ah mais je n’ai pas dit le contraire, c’est juste que le propos m’a totalement échappé, faute d’avoir quelques clés en main (et il a l’avantage sur “Karaoke” de ne pas contenir un plan de 10 minutes fixé sous les narines d’un acteur apathique), c’est pour ça que j’aurais du mal à en parler.
Et sinon j’espère que Bae Doo-Na n’attendra pas 3 ans avant de faire un nouveau film…
[...] cinéma : Air Doll, de Hirokazu Koreeda ; il en avait déjà été question, mais je ne recherche pas [...]
Le film vient de sortir en France et, donc On en parle dans : An Air Doll for Motercalo = http://blogoliviersc.org/?p=3296