Goemon – de Kiriya Kazuaki (2009) Ecrit par Pierre le 15.09.09
Petit retour sur l’un des nombreux films vu la semaine dernière à l’Etrange Festival avec “Goemon”, sorte de Robin des Bois japonais, dans un film dont les décors ont été entièrement réalisés en images de synthèse.

“Goemon” démarre plein de promesses. Une scène d’ouverture bien rythmée, une galerie de personnages hauts en couleurs rapidement introduite, et une scène délicieusement anachronique où notre héros, ravi de son cambriolage réussi, se repose en compagnie d’un groupe de danseuses. C’est visuellement assez délirant, et c’est vraiment ce que j’ai le plus apprécié dans ce film : la création de tout un univers graphique, des décors aux costumes somptueux. Tout cela permet de créer une vraie identité aux personnages qui sont tous plus classes les uns que les autres. Les acteurs, Goemon et son frère d’armes en tête, sont très bons, on retrouve avec plaisir Susumu Terajima dans le rôle du légendaire Hattori Hanzo et on croise même le champion de K1 coréen Choi Hong-Man dans le rôle d’un vilain colosse blond très bourrin (ce qu’il est dans la vraie vie en fait).

Malheureusement, le traitement laisse beaucoup plus à désirer. Si les images sont parfois très belles, certaines sont aussi vraiment hideuses (je pense en particulier à un plan récurrent où Goemon court face caméra est particulièrement ignoble). Les scènes d’action sont particulièrement foutraques, voire totalement illisibles par moments. Mais je crois que le pire c’est qu’à côté de ça, Kiriya Kazuaki nous colle une musique pompeuse et omniprésente pour tenter à chaque instant de renforcer l’aspect épique ou romanesque du film, ce qui devient très vite insupportable.
Côté histoire, ce n’est guère mieux, on sent que le réalisateur a voulu mettre dans son histoire tous les ingrédients possibles du genre : le jeune disciple avide de vengeance, le fidèle serviteur, le frère d’armes qui deviendra ennemi mais en fait non, le vieux maître ninja, le méchant ninja, la princesse bien-aimée… A trop vouloir multiplier les enjeux, la narration est assez décousue et s’essouffle très vite. Le pire c’est que certains personnages qu’on aurait aimé voir plus présents disparaissent très vite (je pense par exemple à Eriko Sato, dont la bouille faisait des merveilles dans “Funuke Show Some Love, You Losers !”, les personnages féminins sont d’ailleurs particulièrement balancés), alors que d’autres comme le serviteur de Goemon ne servent à rien (son implication dans la scène finale est pitoyable).

