Compte-rendu Deauville 2010 – Jour 1 Ecrit par Pierre le 15.03.10

Et voilà, le festival est terminé. Sans en dire trop tout de suite, il s’est avéré bien meilleur que celui de l’année précédente au niveau de la programmation (et visiblement au niveau de l’affluence). Rassurez-vous, on a eu quand même eu droit à notre lot de purges. Plutôt que de tout poster d’un coup, j’opte cette année pour un compte-rendu jour par jour, voici donc le premier.

On commence plutôt mal avec “Tactical Unit – Comrades in Arms” (solution de repli après avoir appris que la projection de “Purple Butterfly” était annulée). Car comme l’an dernier, alors que j’arrivais plein d’entrain et d’espoir, j’ai réussi à m’endormir dès la première séance. Le film débute pourtant de manière assez amusante en jouant sur la rivalité entre deux “unités” policières préférant se taper dessus plutôt que de poursuivre un criminel. S’ensuit une chevauchée dans les bois à la poursuite d’une bande de malfrats, qui permettra à nos ennemis de finalement collaborer… En plus d’être particulièrement téléphoné, le film est mou et sans identité, avec des personnages sans réel charisme. Même les scènes d’action sont ennuyeuses, et les quelques éléments comiques sont plus risibles qu’autre chose. On oublie et on passe à la suite. Verdict : 1.5/5.

Le premier film coréen de cette édition, “Cast Away on the Moon” m’a lui au contraire carrément bluffé. Le point de départ est assez original : après avoir tenté de se suicider en se jetant d’un pont dans le fleuve Han (qui coupe Séoul en deux), un malheureux employé se retrouve coincé et coupé du monde sur une mini île déserte en plein milieu du fleuve. En petit Robinson Crusoé des temps modernes, il profite des déchets de la ville environnante pour survivre.

Le film fait un peu peur au début, puisqu’il démarre en mode comédie un peu lourde, avec surjeu et humour scato au programme. Pourtant assez vite, il se révèle particulièrement prenant, rythmé et fourmillant d’idées, avec en plus de vraies qualités visuelles. Il prend même une autre dimension avec l’introduction d’un second personnage à l’univers particulièrement intéressant (je ne vous en dis pas plus), avec qui va s’instaurer une relation subtile et décalée, jouant beaucoup sur les points de vue. Et si la fin peut paraitre un peu convenue, “Cast Away on the Moon” ne se sépare jamais de son petit grain de folie qui le rend si délicieux. Verdict : 4/5.

Je prends peu de risque avec le film suivant puisqu’au lieu d’un “Lola” ou d’un “Nuits d’ivresse printanière”, je préfère profiter de l’occasion de revoir le sublime “Suzhou River“, qui m’a plu autant que la première fois. Tourné avec trois fois rien, le film mêle une narration originale à une réflexion sur l’amour pour former quelque chose d’envoûtant, de beau tout simplement. Et en plus il y a Zhou Xun. Verdict inchangé : 4.25/5.

C’est donc avec la banane que je m’apprête à découvrir le film au pitch le plus dérangé de l’année, “Symbol”, du japonais Hitoshi Matsumoto. Comme prévu, il s’agit d’un objet hautement improbable, qui nous trimballe entre une famille mexicaine déjantée comprenant entre autres un catcheur et une bonne soeur hystérique, et un pauvre malheureux se réveillant dans une pièce entièrement blanche à la “Cube”. Mais nous ne sommes pas dans “Cube”, et cette pièce est maculée de pénis d’anges sur lesquels il faut appuyer (!) pour faire apparaitre des objets à l’utilité variable, et qui permettront à l’homme de s’en sortir comme d’un donjon de Zelda.

Si le concept amuse beaucoup au départ, il s’essouffle finalement assez vite, ranimé de temps à autre par une idée de génie (tout le passage où l’homme essaye d’ouvrir la porte à l’aide des objets est hilarant, notamment grâce à des inserts de bande dessinée et à une musique enjouée). Il faut l’avouer, on est plus devant un (très long) numéro de clown que devant un véritable film, et le passage au Mexique (malgré quelques qualités) n’est qu’un prétexte pour faire durer le film et maintenir l’intérêt du spectateur jusqu’au moment où les deux histoires s’entrecroisent de manière totalement absurde. La dernière partie du film, carrément psychédélique, conforte dans cette idée. C’est dommage, car il y avait moyen de faire là un court-métrage très percutant. Verdict : 2.25/5.

Deux bons films dès le premier jour, avec deux autres tout de même regardables, voilà qui commençait plutôt bien. La suite bientôt !

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4 commentaires pour “Compte-rendu Deauville 2010 – Jour 1”

  1. Xavier |

    “Car comme l’an dernier, alors que j’arrivais plein d’entrain et d’espoir, j’ai réussi à m’endormir dès la première séance”
    Tu m’as fait décrocher un bon vieux rire des familles! Mouhaha!

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  2. Gilles |

    Je dois être le seul à avoir trouvé Castaway on the Moon moyen (j’ai pas dit nul)

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  3. tellos |

    J’ai trouvé les personnages de Castaway to the moon, vraiment attachant!! Qui va essayé de faire ces propres chapagetti de A-Z??

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  4. Xavier |

    Oui Gilles, là, tu es le seul.

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