De plus, la scénario souffre d’invraisemblances empêchant encore plus le spectateur de se sentir impliqué dans l’histoire. Exemple : lorsque son frère d’armes est sur le point d’être exécuté, Goemon tente vainement de traverser la foule pour lui venir en aide. Mais la foule est très nombreuse et il n’arrive pas à avancer assez vite. Le seul hic, c’est que pendant les combats, Goemon en bon ninja est parfaitement capable d’effectuer des sauts dans les nuages et de se déplacer à la vitesse de la lumière. Comment donc nous faire pleurer avec ça ?! Globalement aucune émotion n’arrive à passer, si bien qu’on se demande si les larmes finales de la belle Cha-Cha ne sont pas en images de synthèse également !
Bref, l’univers avait tout pour me plaire, mais au final j’ai été assez déçu par ce film qui malgré sa forme se révèle sans surprises ni étincelles. En fait, il me fait beaucoup penser à Aladdin.
Mots-clefs : cinéma, japon
Je n’ai rien à ajouter
Goemon c’est mauvais.
Jète un oeil à Casshern, ça a beaucoup plus de gueule.
Euh, j’aime bien Aladdin !
Le gorille blond que tu as mis en photo me fait penser qu’en fin de compte, Riki Takeuchi n’est pas la brute la plus ridicule du cinéma japonais contemporain.
@Xavier: si tu veux le voir en action http://www.youtube.com/watch?v=5dQpgFKVR68
@Xavier: En parlant de Riki, j’espère que tu as vu ça.
@Pierre: désolé pour la pub sauvage ^^
Quelle brute épaisse ce Choi! Je vois pourquoi sa carrière ciné lui va à merveille pour l’instant ^^ !
Epikt : Incroyable, Riki a un déhanchement digne d’un Massimo Gargia des grands jours! Unique, cette vidéo, avec un vaisseau à son effigie, quoi…
Finalement, je le préfère chez Miike!
Je voulais quelques renseignements juste avant de regarder le film, je sais maintenant a quoi m’attendre. Je dois avouer que les critiques faites ici sur Goemon semblent etre les memes – En pire – que celles faites en general pour le precedent film de Kazuaki Kiriya, Casshern, que j’ai neanmoins adoré. Enfin on va voir, et thx en tous cas, meme si cet article date maintenant. ^^
Pas les miennes.
Les miennes prennent justement la forme inverse : ce que j’aime dans Casshern, y a pas dans Goemon (voir ici).
(tout ça pour dire que aimer Casshern ne garantit rien)
Casshern était vraiement une bonne grosse claque pour moi.
Goemon est aussi grandiose, fabuleux, …. mis a part quelques petit détails sur lequel le film fait parfois un peu brouillon, le reste est vraiment tres bon!
j aime bcp ta critique et je suis assez daccord avec tout ce que tu as dis , trop de personnages tuent les personnages néanmoins j’ai trouvé le film assez frais et dépaysant ça se regarde et ça s’oublie ,
@Epikt:
(Mes excuses pour cette reponse tardive.)
Effectivement, apres avoir vu le film, j’ai bel et bien eu l’impression de voir un Casshern -, comme on pourrait dire. Si l’histoire et les personnages pouvaient etre faibles dans Casshern par moments (C’est un exemple), ils etaient neanmoins masqués par la beauté des decors, la mise en scene, etc. Dans Goemon, s’ils sont faibles et inutiles… Ils sont faibles et inutiles et c’est tout. Et puis les ninja, les samourais, tout ca, c’est exploité, re-exploité et surexploité meme, et rien d’original pour sauver le tout. Dommage, cela dit ca reste sympa a voir si on a un peu de temps libre. Mais clairement pas le film du genre ni de son année.
C’est étonnant… j’ai adoré… le le trouve féérique et doux malgré les scènes de violence !!!
Je conseil aux critiques de le revisionner… ils ont peut-être loupé quelque chose… sans parler de la scène des Lucioles près de la cascade… qui pour moi est d’un reposant et très forte….
Ce n’est pas un film mais un capture animée d’écran, une cinématique de jeux vidéo.
Scenario affligeant, jeux d’acteur affligeants, images sans intérêt, sentimentalisme débile, romantisme orientalisant des plus navrants, héroïsme pitoyable, intrigue nulle, dialogues ternes emplis de poncifs et clichés tous les deux ampoulés… en gros un cyber-navet de premier choix.
Tout en ayant une position différente de Epikt sur le cas Casshern (en gros, moi j’aime pas), je dois reconnaitre est tout à fait d’accord avec lui quand il souligne que Goemon est tout sauf inédit / couillu / novateur etc…. Casshern l’etait, ce n’etait pas bien fait imho, mais il proposait des choses, il malaxait l’habitude cinematographique. Goemon n’apporte rien : platitude zéro niveau realisation cachée derrière une pancarte “regardez mon beau film réétaloné à la truelle pour faire genre je suis un créatif de génie”. Il ne se passe rien tout du long, les actions sont molles, les enjeux nazes, la mise en scene totalement inexistante. Sans compter que ça brule les yeux à chaque seconde.
Et bizarrement tout du long de Goemon j’ai pensé un film passé un peu inaperçu (meme si édité en France) : Ashura-jo no hitomi. Ca n’a pourtant rien à voir, mais dans le genre proposition de monde, Ashura faisait moins pitié.